Manu à Bogota

Pour ma troisième année d'IEP, je découvre la Colombie...

14 mars 2007

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Coucou tout le monde !

Voilà un résumé de ce long temps de silence, agrémenté de quelques photos...

Ce qui s'appelle balayer devant sa porte...

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Ça y est je commence... C'est complètement impossible de résumer, alors ça va être une suite d'impressions générales. En novembre, j'ai passé un mois tranquille. Avec un week end à Villavicencio avec les colocs, chez la famille à Sammy. C'était bien chouette, j'ai vu une messe de baptême, j'ai vu la plaine à perte de vue à l'est de la chaîne andine. On a vu des animaux bizarres... dans un zoo. Avec pas mal de travail à la fac, c'était la fin du semestre. [...]

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[...] dès fin novembre, j'ai passé presque tout mon temps avec Malu, même si je voulais aussi voir les colocs. Les colocs s'en allaient en décembre, mais il était plus facile de rester avec Malu que de passer du temps avec les colocs. [...] J'ai fini le semestre à l'arrache, eu beaucoup de chance à l'unique partiel difficile, j'ai été content d'être en vacances et je n'ai pas été demander mes notes ni rien à la fac: on verrait en janvier. Très vite avec Malu on a envie de s'échapper. [...] On part un week end à Villa de Leyva  et c'est bien chouette. Dépaysant, tranquille... [...] On passe une journée avec Paul, un Anglais, journaliste à la BBC, qui avait connu la Colombie totalement à l'arrache, parachuté pour faire un article sur la politique colombienne en deux semaines (notons la déontologie journalistique de la BBC, en fait des grandes télés du monde... il nous dira que c'est pour ça qu'il aime la radio, même si elle va disparaître). Et donc il est revenu, comme ça tout seul, pour faire du tourisme. Le plus grand souvenir que je garderai de lui, c'est le comique de sa situation, lorsqu'il tente de traverser un ruisseau boueux, tout mignon mais où les bords font un bon mètre cinquante de haut, avec une paroi glissante. Il a essayé de sortir de la boue cinq bonnes minutes, glissant et s'enfonçant un peu plus à chaque tentative, et nous ne pouvions pas l'aider...


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Avec les colocs nous avions [...] réservé des vacances dans l'Eje cafetero et sur la côte caraïbe. Deux fois 5 jours dans la première quinzaine de décembre. Les premiers 5 jours avec Sammy dans l'Eje cafetero. Tout s'est très bien passé, c'était bien chouette même si j'étais pas complètement dans mon élément dans un hotel de luxe loin de tout village qui te permet pas de faire beaucoup de rencontres ni beaucoup de découvertes, prise en charge intégrale où on nous emmène dans un parc d'attraction sur le café et un autre sur les animaux de la ferme... J'ai ouvert mon esprit et j'ai profité d'être avec mes colocs et Sammy, et même profité un peu des attractions, certaines étaient rigolotes et innocentes. Le jour de Panaca, le parc des animaux de la ferme, j'ai commencé par être de mauvaise humeur évidemment et par fermer ma gueule. Des animaux partout, enfermés dans de très petits espaces, malheureux pour la plupart, et qui ne sont là, qui n'existent que pour divertir le public par leur apparence, par leur simple existence. C'est dans ce contexte qu'on nous a placés dans des gradins pour un spectacle de vaches, où l'on nous a exhibé des vaches du monde entier et même de Normandie. Le présentateur avait cette intonation typique, en tout cas pas française, qui consiste à exagérer tes émotions pour vendre : « Eh bien oui c'est une normande qui nous arrive tout droit d'Europe, admirez cette MA-GNI-FI-QUE robe faite de blancheur et de tâches... » blablabla. À croire que les Colombiens ont besoin de ça pour se convaincre que le spectacle est chouette. Bref c'est dans cet état d'esprit, assez deçu par le genre humain que je me vois désigné par le doigt du présentateur, pour descendre de la tribune et traire une vache. Il s'agit de mettre deux gus à faire une course de traite de vache : chacun une tétine pour remplir un verre de lait. Je te raconte pas comment j'étais heureux de le faire. Les Colombiens aussi ils étaient contents : un Français ici, c'est une grande fierté. Bon les deux heureux gagnants gagnent tous les deux, et j'ai le droit de remonter dans ma tribune. Je commence à me calmer et à relativiser la chose. Et je me marre franchement quand ils mettent 10 personnes derrière une vache pour la retenir : quand ils disent à la vache d'avancer, les dix personnes sont assez déboussolées, elles ne lâchent pas la corde, et donc elles suivent la vache tant bien que mal. On verra aussi des chèvres, des brebis, des lapins, des oiseaux divers et variés, un spectacle d'animaux apprivoisés... la deuxième fois où le parc me fait rire dans la journée (attention je me marrais bien, mais avec mes potes, pas pour le parc), c'est l'après-midi, quand ils font une course de cochons. Il y a une course de porcelets, et si le concept ne me paraît pas d'un très bon goût, je dois dire que c'est super marrant de voir des porcelets courir. C'est fou comme ils ont l'air cons ! Ils commencent à faire interagir les gamins, qui se voient chargés de donner un nom aux cochons. Moi je commence à rêver d'une course mélangeant des gamins et des petits cochons, et rien que de penser au ridicule de la scène j'ai déjà un fou-rire. Je pensais pas qu'ils allaient le faire, mais ils l'ont fait. Du bonheur à l'état pur. Bref, dans l'eje cafetreo on a aussi été à des thermes d'eau chaude dans la montagne, c'était chouette. Et a aussi beaucoup joué au billard puisqu'on était enfermés dans notre hôtel, et j'ai même eu l'occasion de jouer un match de ping-pong avec un mec qui savait vraiment jouer. Je l'ai battu et pour ça il m'a fallu jouer comme j'avais pas joué depuis deux ans et demi en club, alors j'étais content.

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On a aussi été à Santa Marta et Carthagène, dans le nord du pays, deux villes côtières, mais sans Sammy. C'était super joli et plutôt chouette. À Santa Marta les paysages étaient magnifiques, on a fait plusieurs plages très jolies, j'ai osé faire des jeux d'eau dans la mer, comme monter sur une banane géante tirée par un bâteau, malgré ma phobie de l'eau dès que je n'ai pas pied... être loin de tout ouvre l'esprit jusque dans les moindres détails. Je me fais même des tresses ! Mais je les enlèverai vite parce que ça me tire. À Carthagène, on verra le centre, qu'avec Elisa on avait déjà vu fin octobre (j'en ai parlé sur le blog, avec David et Malu), on ira sur une petite île super jolie, propriété privée de notre agence de voyage, et j'y ferai de la plongée avec un tuba. Quelques petites frayeurs évidemment, mais je me suis pas noyé. Les quelques poissons étaient jolis, mais plutôt rares sur ce tapis de coraux morts et donc sans couleurs. Pas de photos de Santa Marta, on a tout perdu en même temps que l'appareil photo de Mariela...

Voilà. Sinon, dans les jours où sont partis Aldo et Mariela, j'ai été un peu plus avec mes colocs, on a fait plusieurs soirées ensemble et c'était chouette. On a fait un repas de Noël avec Sammy (dans une pizzeria genre McDo, une chaîne qui s'appelle 1969, référence à Woodstock probablement, et où les murs sont tapissés de marques...), c'était bien chouette, on s'est offert des cadeaux. J'avais dépensé plus dans les cadeaux, culture nord-mondiste oblige. [...]

Autre chose importante du mois de décembre, ça a été la semaine de « novena », semaine où chaque matin, les soeurs du quartier où je vais aider les gamins proposaient des activités aux gamins, et avec Elisa on était chargés des jeux. Donc ce fût très intéressant et enrichissant, et l'occasion de voir Elisa, dans ce mois où je ne les voyais quasiment pas. Je me sens chaque fois plus à l'aise avec les gamins, et comme c'est pas ma vocation, je suis content.

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Evidemment, il faut aussi que je te raconte mon anniversaire... tu m'en avais demandé des nouvelles. Le samedi soir 16 décembre, [...] on était les 4 colocs dans l'appart, moi je pensais même pas à mon anniversaire. Si je ne voulais rien organiser, c'était aussi parce que je me sentais vraiment loin de ma famille [...]. Donc moi je me serais bien couché, mais les colocs étaient tout fous, ils étaient en train de danser n'importe comment et de se filmer... c'était plutôt rigolo mais j'avais franchement le spleen. Donc j'étais pas super gai quand ils ont voulu me filmer moi aussi.

Le lendemain, j'étais avec Malu depuis je sais pas quelle heure et les colocs m'ont appelé pour m'inviter à manger une crêpe pour mon anniversaire. Tout commençait à être un peu louche, les changements de programme et d'horaire en plus de la prouesse de ma maman qui, quelques jours plus tôt, avait été obligée de te laisser un commentaire pour avoir tes coordonnées « sans que je m'en aperçoive » ;-)... Mais je me posais pas non plus beaucoup de questions. Donc je vais au rendez-vous, et en fait, c'est une surprise : les deux mexicaines me font la surprise de venir avec Sammy et des cadeaux. Elles me disent que Aldo le chilien est alité et malade... un peu louche mais bon. On mange des crêpes, moi je mange beaucoup, l'ambiance est vraiment excellente [...]. On rigole beaucoup, je les fais beaucoup rire, je réclame un truc gratuit pour mon anniversaire, ce qui en fait est une lamentable erreur d'appréciation, Elisa avait déjà demandé et c'était sensé être une surprise. Bon pas grave du tout en fait. J'ouvre mes cadeaux et je suis très content d'eux. Un livre mexicain, et Elisa m'a écrit dedans, en plus du poème qu'elle m'a dédié, et qui est très émouvant. Sammy m'offre un porte-clé de son équipe préférée (en fait elle y voue un culte), et même si j'aime pas le foot je suis très content de toujours l'avoir avec moi. Et puis le tout dans un énorme paquet rempli de Kinder et d'Oreo, choses que je grignote toujours ici. On reste super longtemps, je suppose maintenant que ça a dû les arranger. Mais pas assez de temps, parce qu'en sortant elles savent pas quoi me faire faire, et donc on marche « pour brûler les calories qu'on vient de manger ». Moi je sais bien qu'il s'agit pour elles d'attendre que ma surprise soit prête, ça devient limpide. Mais je me pose pas plus de questions, et continue dans ma très bonne humeur. Je les fais beaucoup rire quand j'imite Mariela gamine, dire : si on marche trop vite, je me fous à poil ! C'était son astuce quand elle était petite pour obtenir ce qu'elle voulait de sa mère. Et là, elle avait voulu qu'on marche lentement à cause de ses talons supposément. Bref, au bout d'une demi-heure de marche, situation tout à fait surréaliste mais très agréable, elles arrêtent un taxi, me disent de pas poser de questions et de monter. Elles me bandent les yeux, et la surprise est grande : Elisa, Mariela et Sammy m'ont amené dans la maison de Malu, où tout le monde nous attendait. Il y a des ballons, des confettis, de la musique et tous mes amis. Au mur, plusieurs panneaux pour me souhaiter un joyeux anniversaire, faits par les colocs. Un drapeau français où c'est écrit en espagnol, un drapeau colombien où c'est écrit en français. [...] Des petits drapeaux sur la table dressée pour la cérémonie. Malu a tout organisé depuis une semaine, quand moi j'étais avec les colocs sur la côte caraïbe. Mes colocs sont là, et aussi mes potes du bar, Alex, Andrea, Alejo, Maritza, et Sammy, et Malu, et des potes à Malu que j'avais connus vite fait, et des potes à Karen la soeur de Malu, que j'avais appris à connaître lors de plusieurs soirées et qui m'avaient beaucoup plu. Et puis le petit frère à Malu, et sa maman.  Moi je suis assez effaré de voir tout ce monde ensemble, et de me rendre compte qu'il y a beaucoup de monde. Je suis encore moins expressif qu'habituellement, mais je crois que les gens comprennent. Je dis bonjour à tout le monde, très content mais plus sous le choc qu'euphorique. La soirée commence par l'ouverture des cadeaux, et j'ai été gâté. Andrea et Alex m'offre une bouteille de leur région, Boyaca, un apéro avec de l'oeuf dedans. [...] Sammy et Aldo m'offrent un dragon, très joli, qu'ils ont fait main (Aldo n'était pas malade, il le finissait). [...] On m'offre aussi une veste que Maritza a fait main. Elle est super chouette, et c'est un putain de beau cadeau que de faire soi-même la veste... Elle l'a fait en voyant que je n'avais qu'une veste, la orange que mon frère m'a prêtée pour un an, et qui fait un peu alter négligé. Enfin entre temps, quelques jours avant, Malu m'avait emmené avec Migue pour aller faire les magasins... Ils ont changé toute ma garde-robe, qui était dans un piètre état. [...] Bref, ensuite arrivent les deux meilleurs cadeaux. [...] Sur un super hamac rouge deux places, un petit carton indiquait que ce cadeau m'était offert par ma famille. Et ensuite, on m'a mis dans les mains un petit livre. La couverture est un gros plan d'une tarte au fraises haute en couleurs, avec la pâte d'amande qui dit : « A bientôt Manuel ». Changement de perception totale, moment de vertige et tout... C'est le gâteau que ma famille avait fait faire pour ma fête surprise, quand tu es venue chez moi. J'ouvre le livre, et je vois toute ma famille, des photos de mes frères et soeurs quand on était gosses, l'écriture de ma mère... La moitié des photos est inscrustée d'une lettre que m'a écrite la personne en photo. Suivent la famille un peu plus éloignée, puis mes potes de Toulouse... Puis mes potes de Colombie et la famille de Malu (que je connais très bien désormais). Je me sens vraiment petit en voyant tout ça. Ridicule en fait. [...] J'ai beau être content comme peu de fois dans ma vie, admiratif devant le travail de Malu (le mail de Julia ou de toi je sais plus, et une semaine de travail pendant que je suis pas là pour faire le livre surtout), c'est pas facile de crier ma gaieté. Donc voilà, les gens arrêtent de me regarder tous après cette séance cadeaux, s'ensuit la fête, mais celle-ci est très vite interrompue par une bande de mecs tous habillés pareil, en habit traditionnel. Ils me souhaitent un joyeux anniversaire, et se mettent à jouer et chanter des musiques traditionnelles colombiennes. Cette musique qu'aucun Colombien que je connais n'écoute (plus à la mode... vive le capitalisme), mais dont Malu sait combien je l'apprécie. C'est beau et rythmé, et tout le monde danse dessus. Tout le monde commence à être impressionné par la générosité de Malu, c'est pas non plus la culture colombienne que d'offrir autant. Ensuite, tout le monde sort parce que Linha, une amie de Malu, nous fait l'honneur d'une démonstration de boules de feu, sur l'accompagnement de la musique traditionnelle que joue le groupe. C'est super joli ! Quand tout le monde veut rentrer, on se rend compte qu'on est une bonne trentaine enfermés dehors : quelqu'un a fermé la porte. Je vais avec Malu chercher un serrurier, tentative un peu désespérée en ce dimanche soir dans les rues de Bogota... [...] On nous appelle deux minutes après : ils ont cassé une vitre pour ne pas gâcher la fête. La fête continue, les gens dansent, moi aussi quand ils m'obligent. Vers une heure et jusqu'à trois heures, la fête se calme et tout le monde s'assoit pour chanter et accompagner la guitare. Elisa me dédie une chanson, puis une deuxième. Andrea aussi [...]. Aldo même se lance au chant, lui qui en général se contente de la guitare. Ils chantent beaucoup. Ensuite des gens s'en vont [...], et restent les amis de Karen, la soeur de Malu, et des amis de Malu. [...] On mange le gâteau, boit du vin rouge et on est très contents. Je m'en vais vers 5 heures, je ne dors pas sur place car le lendemain, avec Elisa on doit être à 9 heures au Bosque Calderon, le quartier où on travaille avec les soeurs. Comme dirait Julia, un anniversaire EXTRA-ORDINAIRE.

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J'ai passé le soir du 24 décembre, avec des gens totalement inconnus, dans la famille de Jojhanna, une amie de Malu. Ce fut étrange mais agréable, l'amie de Malu, son copain et sa mère son très sympas. Je me suis retrouvé à lire un paragraphe de l'évangile lors d'une prière... Malu me racontera qu'ils étaient tous médusés en m'écoutant lire. Un Français, quel truc bizarre ! Le 25 décembre, on ne fait rien en Colombie. Donc on a glandé... on était tout seuls avec Malu (sa soeur Karen est à New York, la maman chez sa mère, la papa sur la côte avec son fils...). Malu voit le 25 décembre comme une journée glande, et donc ça me décoit de rien faire, et surtout de pas cuisiner français : on avait fait les courses pour que je cuisine, et une journée cuisine française avec Malu le 25 décembre, l'idée me plaisait bien.

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Pour le premier de l'an, on a été à Villeta, un village à deux heures de Bogota, avec la famille de Patricia. Avec Malu on est partis plus tard, le 31 dans un bus « pirate ». La soirée de réveillon a été très étrange : la famille de Patricia était loin du village, et Malu, Patricia et moi avons voulu passer le début de soirée dans le village. Vers 22h30 on a commencé à se préocuper, mais impossible de trouver un taxi qui connaît le lieu-dit... Après de nombreuses péripéties, un peu de tension et une ambiance assez spéciale, on est arrivé à 23h55... On s'est présentés à la famille, qu'à moitié accueillante, et on a dit bonne année à tout le monde. [...] Ensuite, on a un peu bu et même dansé [...]. Ensuite on a pu pas mal parler avec Malu, très compréhensive, et on est rentrés vers 4 heures et on a été mangé un truc dans le village, avant de rejoindre notre hôtel.

Le lendemain, on a décidé de rester, on a cherché un hôtel moins cher. On a glandé le premier janvier, on a passé beaucoup de temps dans un piscine en buvant du Bellay's et en faisant les cons, c'était super chouette. Le 2 janvier, on a fait une randonnée sportive (avec semi-rappel et saut dans les cascades et tout...) [...]. On n'a pas pu rentrer à Bogota faute de bus, donc on a cherché un hôtel moins cher. On est parti le lendemain matin.

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Elisabeth, la soeur a Elisa est partie le 9 janvier, une semaine avant Elisa. Vers le 12, est arrivé Javier. C'est un mexicain de la même fac qu'Elisa à Guadalajara (Mexique), à qui j'ai proposé de vivre avec moi quelques jours gratuitement pour pouvoir trouver un appart. J'étais alors moi-même à la recherche d'un appart, puisque mon contrat se terminait le 15... Je voulais changer d'appart pour vivre seul. Alejo et Maritza m'avaient proposé une coloc avec eux et j'avais même dit oui, en décembre je crois, mais j'avais changé d'avis pour pouvoir mieux étudier, mieux profiter de mon temps, être plus tranquille pour penser, plutôt que de vivre ces embrouilles que j'avais vécues avec les autres colocs. [...]

J'étais donc avec Elisa dans mon appart pour accueillir Javier, qui devait arriver de l'aéroport. Puis une demi-heure avant l'arrivée du vol on s'est dit qu'on allait le chercher à l'aéroport, c'est quand même plus sympa pour quelqu'un qui débarque en Colombie... On ne le verra pas. On attend longtemps, et on rentre bredouille. Le gardien de l'immeuble nous explique qu'il est bien venu et qu'il a laissé sa valise sur le palier... En fait une autre Colombienne l'avait accueilli. On se retrouve tous et on va manger un truc. La Colombienne, Marcela, est très gentille et très chouette, même si dans un genre totalement bourge de droite. Javier est encore plus sympa et super marrant, ce fût une chouette soirée.


Le lendemain avec Elisa on emmène Javier à la Barra mejicana, et Malu est de la partie, une grande première. [...] les proprios nous ont proposé de rester un mois tous les deux dans l'appart, en payant le même prix chacun, que quand on était 4. Donc on fait ça... En plus ils vont faire des grands travaux pour que les deux chambres et bureau sans porte deviennent trois chambres indépendantes... Une semaine plus tard ils nous amènent une Allemande, Hélena, et voilà. Nous vivons trois en coloc dans l'appart où je vis depuis août, et ça se passe très bien [...].


[...]


Dans cette période, j'ai beaucoup été à l'aéroport pour des départs. Togtoh tu sais déjà. Et puis Mariela, Aldo, Elisabeth, Karmen la maman de Malu, Elisa... et puis Cat' !!! Catalina, c'est une super copine à Malu, mais elles ne s'étaient pas vues depuis 6 ans, car Cat' vit au Canada. Elle est venue quelques semaines en Colombie pour un stage, n'a pas sa famille ici, mais est restée très très proche de Malu, bien qu'elles ne se soient pas appelées une seule fois en 6 ans. Elle est super rigolote, j'ai appris à la connaître et j'en garde un super souvenir. On a passé pas mal de temps ensemble, dans cette longue période où Malu et moi vivions seuls dans sa maison, elle dormait de temps en temps chez nous. J'ai aussi appris à connaître les autres amis de toujours de Malu. Je connais surtout Migue, qui habite à deux pas et qui est très chouette aussi. Et puis Patricia, Jojhanna, Mauricio. Linha, celle des boules de feu à mon anniversaire, pour l'instant pas beaucoup.


J'ai repris les cours depuis le 22 janvier. J'avais mis 5 matières pour essayer de pas trop énerver sciences-po, puisque je suis presque sûr de n'avoir validé que 3 de mes 4 matières au premier semestre (ils cherchent toujours mes notes). J'avais mis Idéologies et philosophie politique, Amérique Latine contemporaine, Introduction à la psychologie, Etudes africaines, et Politique extérieure des Etats-Unis. Les cours se passent bien, mais depuis dimanche 11 où j'ai commencé cette lettre, et jusqu'à vendredi dernier 16, j'ai eu la grippe, je n'ai pas été en cours et j'ai accumulé beaucoup de retard. Enfin le retard est aussi dû à un autre facteur : Recojo. J'ai choisi de m'y investir, et donc de laisser tomber une matière : Amérique Latine contemporaine.


Tu sais sans doute que mon frère devait faire un stage avec la maman de Malu, qui a l'idée de monter son entreprise d'exportation de produits colombiens. Cela aurait convenu parfaitement, Nicolas aurait pu trouver des clients français de produits artisanaux, ou un truc dans le genre. Mais en janvier dernier, quand on s'y est vraiment mis, on s'est rendus compte que l'entreprise serait sans doute pas légalisée à temps, ce qui rend le stage impossible. Donc pendant une semaine j'étais assez énervé, je croyais devoir dire à Nico que c'était foutu...

Mais un jour, Malu m'a fait une surprise ; elle n'avait pas passé toute sa journée dans son agence de pub (où elle commençait son stage), elle avait mangé avec un pote à elle, qui lui a raconté qu'il est en train de monter Recojo. Red Colombiana de Jovenes (réseau des jeunes colombiens). Le but, c'est de permettre un rassemblement de toutes les initiatives de jeunes, afin d'offrir des externalités positives, à un niveau logistique, matériel, humain, relationnel, communicationnel et tout ce que tu veux. Et il y a tout à faire, mais le mec, Daniel, est un brillantissime qui un un grand potentiel. Lui et sa petite équipe savent qu'avec du temps et du travail, ils peuvent rassembler des milliers de jeunes, des dizaines de projets sociaux, et pas mal d'argent pour aider tout ça. Nico peut faire son stage ici, avec une copine à lui, pas de problème. Ils chercheront de l'aide et de la coopération internationale. On est invités, Malu et moi, à un week end en dehors de Bogota, un week end de réunion avec tout les membres, toute l'équipe. C'est une grande bande de potes en fait. Mais avec des potes qui se sont connus pour cette occasion. Ils sont impressionnants, certains de ces jeunes ont leur fondation et aident des centaines de gamins dans le sud de Bogota. Ils ont des projets d'entreprise sociale, parlent de salles informatique. Il y a en a pas mal qui sont des enfants de riches, et qui financent leur projet avec l'argent de papa...

Le dimanche suivant, on cause avec Malu. Le lendemain, elle devrait commencer son stage pour de vrai : les premières semaines, on lui avait laissé le temps de finir son mémoire... mais elle veut arrêter. Elle sait déjà qu'une agence de pub c'est pas son truc. Elle a une offre dans ProExport, l'agence étatique vendant l'image colombienne. Et elle pense à Recojo. Finalement, je lui tiendrai un discours où je lui dit qu'il faudra pas qu'elle se victimise, si elle fait de la pub pour moi elle est totalement dans ce système pourri. Bon elle savait déjà ce que je pensait, mais elle a l'air à chaque fois plus convaincue. Elle décide de faire son stage dans Recojo. C'est donc officiellement la personne qui a le plus de temps pour construire Recojo.

Moi je décide de m'y mettre aussi. Je pensais d'abord à un stage à mi-temps, mais avec toute la paperasserie et l'administration Science-po, je crois que je vais même pas essayer, je vais faire bénévole et point barre. Avec Malu on a vu beaucoup de réunions, presque toutes en fait. On se rend compte un peu plus à chaque fois que pour la plupart c'est un grand jeu. Que les questions sur la forme de leur organisation sont l'objet de débats plus longs que le fond. J'aurais énormément de trucs à dire sur le fond. Ils ne veulent pas aider financièrement les projets. Pour l'instant.


Voilà. Aujourd'hui, je suis mes cours, et je suis très investi dans Recojo, ce qui n'est pas être investi sur le terrain, loin de là. Mais si je peux influencer un peu cette équipe, fort talentueuse et ayant le potentiel de faire LE réseau des jeunes colombiens, mais n'ayant pas beaucoup pensé sur le fond, et bien je serai bien content. Et puis c'est une occasion trop énorme d'apprendre. Je suis dans l'aire commerciale pour me tenir au courant pour quand mon frère viendra, mais je me suis mis aussi avec Malu dans l'aire communication. La plus intéressante, transversale, et la seule où les gens veulent réfléchir au fond semble-t-il. Ils vont faire de l'investigation. Malu dirige cette aire, donc ça va dépoter. Il y a une autre fille, Lorena, qui à mon sens est la seule qui ne joue pas. Elle supporte de ne pas être beaucoup appréciée parmi ce qui n'est somme toute qu'une bande de potes, pour pouvoir les influencer un minimum. Car elle aussi se rend compte qu'on ne peut pas débattre plus longtemps de si on fait des mails personnels ou respectant la fonction du poste, que des objectifs généraux de Recojo. Jeudi elle nous emmènera dans le sud de Bogota, voir le projet de deux lesbiennes, une espagnole et une colombienne, qui se sont imposées dans un quartier difficile, et ont imposé un système de troc qui fait maintenant vivre 900 familles. Du genre : tu veux à bouffer ? Pas de problème. Tu m'amènes ton gosse 3 semaines sans traces de coups, et je te donne de la bouffe. Elles ont tout fait sans une tune, savent ce qu'elles font, théorisent leur action, donne des cours dans une université. C'est dans ce cadre qu'on va s'incruster jeudi.


[...]

Voilà !

Je rajoute une photo de Bogota de nuit, vue du Monserrate, une Eglise très touristique tout là haut sur la montagne, qui borde Bogota, je vous le rappelle.

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Posté par manuchiron à 16:24 - .Bon allez j'vous raconte... - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 novembre 2006

Cartagena

Après 5 heures de sommeil dans le bus, on arrive à Cartagena ! Du terminal à l'hôtel, le taxi a le temps de nous faire voir la ville non touristique, la ville pauvre. C'est la même différence qu'entre le quartier où on vit à Bogota et le quartier pauvre ou on va. On arrive à l'hôtel, un pas cher (4 euros la nuit) avec air conditionné mais qu'à partir de 20h... On se douche et direction le centre historique pour la soirée. On se ballade, c'est très joli...

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Une grande indienne !

on voit un bar qui surplombe la mer, alors je me la pète, je dis « Allez, je paye ma tournée ! » Alors ils sont contents, on s'asseoit, on regarde les prix, et on tombe d'accord: ce serait ridicule que je dépense 40 euros (c'est super cher ici !) pour engraisser un riche. On finira sur une place toute mignonne, on rigolera pas mal, Malu est du genre capricieuse avec le barman mais elle le fait de façon rigolotte, alors on aura une photo avec lui et sa copine.

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Entre temps, un marginal bien habillé, s'était approché avec sa guitare et nous a proposé une pitite chansonnette. Les autres lui disent « bah écoute si tu pays ta chanson »... Il nous chante quelques chansons, cause un peu avec nous il est timide et original, très rêveur en fait, mais bien gentil. À la fin il s'en va pas il attend de l'argent... Et les autres lui sortent « non mais attends on t'avait dit si tu payes ta chanson ! » Ce choc des cultures m'a fait mal au coeur. On finira la soirée avec une bouteille d'aguardiente sur les murailles à regarder la mer (enfin il fait noir on voit que l'écume...) On se couche tard, et on se lève tard. On va à la plage, c'est chouette. Ils veulent pas que je me baigne en caleçon, alors j'achète un short, et un T-shirt blanc (en faisant ma valise, j'avais compté sur quelques T-shirts que Togtoh a laissé, mais il les avait plié sans les laver et ça aurait pas été de trop...) avec Carthagène écrit dessus ! J'achète aussi des claquettes et des lunettes de soleil, et ça y est je suis paré. C'est facile d'acheter tout ça, y a une fille qui s'approche de nous et nous propose ses services pour l'après-midi. Un piti abri pour protéger du soleil, des chaises, elle va m'acheter ce qu'on lui demande... La mer ressemble à la notre, elle est pas bleue caraïbe à cet endroit, mais qu'est-ce au'elle est bonne ! Tu peux sauter dedans d'un seul coup, t'as pas froid ! Magique. On a glandé tout l'aprèm', et à la fin on a commandé un plateau repas (avec du bon poisson) à la madame, elle nous l'a amené sur la plage... bon c'était qu'à moitié simple à 4 sous la tente, il s'était mis à pleuvoir... A la plage, l'autre fait marquant c'est qu'il y a énormément de commerçants qui marche avec leurs bracelets par exemple. Comme j'en avais acheté à Cienaga de Oro le petit village (de peut-être 10000 habitants, mais ça suffit pas pour qu'il y ait beaucoup de servies publics à part la police, alors c'est un village), je dis non direct, mais y en a quelques-uns qui te suivent... Qui t'aident... Qui te tappent la discute... Qui t'offre un collier mais pas plein, seulement avec trois perles... Du coup avec ce mec-là je me relaxe un peu quand même. Et je lui achètent des bracelets. On a aussi laisser un mec surveiller nos affaires, mais un de ceux qui bossent ici pour de vrai, l'a pris en flag' la main dans un sac à main... Ouf on a eu chaud ! À il y a même des commerçants qui te vendent une soirée en Shiva (prononcer tchiba) !

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Je sais pas si c'est colombien ou continental; la shiva c'est un bus tout rouge qui se remplit le soir pour faire un tour de la ville (ou d'un quartier, y en a aussi à Bogota), et tout le monde s'asseoit sur des rangées de toute la largeur du bus (si vous suivez, vous êtes sensés vous demander comment on monte, mais peut-être que je m'explique mal... en fait y a pas de mur, seulement des barres pour que le toit tienne, et donc, il y a autant de « portes » que de rangées !). Et il y a des musiciens qui mettent l'ambiance, et c'est super chouette, ils te jouent de la musique traditionnelle colombienne et ça décoiffe. Sur lo dossier de la rangée de devant toi, il y a des emplacements pour poser ta bouteille d'aguardiente, qui est comprise dans le prix de la soirée. Donc on a passé une bonne soirée, on a fait un petit tour de la ville, ils nous arrêtés à une fête sur la muraille, où on s'est fait prendre en photo avec un paresseux (je regrette, mon état d'ébriété à anihilé mon léger côté militant... le paresseux est en voie d'extinction, et le mec s'il avait demandé pour choper son paresseux je crois pas qu'on lui aurait dit oui... donc voilà sur le coup ça m'a enchanté), on est remonté dans la shiva où il y avait bien l'ambiance, ils nous faisait nous lever pour bouger notre c... (pour les garçons, les filles devaient juste danser), et ils nous ont déposés devant une boîte de nuit dont le prix était aussi compris dans la soirée. On n'y restera pas, on finira la soirée sur la plage. Moi j'aime bien regarder les vagues. On s'endort un pau abasourdis par la saveur de l'aguardiente, et quand on se réveille on file au lit !

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Le lendemain je me rend compte qu'on m'a volé mon portable (20 euros quand même...) ! Les petits cons ! En vrai, moi je dis ils ont bien raison. Quoiqu'ils feraient mieux de faire la révolution ;-)

Le dimanche, on se lève encore tard, c'est pas très pratique pour profiter d'un voyage selon certains, moi ça me dérange pas trop mais c'est vrai qu'on est à Carthagène que pour 2 jours... On aura pas le temps defaire grand chose, on petit-déjeune typique, un peu plus tard on mange une super salade de fruit avec de la glace, quand j'ai vraiment chaud j'aime bien. Et puis c'est avec des fruits bizarres alors... on retourne à la plage, et ensuite on va se doucher et on met tellemnt de temps qu'on pourra pas aller visiter le centre encore une fois, on ira juste sur la plage manger un truc trop bon: un bol de crevettes dans une bonne sauce sucrée, le tout bien froid ! C'était délicieux ! On s'attarde alors on rate le bus, c'est pas malin malin, mais on en prend un autre qui nous amène à Barranquilla, où on récupère le bus initial pour Bogota. Piti coup de flip David pouvait absolument pas rater son cours le lundi...

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Je profite de cet article pour vous mettre une photo d'une autre bonne soirée, le lendemain du retour, mardi, c'était les 20 de Sammy, alors on a fêté ça chez elle. J'étais bien content de mon cadeau, je m'étais galéré à trouver des bouquins en français (2 que j'adore, L'étranger et Le lion, de Kessel, et un fantastique parce que je croyais qu'elle aimait ça...), mais elle va quand même bien se galérer à les lire je pense. Et puis un bracelet de Carthagène (c'est une destination touristique aussi et même surtout pour les Colombiens...). On a causé, un mec a mis la tête de Sammy dans la gâteau et je pouvais même pas me marrer ouvertement devant elle, Aldo nous a révélé qu'il savait super bien jouer du piano, et y a au moins un de mes lecteurs qui sait comment ça me plaît, et puis on a remangé de la lechona ! Et ils nous en ont même donné en partant (et de la bière parce que chez eux elle se boit pas... j'ai fait le mec qui acceptait poliment de débarasser...)

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Et puis tant qu'on y est, vendredi dernier aussi : on a été invité par notre prof de politique (un mec super impressionnant mais je l'ai déjà dit) dans un bar où il jouait avec son groupe... malheureusement, ce n'était pas du très bon, enfin pas désagréable non plus. Le meilleur de la soirée ça à été après, tous les 4 (Mariela était couchée, mais Jimena la péruvienne) on est resté à l'appart jusqu'à 6h du mat' à causer, boire, rigoler, rigoler, fumer, et c'était vraiment chouette. Des fous rires, des grands moments de complicité. Les vidéos sont tristes à voir, parce que bizarrement les blagues sont moins drôles le lendemain. Mais je parie qu'en les regardant une fin de soirée...

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08 novembre 2006

Dans un village du nord de la Colombie

Bonjour tout le monde !

Mardi 24 octobre, je suis parti en voyage dans le nord de

la Colombie. C'était

chouette !

On partait du mardi soir au dimanche ou au lundi. Ça ne me faisait rater que le jeudi (j'ai cours les lundi, mardi et jeudi...), mais en fait toute la semaine, parce qu'il a fallu que je travaille beaucoup et donc je n'ai pas pu aller en cours lundi et mardi. C'est que c'est un travail de groupe, je ne peux donc pas manquer à mes obligations, surtout que je suis avec ma coloc mexicaine Mariela, qui est du genre serieuse, et qui serait prête à me virer du groupe (ce qui serait bien normal) si je fous rien. Donc j'ai bien bossé jusqu'au mardi après-midi, même avec Sammy qui est assez douée pour m'empêcher de travailler. Tellement bien travaillé que j'ai été jusqu'à penser que j'avais le temps pour préparer ma valise. Bon je ne savais pas à quelle heure on partait, mais je me disais que j'avais le temps. Et comme ça fait une semaine qu'à l'Arcangel ils attendaient les bouteilles consignées d'une quinzaine de bières, j'y suis allé, faut pas trop abuser non plus, surtout qu'ils me les avaient vendues au prix où ils les avaient achetés (soit 4 euros les quinze bières...). Dans le bar évidemment j'ai 5 minutes pour une bière, je suis un mec qui boit vite les bières. Mais je m'attarde, Diego apprend le français pour pouvoir venir étudier en France (je l'ai même convaincu de venir à Toulouse plutôt qu'ailleurs !), il me demande de trouver des infos sur les facs françaises et les démarches et tout. Et il me demande aussi si je pourrais lui envoyer des chaussures de rugby par Feddex, ça se vend pas en Colombie. Bref je discute, et tout se passe bien, quand tout à coup, un mec m'accoste avec un téléphone et me dit que c'est pour moi. Je comprend pas trop comment c'est possible... C'est le téléphone de Maritza qui habite à côté, et Elisa m'appelle pour me dire qu'on devrait partir de l'appart dans 30 secondes.

À ce moment précis, je me rends compte que je pars en voyage, et que je suis très très en retard pour faire ma valise. Alors je dis au revoir très, mais alors très vite, et je cours. Je jette même ma clope que je venais d'allumer. C'est ce qu'on appelle un coup de speed. Et j'aime pas ça. J'imagines comment Elisa, Malu et David pourraient être énervés si je leur faisais rater le bus... Et comme c'est bien parti pour...

On part en voyage à cinq : Malu, vous savez déjà, c'est une super copine à nous, elle est en photo avec David sur ce blog, que je connais moins, et avec qui on part aussi; Elisa, une de mes colocs mexicaines, et Carmen-Lucia, la maman de Malu. Et là vous vous dites, mais pourquoi donc ils partent avec la maman de Malu ?

Parce que :

la Maman

de Malu est en phase de préparatifs et de recherche intensive pour monter son entreprise, dont l'idée qu'elle a pour l'instant serait de vendre, en Colombie mais surtout à l'étranger, de l'artisanat colombien. Et elle avait dit l'autre jour que j'étais chez Malu, qu'il y a une foire à l'artisanat tout près du village où habite toute leur famille, dans le nord de

la Colombie

, à théoriquement 18 heures de bus. Une bonne occasion de découvrir des produits au plus près de leur lieu de production. C'est donc comme ça que nous fumes invités à aider la maman de Malu dans sa chasse aux bons produits qui se vendraient à l'étranger, en France et au Mexique... et à faire du tourisme, évidemment.

Donc, si je cours et si je fais ma valise assez vite, on part pour un village colombien qui s'annonce typique, très très chaud comme partout en Colombie dès que c'est pas dans la montagne, et on sera accueillis dans la ferme de la grand-mère, dont j'ai vu des photos avec des vaches toutes bizarres que même mon papa il connaîtrait pas la race. Alors je courre bien. Et je fais ma valise très très vite. Vraiment très vite. Mais je n'oublierai que ma serviette de toilette (de peu d'utilité là-bas, suffit d'attendre 30 secondes)... Oui, moi aussi ça m'a impressionné.

Mais bon, il m'apparaît dans le taxi que le mal est fait... on a 20 minutes de retard pour aller chez Malu, et Elisa est énervée... De ces moments où l'on a envie de disparaître, d'être dans un hamac avec une boisson bien fraiche par exemple, mais surtout pas d'assumer sa connerie. Quand on arrive chez Malu, sa maman est prête, mais pas elle, on l'attends comme 5 minutes, la maman elle aussi énervée, moi j'avoue que je me sens un peu mieux, si on rate le bus c'est pas ma faute... observez la grandeur d'âme du manu dans ces moments forts.

Fort heureusement, et d'après les mots de la maman de Malu, le taxi a « volé », et on ne rate pas le bus ! Alors tout le monde est bien content. Mais bon, il est pas encore temps que je fasse des blagues sur mon retard et sur ma précipitation avec Elisa. Elle a les yeux revolver... etc etc. Cher lecteur, vous venez de lire une page pour pas grand chose. L'auteur va s'efforcer d'écourter ces passages de peu d'importance.

Alors voilà, on est parti pour 18 heures de bus ! Laissez-moi vous raconter ces fabuleuses heures de voyage : j'ai dormi, l'humeur un peu sonnée par ma connerie et ses conséquences. Jusqu'au lendemain matin, pas de paysages. Au petit-déjeuner, on s'est fait voler des sous, parce que fallait pas laisser la note sur la table mais payer en caisse, et donc on n'aurait supposément rien laissé du tout. Mais bien sûr. Après je redors. On ne s'arrêtera pas pour déjeuner : Ils laissent monter dans le bus quelques vendeurs, on achète des arepas rellenas de huevo (dans cette région, comme un disque de pâte de je sais pas quoi frit, dans lequel il y a un oeuf. Les arepas, je crois, sont typiquement colombiennes, et chaque région a son style) et des empanadas (ça y ressemble beaucoup, mais ça existe dans tout le continent). C'est pas mauvais. Les paysages changent, ça fait bizarre, je n'avait pas d'autre image de

la Colombie

que les montagnes, et là c'est du plat ou du valloné. Mais le plus bizarre, c'est qu'il fait un bon 35 degrés, que c'est comme ça toute l'année, et que c'est tout verdoyant ! Evidemment que c'est possible, puisqu'il pleut beaucoup, que c'est très humide, mais quand même moi ça m'a fait drôle. D'autant plus que le payasage ressemble beaucoup à un paysage français au printemps... les champs sont verdoyants, les arbres ressemblent à ceux qu'on a.

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A un gros détail près : au milieu d'arbres tout à fait ordinaires, on voit quelques cocotiers, quelques palmiers... ça a l'air de rien comme ça mais j'vous jure que ça fait bizarre ! Bon j'avais dit que je m'étalais pas.

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Ah si aussi, les maisons aves un toit de je sais pas quoi, mais traditionnel, comme des huttes. Ça aussi c'est typique. Sur tout le trajet, ce sont environ la moitié des constructions.

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Celle-là parce que je l'aime bien, je la trouve typique de la chaîne andine en général (je sais bien c'est des préjugés j'ai quasiment rien vu...) C'était un peu plus près de Bogotá, quand il y avait encore des montagnes.

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Ce n'est pas une surprise, les postes de contrôle sont relativement nombreux, même si l'Etat n'est pas riche.

Finalement, on aura mis 21 heures pour arriver à Cienaga de oro. À côté de nous quand on descend du bus, y a comme une de ces vieilles voitures qui roulent plus beaucoup mais qui servent aux paysans pour transporter de tout et de rien, éventuellement un veau ou plein de camboui. On m'explique que c'est notre taxi. Ah bon, ils sont pas jaunes comme à Bogota ? 5 minutes après, on s'arrête dans le coin d'une rue, c'est là qu'on va habiter, et non pas dans la ferme, ou même la grand-mère ne va que quelques heures par jour. On nous accueille très chaleureusement, je fais la connaissance de la grand-mère, d'une cousine de Malu qui a l'air d'avoir 30 ans, mais dont j'apprendrai que c'est en fait une tante qui en a 47, et d'autres quelques personnes. On va dans un cyber parce que Malu a besoin, et c'est assez folklorique. 4 ordis dans une vieille pièce avec un énorme ventilateur au plafond. Internet marche pas sur le mien. J'appelle, je vais pas me permettre de toucher sa configuration, et puis je suis fatigué, alors je laisse faire le pauvre monsieur et sa machine. Il trouve pas le problème alors il entame une restauration système, et comme ça tarde, il débranche le PC pendant la restauration... Pas le temps de réagir, il l'a fait. Mais bon le PC marche toujours, il s'en va quelques secondes alors je clique sur connecter pour voir, et ça marche. Comme quoi le monsieur n'avait pas commencé par le début. Bref avec Elisa comme on n'a pas fait autant de bus spécialement pour pouvoir profiter des joies du bas-débit, on s'en va nous doucher, et après ça, on est sacrément content ! C'est qu'il fait très chaud et que c'est une chaleur humide... La tante à Malu est gentille comme tout, y a aussi une jeune qui doit être embauchée par la grand-mère. On met nos chaises dans la rue et on s'assoit. Ils disent que c'est la rue principale... beaucoup de motocyclettes, mais très peu de voitures. Et beaucoup de gens assis devant leur maison à profiter du « frais » ! Moi je trouve ça chouette. Y en a pas un qu'a l'air stressé. Ce soir je parle pas beaucoup, faut que je me fasse un peu à cet accent de

la Colombie

profonde. Je réponds aux questions quand je les comprends... Je suis un peu l'attraction. Elisa aussi, mais elle est pas blonde. On mange, c'est super bon, du poulet de la ferme avec du riz, des patacones (de ces grosses bananes qui ne se vendent pas en France, coupées en morceaux, chaque morceau applati puis fris dans l'huile, c'est croustillant et c'est bon). Ils nous gavent je suis content ! Comme Malu et David sont toujours sur Internet, la jeune, dont j'ai compris le nom depuis qu'elle l'a épelé (Virgelia) nous emmène nous ballader dans le village. On nous avait prévenu, c'est du 100% sûr, y a pas de FARC, et pas de délinquants non plus. C'est super joli, tout calme. On voit l'Eglise, un parc... On traverse une rivière (sur un pont évidemment !), de loin on voit comme une batisse qui pourrait être une chapelle, qvec quelques personnes assise dedans, un portrait de je ne sais qui et des bougies. Virgelia commence à nous en parler, et Elisa veut voir. Si bien qu'on se retrouve dedans, et que c'est pas une chapelle sinon la maison d'une vieille dame adorable, très accueillante et un peu gâteuse et très bavarde. Et donc, comme elle ne nous connaît pas, il faut qu'on se présente (oui c'est un évenement notre présence dans ce village...), et elle, nous présente un truc formidable, qui avait à voir avec le pélerinage d'une certaine mexicaine qui avait marché 4 ans pour arriver là, il y a une quinzaine d'année, et que depuis cette brave dame organise tous les ans je ne sais quelle commémoration. Elle nous sort tous les acoutrement qui lui viennent du Mexique, elle est pas peu fière de nous les montrer. En sortant on est un peu abasourdis par le surréalisme de la situation. On est entrés sans frapper chez une inconnue, et elle aurait bien aimé qu'on reste plus ! Après avec Malu et David on va boire un coup, mais comme y a rien de typique, je vous épargne les détails. Et on se couche. Moi dans un lit orthopédique, c'est tout dur mais en fait j'y dors bien. On dort avec le bruit d'un énorme ventilateur, mais c'est le seul moyen de dormir.

Le lendemain jeudi, on se lève tôt, on va à la foire à l'artisanat dont j'ai parlé. Petit-déjeuné très copieux, j'ai aucune idée de depuis quand ça ne m'était pas arrivé, mais des mois et des mois ! C'est devenu normal pour moi de petit-déjeuner des oeufs, mais là c'était carrément un repas avec du poulet, du riz... Il me font boire un truc bizarre, je comprendrai plus tard qu'il y a du riz, du lait et d'autres trucs. On va à la foire dans la ville d'à côté en bus. Un piti bus où tu payes en sortant, pas comme à Bogota où les bus ont de ces barrières qui n'en laissent passer qu'un à la fois. La foire n'a rien à voir avec ce que j'imaginais, c'est pas en plein air, c'est pas typique : c'est dans un parc expo climatisé, avec des stands bien ordonnés. La clim' me plaît énormément, et la foire me plaît aussi. Je dis à Malu de prendre tel et tel produit en photo parce que je pense qu'il peut se vendre en France et ça m'amuse. Beaucoup de produits se voient déjà en France, y a du très typique, du typique et du moins typique.

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Quelques produits, et Malu qui fait l'intéressante, avec au fond sa maman Carmen-Lucía, la probable future maîtresse de stage de Nicolas mon frère !

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On s'est arrêtés pour avoir une caricature (plutôt lamentable la caricature il faut le dire), et alors encore plus qu'à Bogotá, Elisa et moi on a été l'attraction. Cette photo paraît banale, et pourtant une petite foule se forme pour voir ca... Malu explique qu'Elisa chante super bien, alors ils veulent tous qu'elle chante et donc elle chante... après ils veulent que je chante aussi, mais comme j'ai réussi à bien les décevoir, ca va je ne chante pas trop.

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On s'amuse comme des petits fous ! Dans l'ordre, Malu, Elisa et David

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Je me suis demandé quelques secondes ce que l'armée foutait là mais en fait c'est facile : ils recrutent.

Je n'achète rien pour l'instant, on a au moins deux jours... mais en fait, le midi on laisse la maman à cette foire et on s'en va manger dans la ville. Rien de typique, et on a pas fait grand chose. On a discuté pour savoir si on allait à Carthagène, mais à la fin on savait toujours pas.

Le soir on en parle beaucoup avec la maman a Malu, et c'est pas simple, on est pas venu ici pour repartir à Carthagène au bout d'un jour... et si on va à Carthagène, on n'a pas le temps de voir la ferme de la grand-mère, on n'a pas le temps d'aller à trois heures d'ici voir le village où les artisans font leurs produits, et on rate le concert de cornemuse qu'il y a dans le village le vendredi (bon cette dernière chose je suis le seul à m'en préoccuper...). Tout ça me plairait bien, mais bon Carthagène aussi évidemment... Finalement, on partira à Carthagène le lendemain à 11h. Après cette discussion ça tourne autour de l'entreprise de la maman de Malu, Malu parle beaucoup, c'est bien intéressant, ils voudraient développer tout l'aspect culturel, pour que les gens sachent ce qu'ils achètent, ils voudraient éventuellement que ce soit une coopérative et que les artisans soient bien payés... Mais je me fatigue Malu parle vite, alors je vais m'asseoir dans la rue avec la tante et la jeune et d'autres.

Le lendemain, on se lève moins tôt que prévu, je décide de sauter le petit-déj' pour pouvoir enfin prendre des photos du village avant de partir. Virgelia m'accompagne, on a comme 20 minutes mais elle elle me dit que non, il est trop tard pour le bus de 11h, on prendra celui de midi... moi j'en sais rien mais je veux surtout pas faire rater le bus à tout le monde, j'ai déjà imaginé l'effet que ça peut faire l'autre soir en courant. Alors je la presse, elle est gentille elle s'essouffle un peu en me suivant, mais elle me fait voir le village, et me fait monter tout le haut sur la statue de la vierge qui surplombe le village, c'est super joli.

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Une chapelle

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L'Eglise

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Un super marché

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Je crois que Virgelia ne comprend pas l'intérêt de cette photo...

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On va voir la vierge ? (petite précision : contrairement aux montagnes de Bogotá, les collines du nord de la Colombie ne font pas partie de la Cordillère des Andes. Voilà vous savez ca de plus maintenant.)

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Cienaga de Oro vue d'en haut

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Dans ce village, les passant sont d'une couleur tout à fait foncée, dans les tons marrons, contrairement à leurs homologues européens beaucoup plus pâles.

On arrive à 11h pile à la maison, et elle avait raison, on part pas à 11h, mais à 13h avec le prochain bus. Donc je petit-déjeune, et je repars avec Virgelia faire quelques emplettes. Je crois qu'on en a pour 2 minutes, mais en fait on va jusqu'au quartier commerçant, et là encore c'est bien typique. Y a plein de monde, c'est très animé... par-ci par-là (ouf... Jérémie comment ça s'écrit ?) Virgelia et une autre qui nous suit en vélo veut nous présenter, alors on s'arrête deux minutes... Et on va au marché, et alors là c'est trop bien, je vois des fruits et des légumes que je connais pas, encore plus qu'à Bogota, ils vendent les graines de cacao... on continue un peu et encore mieux, il y a un magasin (pour faire simple, parce que c'est un sacré bordel tout ça, avec tous les produits tu sais pas où c'est l'intérieur où c'est l'extérieur ni où sont les murs, capharnaum (Jérémie ?) me semble approprié), bref il y a un magasins avec des produits artisanaux, trop bien ! Trop bien parce qu'ici c'est pas des produits artisanaux destinés aux touristes, vu qu'il n'y a jamais de touristes, c'est des produits dont ce servent les habitants ! Donc comme ma maman m'avait demandé d'acheter quelque chose, c'était l'endroit idéal, j'étais content (et non je dirai pas ce que j'ai acheté c'est un surprise papa maman vous saurez l'année prochaine !). On a continué un peu, Virgelia m'a montré où ils vendent le poisson, et alors moi ça me fait marrer quand ils me chambrent en me disant que les Français ils sont sales ils se lavent pas la preuve ils ont inventé le parfum... en sortant de ce bâtiment où ils vendent le poisson, un mec me propose en rigolant, mais pour de vrai en même temps, de la cocaïne (bon c'était de la blague, mais quand même le mec il voit un blanc il pense narco...) et je prends en photos la rivière avec les cochons qui boivent dedans. On repasse dans ce bazar avec plein de gens et plein de choses, et y en a qui crie « eh dis donc tu l'as chopé où ce mono ? » ! Mono en castillan c'est un singe, et en Colombie ça sert aussi pour désigner les roux ou les blonds. C'est pas péjoratif, mais bon ça me fait toujours marrer... (y en a pas mal qui m'appellent comme ça même si j'ai d'autres surnoms plus fréquents; entre autres, une gamine du quartier pauvre où on va avec Elisa, que je n'ai pas réussi à convaincre de m'appeller Manuel... donc je me fais appeler « singe » par une gamine un peu chipie tous les mercredi). On boit une boisson typique très fraîche avec du riz, du lait et du fruit qu'on veut, moi j'ai essayé le nispero, ça ressemble à une patate mais c'est un fruit, et le zapote, je sais pas comment ca s'écrit, ça ressemble à un avocat mais l'intérieur est rouge. On continue la ballade, elle veut me montrer quelque chose que je ne comprends pas, donc tout d'un coup elle ouvre un portail dans la rue et entre dans la maison de quelqu'un... on dit bonjour, elle va de pièce en pièce dans la maison jusqu'à une dame gentille comme tout qui m'offre de sa spécialité, une patisserie avec de la noix de coco, c'est bon. Elle discute avec moi, elle est gentille, et elle me montre le pourquoi je suis là : pour voir des aras (mais en cage) ! Et par la même occasion un cacatoès, et comme des canards, sauf qu'ils font un cri qu'a rien à voir c'est bizarre. Finalement on rentre à la maison, et peu après on partira pour carthagène.

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Une rue commercante, avec une boutique Paris, alors moi je dis Vive la France ! Quelle présence !

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Le début du "bazar"

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Vous croyez reconnaître des patates, mais ce sont des zapotes, des fruits rouges à l'intérieur. Dans le récipient, ce sont des graines de cacao.

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Des graines, des graines et des graines. J'en sais pas plus que vous.

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Contrairement aux gaullois, les colombiens ne disent pas que le poisson il est pas frais, et donc ca se passe bien et ils l'achètent.

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Une rivière, des cochons.

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Des aras et un cacatoès en cage

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Pour partir, on n'attendait le taxi qui n'est pas venu. Donc on n'y a été avec des motos, elles grouillent dans le village. Sans casque... C'était marrant, ca m'a rappelé quand mon frère nous conduisait en scooter un peu partout dans notre tendre enfance... Alors Jérémir, moi je suis pas d'accord pour dire que je suis hors concours, mais je veux bien admettre que je suis hors classement. L'Etat colombien n'a pas offert de thermomètre public (ouahou trop con cette expression), mais ma démonstration sur le fait que je n'ai jamais cette gueule de con à Bogotá.

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Ca y est les FARC m'ont libéré !

Vous savez déjà que dimanche (24 septembre), j'avais la gueule de bois et j'ai écris. Mais c'est pas tout ! Ça aurait été une pure journée glandouille, mais dans l'aprem Togtoh m'appelle donc j'y vais, il est chez la française, bourré, il se marre, mais la française et un ami à elle beaucoup moins. On descend tous les deux, il m'explique qu'il a cassé la gueule au copain de la française... moi je le crois donc je m'énerve un peu, mais en fait c'est sa façon de faire de l'humour quand il a bu. Je le convainc d'aller se coucher, et la française m'explique que ça s'est mal passé avec son copain à cause d'une connerie, alors que ça fait des années qu'ils sont ensemble (et que Togtoh n'a rien à voir la-dedans, ouf). J'étais triste pour elle. Après les autres ils vont dans un centre commercial et ensuite chez Malu, moi je reste pour écrire et dormir. Je les rejoint après, je vais à pieds chez Malu c'est plein de minutes de marche, mais quand j'arrive ils me disent « ah on aurait dû t'appeler on pensait pas que tu te serais motivé, finalement on va chez nous ». donc on poiraute une demi-heure que Malu et Rodrigo le chilien préparent leurs affaires, ils dorment chez nous parce que le lendemain ils doivent être très tôt à la fac. On revient chez nous dans la soirée, on boit un tout petit peu et on cause beaucoup, et on se couche, mais comme on a mis tous les matelas dans la salle, il faut un certain temps avant que tout le monde arrête de se marrer et de lancer des coussins.

Lundi c'est agréable, on entend les filles se lever à 6h et on peut dormir encore quelques heures. Enfin je suis quand même le mec qui se lève en premier, à 9h30. Je me douche, Togtoh arrive alors je vais acheter des oeufs et il nous fait un super petit-déj'. Vers midi on va au cyber puis inscrire Rodrigo au congrès dont les filles sont des organisatrices, comme ça on les voit travailler tout stressés c'est marrant. Malu nous dit qu'on peut pas faire le tour/visite de Bogota cet aprem', c'est triste. On l'accompagne manger, enfin moi je file pour pouvoir être quelques minutes avec Sammy et puis je vais chercher Togtoh à l'appart pour qu'il vienne manger avec nous. Quand on arrive c'est cool, on fait pas l'énorme queue parce qu'on veut juste deux cocas et qu'ils sont en train de commander, et finalement Sammy  a le temps de manger avec nous. L'aprem je glande, mais pas seulement : je lis pour les cours, et je fais mon blog. Et à 19h on va vois un spectacle de danse tradicionnelle offert par le congrès. C'était super super beau. Mais des fois tu te demandes si les danses tradicionnelles auraient autant de succès avec des costumes plus habillés. Non j'exagère y avait ausis des costumes où ils montrait rien du tout. Mais moins quand même. Dans tous les cas ça m'a pas semblé une ambiance purement artistique. Avant le spectacle, ils passent des logos des sponsors bon ça encore normal, mais ensuite le logo c'est « Colombia es pasion », et ils passent un clip qui a dû être fait par cette même agence probablement gouvernementale qui défend l'idée que Colombia est passion. La chanson est imppeccable, elle est belle, elle bouge bien, mélange style moderne et traditionnel, il n'y a pas que des filles à poil et il y a beaucoup de noirs, et les paroles vantent le pays. Déjà là le public commençait à être euphorique. Ensuite l'orchestre qui ensuite jouera pour le spectacle, entame un rythme dynamique et chouette, donc le public est debout avant le début du spectacle, c'est chaude ambiance. Je connais pas la chanson, je sais pas si elle chante la passion, mais à la fin, émane du public « Colombia, Colombia ! » Bon ensuite le spectacle commence. Avec des filles pas très couvertes et des costumes dignes de moulin rouge (le thème reste la tradicion colombienne, mais bon c'est tappe-à-l'oeil avec de l'or t tout et tu commences déjà à te demander si c'est les danses tradicionnelles). Enfin ceux qui me lisent connaissent mon esprit contradictoire... mais il aurait fallu y ajouter de la mauvaise foi pour que je change pas d'avis. Parce que les dansent qui se sont enchaînées paraissaient authentiques. C'était super beau, y en avait des tribales, jusqu'au début du siècle de la bourgeoisie. Y en avait de chaque région, et chaque région est très fière d'elle. Bon comme je suis un mec qu'adore vraiment dire du mal de tout ce qui est situé à droite (la colombie est à droite, la fac est à droite, les étudiants sont à droite, le congrès je peux pas trop dire, mais bon il s'agit pas de faire exploser les batiments des teles privées), je vais juste mettre une petite note négative pour le déroulement de ce spectacle : pendant les danses, on voyaient donc les danseurs sur les écrans géants, mais on voyait aussi le logo de « Colombia es pasion », clignoter à la façon d'un coeur qui bat (le logo est un espèce de coeur) ! Entre deux danses, un chanteur chante la Colombie, et le public suit très bien, c'est beau. Le spectacle s'est fini sur une spéciale dédicace à ce beau pays, mais pas aussi allumé que ce qu'à pu voir Pauline. Juste encore un dernier petit chant pour le Colombie. Et le public est convié à danser sur la scène (qui est quand même très grande), alors c'est la folie y a plus de la moitié du public qui descend et c'est la fête ! Après le spectacle il est déjà tard,

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Voilà. Ce mercredi 27 septembre est le début de la fin. J'écris ça, puis me dis que je continuerai plus tard. Et là, on est le 7 novembre et je m'y remets ! En fait je suppose que vous êtes bien content, la flemme a eu raison de moi, je vais arrêter de vous raconter toutes mes journées, et de mettre autant de détails. Je crois que je vais juste mettre quelques bons moments de ces semaines passées pour me rappeler aussi, et puis que je vais faire comme tout le monde : je vais me mettre aux articles thématiques ! Bon c'est un projet... Pour l'instant, quelques événements dont je veux me souvenir pour pouvoir les raconter à mes petits-enfants :

Alors déjà ce lundi que vous venez de lire était celui de ma semaine de vacances. Une semaine où je n'ai strictement rien glandé au niveau boulot, bien que l'objectif était de rattraper le retard accumulé, (je viens de regarder dans le dico pour savoir combien il y a de « p » à rattraper ! C'est d'un triste ! C'est l'effet de l'espagnol, où les consonnes se doublent très rarement, et seulement quand ça s'entend... Putain manu t'as dit que t'arrêtais les détails inintéressants), et une semaine où on n'a pas voyagé contrairement à ce qui était prévu. Pourquoi, parce que c'était la semaine du Congrès de Communication latino-américain dans la fac; et Elisa, Malu et Sammy étaient organisatrices. Donc j'ai déjà profité du spectacle, mais aussi, on est sortis jusqu'à pas d'heure tous les soirs de la semaine (sauf un où soirée à l'appart),

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Alors ici vous pouvez voir Aldo, et Rodrigo, un pote Chilien`de Malu venu pour le congrès.

et en général, la saveur de l'aguardiente ne se dissipait pas avant la fin de l'après-midi du lendemain. Ce furent toutes de très bonnes soirées, dans des boîtes ou des bars, mais pas forcément avec du reggae-tone (musique pourrie), souvent  c'était de la salsa, merengue, vallenato (ce que je préfère au niveau musical). Ce qui fait de cette semaine celle où j'ai le plus dansé dans ma vie ! Bon attention, ce n'étaient que quelques minutes pas jours... D'ailleurs Julia, je peux te confirmer qu'en rentrant en France, je NE saurai TOUJOURS PAS danser. Et la dernière soirée, entre nous chez Malu, super chouette, j'ai même redansé ! On a dormi chez elle et le lendemain on s'est même levés pour aller petit-déjeuner, moi un tamal, c'est super bon, et un chocolat chaud dans lequel ils jettent des bouts de fromage ! Les cons ! Je sais pas comment ça se marierait avec du fromage français, mais le fromage colombien est célibataire à vie, il te pourrirait n'importe quel couple ! Voyez comme vous avez de la chance, je l'aurai fait dans la lancée ça aurait été au moins 5 pages !

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Chez Malu

On a été invités à la communion de Alexandra, la petite soeur de Sammy (le 8 octobre)! Juste ses 4 potes étrangers qui se retrouvent mélangés à la famille... C'était bien sympa ma fois, on a connu la famille de Sammy, et on a assisté à une communion à la colombienne. Enfin on a pas été à la messe à 7h du mat'... Je crois que seule la famille proche va à la messe, et ensuite toute la famille ne vient pas à midi mais en fin d'aprem' ! Histoire de manger, de trinquer puis de faire la fête... On a mangé de la lechona, c'est divin. Y a du riz du porc, et même avec la peau de porc (très bon), et des trucs en plus et c'est vraiment délicieux. Donc après ça danse, mais pas énormément, Sammy me dit que de l'autre côté de la famille, celle qui n'est pas bogotaine, ça bouge plus. Alexandra n'a pas une aube, mais une robe digne d'un mariage ! Ah et j'ai appris aujourd'hui 7 novembre qu'il n'y a qu'une seule communion ici, éventuellement ils y feraient ce que nous on fait en deux fois (au niveau de l’évolution de ton rapport avec dieu et tout ca).

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Il y a aussi eu un méga festival à Bogota. Je ne connaissais personne, je voulais aller découvrir, mais finalement je n'y suis allé que le troisième et dernier jour. Pour voir le seul groupe que je connaissais : Manu Chao et Radio Bemba ! C'était super bien. On était arrivés dans l'aprem, pas spécialement pour voir les autres groupes, mais parce qu'il y avait beaucoup de monde, 100 000 personnes. Le truc, c'est que quand on est arrivés, elles y étaient déjà. Alors on est arrivés 5 heures avant pour pas grand chose. Mais la musique était bien, j'ai retenu aucun nom mais il y a avait des bons trucs de toute l'Amérique latine. Je retiendrai que c'était chouette, que c'était vraiment une foule dense, à telle point que pour la première fois j'avais comme une tension à l'intérieur de moi, de ressentir le danger potentiel que c'est une foule de 100 000 personnes (comme dirait Julia, je le redis au cas où vous croyiez que je m'étais planté d'un 0); je retiendrai aussi la sécurité impressionnante et exagérée (ils t'enlèvent ta ceinture, ta barette dans les cheveux, de plastique, s'entend), et les petits commerçants. Les petits commerçants sont des gens motivés qui pendant le concert, c'est-à-dire pendant des heures, se promènent dans une foule bien dense avec leur matos, pour vendre chips, eau, aguardiente et même... on a entendu un mec crier « bareto, bareto ! ». Je peux pas vous dire dans tout ça ce qu'on a acheté, parce que mes parents apprendraient que je suis un de ces drogués qui gangrainent la France. Enfin bref, avec l'aguardiente et le pet' en plus de l'ambiance, c'était super chouette. Et Manu Chao, le must. Je connaissais pas beaucoup les morceaux de l'album de radio bemba, elles étaient chouettes mais le mieux c'était Clandestino et Desaparecido... J'vous raconte pas !

J'ai aussi vu un concert des Aterciopelados, le groupe phare colombien (après Shakira évidemment ! Mais c'est à peine le même style), c'était super bien, ils ont même chanté quelques chansons super jolies que j'avais déjà entendues dans la bouche d'Elisa ou d'Andrea. Et aussi, quelques unes avec des instruments traditionnels, mais bon pas beaucoup. En fait, ici la musique qui plaît c'est du rock latino, mais ça ressemble énormément à du rock normal finalement. La différence, c'est que dans les bars des fois les gens dansent pour de vrai, et donc sur de la vraie musique (salsa, merengue et vallenato). Ils ont rien du style de notre chanson française, mais Shakira est la fierté nationale. Pour ceux qui ne connaissent pas très bien Shakira, en fait il serait un peu abusif de la comparer à Britney, parce qu'avant d'être devenue commerciale (avant qu'elle porte des tenues légères, qui ont fait que les medias mondiaux l'ont découverte), elle faisait pas du tout la même chose, plutôt des clips beaucoup moins tappe-à-l'oeil; elle compose ses chansons depuis toujours, elle joue de plusieurs instruments... Ca a été un vrai combat pour moi d'accepter tout ça, et je n'écoute toujours pas sa musique, mais j'ai dû admettre que si, c'est une artiste ! Fou non ? Enfin vous saviez peut-être déjà tout ça...

Il y a aussi eu l’anniversaire d’Aldo le 19 octobre…  Mariela était partie à Cali à un congrès de politique cette semaine là, mais avec Elisa on a bien fait les choses. On l’a réveillé super tôt pour lui offrir un slip dédicacé, on lui a souhaité plein de succès dans la vie (avec un sac plastique du supermarché Éxito), on lui a offert une tirelire en cochon et une veste. Et puis je lui avais fait un brownie ! Avec de la malice (produit typiquement colombien) dedans, mais on lui a pas dit. Et le soir on avait invité en cachette quelques-uns de ses potes de la fac, Sammy, Malu, David, les voisins... c’était chouette il était content ! Il y avait plein de ballons de baudruche, un gâteau d’anniversaire, Aldo avait un chapeau pointu… un vrai goûter d’anniversaire ! Enfin ca s’est fini vachement plus tard qu’un gouter, parce que nos parents à tous les 4 ils sont pas là pour nous surveiller hi hi hi ! Aldo a donc désormais 23 ans. C'est bête, j'ai toujours pas les photos.

Le truc le plus important est sans doute celui-ci : depuis le 11 octobre je crois, mon quotidien a changé, parce que Togtoh a enfin pu décoller ! Quelques jours plus tard il m'a écrit une ligne pour me dire qu'il était déjà arrivé en Mongolie. J'étais fier, j'avais pas passé ces dizaines d'heures ni négocié avec les autorités colombiennes pour rien !

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Togtoh prêt pour le départ...

En fait, j'ai rien de plus à ajouter sur ce mois, ou éventuellement ça viendra dans les articles thématiques.  Parce que même une bonne soirée, c'est pas forcément intéressant à raconter... Disons que ça été un mois où je me suis ancré dans mon quotidien, où on a pas fait de tourisme, ni même à Bogota, je n’ai pas non plus fait de nouvelles rencontres, on restait souvent entre nous les colocs. Bref plein de bons moments mais pas beaucoup de typique ! Enfin le tout reste dans une ambiance légèrement Erasmus du fait de mes colocs, mais surtout colombienne, au niveau des sorties, en sachant que le culture de Bogota ce rapproche beaucoup plus de la notre que ce que je croyais, plus que le reste de la Colombie il me semble.

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18 septembre 2006

Alors aujourd'hui mercredi 6 je me suis levé à 8h30. J'ai pas trop compris comment ce fût possible, mais j'ai pas bossé avant 10h30, et seulement jusqu'à 11h parce qu'après j'ai parlé trois quarts d'heure avec Togtoh, il a remarqué que j'avais la tête de quelqu'un de fatigué, et d'après lui c'est avant tout parce que je mange mal, et là-dessus il a raison (mais t'inquiètes pas maman vendredi on va faire plein de courses et que des bonnes choses), et aussi parce que j'écouterais trop les gens. Il me conseille très tranquillement la technique du « fais semblant d'écouter les autres mais relaxe toi ». moi je crois surtout que le problème c'est qu'ils me parlent tous en espagnol... après je le laisse pour Elisa et Sammy, et une copine à elle qu'on trouvera dans la rue, avec qui on va m'acheter un portable ! Donc dans la bonne humeur, je dis au revoir à ce formidable mois et demi de liberté pendant lequel je n'avais ni portable ni heure. Après on mange, Elisa retrouve par hasard, dans le resto, un New-Yorkais en échange dans notre fac, alors on mange avec lui. Et puis je fais un peu mon blog et puis à l'appart on discute avec Sammy, et puis  c'est pas que ça m'enchante (je voulais bosser...), mais j'accompagne Elisa acheter un livre dans une librairie bien loin d'ici. Au retour dans le bus je dors j'vous raconte pas ! En revenant je bosse un tout petit peu, mais faut qu'on aille porter une tournée de linge à la laverie (ici ils te font tout mais du coup faut repasser, arf arf arf, le lendemain et ça coûte plus cher qu'en France), et puis je vais manger avec Togtoh une bonne pizza, et on va boire une bière, et quand je reviens j'ai rien foutu de ma journée et pourtant il est déjà 22h.

Ce matin jeudi, je me lève à la bourre mais j'arrive à être à l'heure en cours d'éthqiue et politique. Pour la deuxième fois j'ai pas pu lire le texte, et ça parle toujours de Kant. Et pour la prochaine fois y a un gros travail à faire sur un troisième texte de Kant, j'ai donc trois chapitres de Kant à lire, trop chouette... après le cours je bois un café avec Ana Maria, une des filles de l'intégration, et William. Et puis je vais bosser. J'arrive à lire les deux textes pour le quizz de l'aprèm, et même à avancer un peu pour un gros travail que je dois rendre mardi ! En cours le quizz je crois que j'ai pas trop réussi, mais ça reste à voir. Le cours est chouette, le prof c'est vraiment de la folie comment il est intelligent et intéressant. À la fin ils rendent un quizz, j'ai eu 5/5 ! et mardi, je ferai le partiel normalement, et si je manque de temps je le dirai au prof... après je mets des photos sur le blog, et je vais manger. C'est la première fois que je mange tout seul depuis que je suis arrivé ! C'est parce qu'ils sont tous en cours. Je bosse une petite heure, et puis Sammy me rejoint avec une copine à elle. Je l'aide un peu en français, et on glande à écouter de la musique française. Sa copine Paula elle est carrément fan ! Entre autres de tryo, la rukétanou, les innocents, gypsy caravan, Amélie Poulain... quand elle part je veux bosser (ce matin j'ai appris que Kant dit que le seul truc qui peut être bon en soi, c'est la volonté, même si tu atteins pas tes objectifs, alors j'ai bonne conscience), mais finalement avec Mariela on parle politique, pour la première fois sérieusement (la mexicaine avec qui je vis et qui étudie aussi les sciences politiques), mais faudra qu'on parle un peu plus, parce qu'elle est de droite... c'était bien intéressant. Et après Malu arrive, et on va tous les 4 chez elle, après avoir fait quelques courses, c'est chouette, on mange du fromage avec de la brioche (!) accompagné d'un chocolat, et puis un gâteau maison. Avec son frère de 12 ans, impressionnant comme il est intelligent, et sa mère. Et après on se pose dans les canaps et Malu sort sa guitare, alors on va écouter Elisa et Malu chanter jusqu'à minuit et demi. Super chouette. J'adore écouter les gens chanter. Aldo se débrouille pas mal à guitare, mais c'est surtout Malu qui joue. Elisa et Malu chantent des chansons connues en espagnol, quand je comprend les paroles je les trouve belles.  Des fois elles s'adressent à moi, soit tendrement (je suis et je reste le petit français), soit en chambrant quand c'est une chanson d'amour... Elles chantent aussi Creep, de Radiohead... Malu est impressionnante, elle nous chante une vieille chanson tradicionnelle typique de Bogota, qui s'est perdue, une chanson en latin, et surtout, des chansons de sa composition. Elle compose pour le fun ou pour ses petits-copains depuis quelques années. Et il y en a qui sont super jolies. J'espère que j'aurai l'occasion de les enregistrer. Après elle s'amuse à nous chanter à chacun une petite improvisation, bien marrante. Moi je comprend pas ce qu'elle me chante, elle s'amuse à faire un mélange de son très mauvais français, d'anglais et d'espagnol. Mais ça a fait marrer les autres, et elle a conclu en chantant que je saurai jamais, que tout ce que veut la terre de Colombie c'est se foutre de ma gueule... bref c'était bien chouette, j'étais affalé dans un canap, très fatigué avec de belles chansons qui te relaxent. Bon par contre j'ai un peu la haine de pas savoir chanter et surtout de pas connaître une seule chanson en français. On rentre en taxi, on se remémore les premiers jours où on s'est connus, quand j'arrivais quasiment pas à communiquer alors que maintenant j'arrive à les chambrer.

Vendredi, j'ai pas cours. Je me lève vers 10h, je sors il fait super beau, je vais sur internet, et je vais chercher les fringues à la laverie où on les avait laissées l'avant-veille. Je passe vite fait par quelques rues bondées d'étudiants et de cafés, dont l'un répand dans l'air déjà chaud, un air de Manu Chao. C'est chouette. Je rentre, essaie d'écrire à Pauline, mais j'ai pas le temps, à une heure on va manger, Elisa et moi, avec Sammy et plein de gens de communication et de langues. On va dans le resto où j'avais déjà mangé avec le prof qui m'avait invité à Cali, et on mange tous le plat du jour, ce qui me permet enfin d'essayer l'ajiaco, une soupe typique. Et ça va c'est bon. Après on va prendre un café ailleurs, et je suis content, y a une fille qui veut une bière alors moi aussi je peux sans être le seul ! On file vite, parce qu'on doit faire plein de courses avant 4h, heure à laquelle Sammy a cours. On y arrivera pas, Sammy nous laissera finir et s'en ira en cours. On achète des coussins pour pouvoir s'asseoir et asseoir les invités ailleurs que sur le carrelage, et plein de bouffe. Enfin il nous manquera pas mal de trucs, vu qu'on a pas encore de frigo. Mais on achète plein de fruits et de légumes maman ! On ramène toutes les courses en taxi, à 18h, c'est fait un tas impressionnant. On range, Sammy arrive, ce soir on a invité Alejo, Maritza, Alex, Andrea, deux associés du bar et leur copine, et Togtoh. Je vais leur dire d'amener de la glace, Alejo me dit que ces jours-ci il s'est pris la tête avec son associé... ils viendront qu'à 10h parce qu'ils faut qu'ils aident la soeur de Maritza ou je sais pas quoi. Togtoh m'emmène chez Alex et Andrea pour que je les invite enfin (le midi Togtoh leur avait cuisiné du saumon, même s'il avait pas compris que c'était pour l'anniversaire d'Andrea), je suis pas sensé tarder vu que les autres sont en train de cuisiner à l'appart, mais je passe la porte, 5 secondes après j'ai une part de gâteau, 10 secondes après du jus de maracuya avec de la vodka. Alors on cause un quart d'heure le temps de finir mon verre, et... ils me resservent. Andrea et Alex ils vont commencer la soirée ici, avec la soeur et sa copine. Donc avec Togtoh quand on arrive, le guacamol et tout le reste c'est déjà prêt, et du coup, à 10h, tout le monde aura eu la flemme d'attendre les autres, on aura tout mangé... je raccompagne pas Sammy jusqu'à chez elle, vu qu'on attend les autres, mais ils viendront pas... y en a deux qui ont aidé une soeur jusque tard, après ils ont voulu amener les deux autres, mais y en avait un qui pouvait déjà plus marcher. Si bien qu'ils sont passés à minuit, mais on était couchés !

Samedi, il faut vraiment que je bosse toute la journée, mais le matin je me lève qu'à 10h, et je tchatte une bonne heure, ça faisait longtemps. J'ai reçu un mail de sciences-po, 9 crédits au lieu de 15 ça suffit pas du tout, il en faudra au moins 12 pour que ça passe... mais c'est pas envisageable pour moi de mettre une matière en plus, faut que je voie s'il existe pas des espèces d'équivalences. Maria Jimena m'appelle, ils passeront demain nous amener 2 lits ! Après je bosse une demi-heure, on reçoit la visite des nouveaux proprios de l'appart, ils nous proposent de nous acheter des lits (on dort sur des matelas et le sol est plutôt froid, du coup les filles sont malades...), une table et des chaises, un frigo, et une machine à laver ! Et le loyer passerait de 66 euros chacun à 100 euros chacun. Dès qu'Elisa répond à l'urgence de mon message, environ 7 heures après (elle est en week end de sport extrême avec tous ceux qui ont été à Cali, sauf moi évidemment), on appelle les proprios pour dire oui, et maria jimena pour dire non. Le midi je leur fait une entrée, bon pour l'instant exactement pareil que ce que je fais à Toulouse (bon sauf la vinaigrette, parce leur vinaigre c'est pas de vin c'est de fruits, et leur moutarde c'est catastrophique), et ça leur plaît. L'aprèm j'vous raconte pas, j'ai rien fait d'autre que bosser. En fin d'aprem, Alejo et Maritza passent pour s'excuser pour la veille. Je mange, des oeufs. Et je rebosse jusqu'à 11 heures et je me couche ! Rude soirée !

Dimanche, encore une journée à bosser ! Enfin pas autant que la veille. Bon c'est pas que je me lève tôt, mais alors une fois que je suis suis levé... je bosse et je laisse les autres cuisiner, enfin façon de dire, parce que j'ai beau eu dire à Elisa que dans la soupe instantanée y a plus de chimiques que de légumes (véridique), on en a acheté, et ils en préparent. Mais ils rajoutent du pain, et puis c'est bon quand même. Après je me remets à bosser, mais bien vite avec Mariela on va fair equelques courses, et ça prend du temps parce qu'on y va à pieds. Après je rebosse bien, et à 7h les filles arrivent de leur week end à faire du sport (soit-disant pour organiser un congrès de communication, j'ai pas trop compris le rapport) : Elisa, Sammy et Malu. On avait acheté une pizza, et on fait une entrée, on mange parterre sur les coussins qu'on a achetés c'est marrant, et on a la visite des proprios qui nous amènent une table et des chaises ! Elles ont chopés pleins de piqures de moustique, c'est impressionnant, c'est des moustiques de compétition qu'ils ont ici. Quand elles se soignent, le lendemain ça ressemble à ce qu'on voit en France. Et je rebosse, et je me couche avant les autres, ces journées de boulot ça m'enchante pas et surtout ça me fatigue.

Aujourd'hui lundi, je me lève pour aller en cours, mais je retrouve pas mon emploi du temps et ça fait un mois que j'ai pas été à ce cours (une fois à Cali, une fois annulé, une fois férié, la semaine dernière pas d'excuse), et donc je retrouve pas la salle, et j'y vais pas. Lamentable, et je crois que désormais je peux dire que ma situation scolaire est préoccupante jusqu'à ce que je régularise la situation (maman tout va bien pour pas que tu t'inquètes). Mais bon du coup je me mets à réviser pour le partiel du lendemain plus tôt, et je dois dire que je bosse vachement bien jusqu'à la fin de l'après-midi ! Le midi je cuisine pas, on mange et je fais la vaisselle. Ils ont fait des pâtes et ouvert une conserve de macédoine à laquelle ils ont rajouté du thon. Mais alors des pâtes sans beuree, ça m'a fait très sec dans la bouche. Donc je passe l'aprèm à bosser (d'abord avec musique super forte avec Aldo quand Mariela n'est pas là, je lui fais découvrir mon cd « flower power » et ça lui plaît beaucoup, et puis aussi la BO de The Doors, et après sans musique, ça m'endort), à 17h j'en peux plus, je me couche pour une demi-heure mais 10 minutes plus tard Malu passe vite fait, en fait pour aller aux toilettes (on peut presque considérer que l'appart est dans la fac, vu que la fac est biscornue), mais elle me convint de boire un café une heure plus tard, une demi heure pas plus. C'est vrai que j'en ai marre de bosser. Je vais fumer pour me donner du courage, et je vois Sammy qui est putain de débordée, et apparemment ça va être ça ces trois prochaines semaines. Voire même un peu déprimée parce qu'aux partiels elle a pas eu que des bonnes notes... je me rends compte que la motivation m'a définitivement quittée, donc je vais sur internet. Après je bosse un peu quand même, et on va boire un café avec Elisa et Malu. Malu parle presque pas, c'est surtout Elisa, c'est la première fois que je vois ça alors je le dis à Malu, elle prend tellement bien la blague qu'elle me renverse mon capuccino au Baileys sur ton truc orange nico ! Je rentre à l'appart parce que Sammy vient, et je réponds au téléphone deux fois (grande première de répondre à des gens que je connais pas et tout...) et c'est cool, on va recevoir la machine à laver demain. J'accompagne Sammy au bus, et quand je rentre ils sont tous rentrés, Malu aussi est là. On mange une omelette avec des trucs mexicains je sais plus comment ça s'appelle (pas que ce soit compliqué, ça se vend aussi en France mais j'ai un trou), et des platanos à la façon de la maman d'Elisa. Et il est déjà tard, je rebosse pas ce soir, au deuxième semestre de la deuxième année de sciences-po, j'ai expérimenté le levage-très-tôt-le-matin-du-partiel, et ça a bien marché. De toute façon vu le retard que j'ai je compte pas réussir ce début d'année.

Mardi, je me lève tôt pour bosser le partiel que j'ai à 9h, je vais au partiel, je fais le partiel, je me dis que j'ai pas foiré mon partiel. Donc en sortant je suis content, mais tout n'est pas fini pour le pauvre manu (quoi vous me plaignez pas ?!), je vais imprimer les fondements de la métaphysique des moeurs de Kant, on était sensé le lire en trois semaines, mais j'ai pris du retard, alors je m'imprime aussi en français... je crois que de toute façon je l'aurais imprimé en français. Je me mets à lire un peu, et puis on Sammy vient manger avec nous, et puis je rebosse, et puis je vais en cours à 16h, pensée sociale de l'Eglise. Je savais pas, mais y avait un texte à lire, avec une interro dessus. Mais comme le prof est pas à ça près, voire même parce qu'il voit que je suis un peu perdu, il nous dit de faire l'interro par deux... donc Angela, une fille gentille comme tout qui habite dans les champs de Bogota, fait tout. Bon pendant qu'elle répond je lis les pages où sont les réponses (indiquées par le prof...) et je me permet quelques remarques qui la font plus chier qu'autre chose je crois mais elle est gentille comme tout. Pendant ce temps, le prof nous interrompt de temps en temps en disant on s'en fout du quizz, écoutez moi donc un instant... ça parlait de Kant aussi, ce que j'ai compris était intéressant, mais quand même faudra que je lise le texte. Après je relis, j'ai pas beaucoup avancé Kant c'est bien mais ça se lit pas vite. Après manger, longue discussion avec Elisa, ça faisait longtemps.

le mercredi, je me lève pas spécialement tôt, c'est-à-dire vers 9h30 je crois. Le temps d'émerger jusqu'à être en état de lire Kant, il est presque temps de manger. Mais je me rends compte de la chose, et donc je me laisse pas faire, je vais imprimer un résumé de l'oeuvre. Et on mange, et je lis, je suis à la bourre, le soir après manger je sors les questions, et là malheur : je suis aussi sensé me dégôter un manuel d'histoire de la philosophie à la bibliothèque, et comme j'oublie qu'elle est ouverte 24/24 (peut-être cela arrangea-t-il mon inconscient), je vais voir sur internet une demi-heure, mais je trouve rien. Comme Elisa squatte mon ordi et par la même occasion ma chambre, je peux pas me coucher, et donc je bosse. Je réponds à la première question sur Kant, mais je sais que je pourrais pas le rendre le lendemain à 7h. Je lis même la lecture (toute facile ça fait plaisir je trace comme jamais) pour approches politiques le lendemain. On bosse jusqu'à 1h du mat' !

Jeudi matin Mariela me réveille à 6h47, mais comme le cours est à 2 minutes de marche, j'y suis à 7h15 et j'arrive avant le prof. En sortant de l'appart, le vigile me dit qu'à 3h du mat' y a Togtoh qui est venu, mais que comme on a pas entendu la sonnette il lui a pas ouvert, et donc il s'est couché devant la porte... Il est toujours dehors, je lui explique qu'on se voit dans 2h, parce que quand même je suis à la bourre. On fait le dernier cours sur Kant, bien intéressant, mais quand je lui demande si on peut lui envoyer le travail par mail, il répond qu'il faudra que ce soit fait aujourd'hui. Il nous lâche en avance, à l'appart Sammy passe et au bout d'un quart d'heure se rappelle que Togtoh est devant. Je laisse Sammy pour Togtoh, qui m'explique que pour la première fois depuis deux an et demi en Amérique latine, cette nuit il a eu peur. Il s'est fait courser par deux cons, ça l'a bien fait courir ! Il en a vraiment marre de pas pouvoir rentrer chez lui ! On cause un moment, ensuite avec Elisa et Aldo aussi, et puis je bosse, je paye une douche à Togtoh, il attend une heure que je bosse et puis on mange, après manger j'ai rendez-vous avec une fille pour qu'elle me passe les chocolats que je lui avais commandés la veille (une étudiante de communication qui se fait des sous comme ça), parce que dimanhe c'est l'anniversaire de Mariela. Et je rebosse mais pas longtemps parce que ça me prend la tête et Malu me convainc de l'accompagner à manger, je l'accompagne avec un gâteau. Pendant ce temps-là Togtoh dort. On tarde pas mal... après je vais vite fait sur internet, quand je reviens Togtoh est réveillé, je bosse bien et je finis le truc que je devais rendre le matin, du coup avec Togtoh on retourne sur internet et envoie mon travail. quand je reviens, au bout de 10 minutes à discuter avec les autres, je vais travailler, mais non je peux pas, parce que David et Malu arrivent. Ils nous apportent le matériel pour qu'on puisse avoir accès aux photos qu'Elisa a pris depuis le début de l'année avec sa caméra un peu bizarre, et y en a des super chouettes ! Et ils mangent avec nous. Ça a pas l'air long comme ça, mais dès que Malu vient, ou qu'on fait un truc ça tarde toujours. Elle fait que de parler et elle est super drôle. Après je fais la vaisselle et du ménage, vu que j'ai pas cuisiné, et j'écris. Là on est mercredi soir et je suis en train d'écrire et Togtoh est avec moi, il y a cinq minutes il s'est mis à danser la valse tout seul parce qu'une chanson des Hurlements d'Léo lui plaisait, et après avec une chaise, pour me montrer comment apprennent les militaires chez lui (j'avais vu un reportage, c'est aussi comme ça en Russie). Ah oui, ça se passait de moins en moins bien avec Esperanza, la fille qui le logeait, elle est un peu bizarre des fois, et cette nuit ça a été la goutte de trop, il en peut plus de se forcer toute la journée à discuter avec des latino-américains dont il n'apprécie pas la mentalité, donc maintenant il dort dans notre appart. Les autres ont accepté, dans la mesure où on sait qu'il part bientôt. Parce que ça y est c'est décidé, Togtoh va partir à Cuba, d'où il pourra normalement rejoindre la Mongolie parce qu'il y a une ambassade mongolienne à Cuba !

Vendredi on fait la grasse mat', on se lève à 11h30, truc de fou. On peut pas dire que je sois particulièrement actif jusqu'à ce qu'on mange. Et on a que des haricots rouge à manger, mais Malu nous commande des trucs à domicile. Enfin comme elle est bloquée dans le bureau d'un prof (juste à côté de chez nous), elle commande là-bas et passe après, mais tellement tard que les autres sont partis en cours. Entre temps Sammy et Mariela sont arrivées, alors on s'arrange pour que la bouffe trouve preneur. on glanduoille et on parle, et après Sammy va en cours de 18h à 20h,  moi je vais sur internet avec Togtoh, Fabrice m'a envoyé un putain de méga mail avec plein de détails de sa vie que vous connaîtrez jamais, et ça m'a fait super plaisir c'était fort intéressant. Enfin sur le coup je le lis pas je l'imprime, ça fait 9 pages en taille 8 interligne simple, je ramène un kilo de coke (à propos, les commandes se feront du moi de mars au mois de juin, et la livraison en juillet au plus tard. Aucun service après vente ne sera assuré, à part éventuellement une démonstration pour ceux qui savent pas comment ça marche. Papa Maman je vous serais gré de bien vouloir me dire en toute honnêteté si en lisant ces lignes, pendant une fraction de secondes vous avez cru que votre fils est capable d'une chose pareille)  à celui (ou celle, tout est possible ;-) qui fait mieux. Et on va boire un coup avec Togtoh. Quand on revient tout le monde est là, ceux avec qui je vis (Elisa et Mariela les mexicaines, Aldo, le chilien), Malu et son copain David, Sammy. Ce soir c'est le soir du Mexique, parce que demain c'est l'indépendance (enfin son anniversaire, puisque le Mexique est déjà indépendant), alors on va tous dans un resto mexicain, sur la même place que quand on était tombés par hasard sur un super concert d'un groupe de rock en concurrence avec le groupe de David le copain de Malu dans un bar tous les samedis soir d'août et de septembre, Malu étant précisément la colombienne avec qui on était ce soir du concert, et celle qui nous conseille ce resto mexicain où nous allons ce soir (dommage pour vous que je puisse pas vérifier, j'aurais sans doute aussi offert un rail de coke à celui qui a tout suivi). Alors on mange mexicain et c'est chouette et c'est bon ! Le proprio il se la pète en m'échangeant deux mots en français, mais quand Malu lui explique qu'il y a trois continents autour de la table, il fait moins son malin parce qu'il sait très bien que c'est pas de la vrai cuisine mexicaine son affaire, et en plus il parle pas mongol. Et en disant au revoir, il coñprend même pas quand je lui réponds "avec plaisir !" Après on rentre, je raccompagne pas Sammy en taxi, j'vous raconte pourquoi parce que c'est marrant : elle voulait, moi je voulais bien, mais elle voulait pas que je rentre tout seul, alors je lui propose que Togtoh vienne aussi, mais elle me dit euh non parles-en plutôt à Aldo... mais Aldo ne cache pas, tout naturellement, qu'il a envie de pisser et que Togtoh convient parfaitement. Alors elle nous accompagne jusqu'à chez nous dans un des deux taxis, et s'en va toute seule avec le même taxi. Le truc c'est pas qu'elle a peur de Togtoh, mais l'accompagner implique de monter chez elle, et je connais pas encore ses parents mais ils m'ont l'air assez spéciaux et rigides, d'un genre spécial opposé à celui de Togtoh (Togtoh il est open quoi...).

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06 septembre 2006

Une fois de plus, voire comme toujours, le dimanche, manu se lève tôt. Parce que Sammy nous emmène acheter des duvets pour qu'on puisse survivre dans notre nouvel appartement. On marche beaucoup beaucoup, et quand on arrive le magasin est fermé... alors elle nous emmène dans un centre commercial tout près, faut attendre jusqu'à 11h que le magasin ouvre (du coup on petit-déjeune, un « gâteau aux trois laits » pour moi, fort bon), mais dans ce magasin il vendent un seul modèle, qui nous plaît pas. Enfin tout n'est pas perdu, maintenant on sait où est le magasin. Et puis c'est tellement agréable de se lever tôt ! Le soir on déménage, on fait tout à pied et faut monter beaucoup de marches, aussi, et conséquemment, après, je suis fatigué. Mais ce qu'il y a de chouette, c'est qu'Aldo (le Chilien, coloc aussi) a l'art et la manière de positiver et de mettre à profit le si peu de bouffe qu'on a : quelques biscuits spécialité qu'on a ramené de Cali (voir photo). C'est chouette on est tous de bonne humeur et on rigole bien pour ce premier soir dans l'appart (enfin deuxième, et puis pour l'instant y a juste Elisa et moi qui avons déménagé). Après avec Elisa et encore une fois, on parle beaucoup beaucoup en fumant quelques clopes devant l'immeuble, l'occasion de se rendre compte encore plus qu'au quotidien que je suis vachement loin de vous... Et au lit, elle m'aide (en fait elle fait tout) à me rappeller de la semaine à Cali, pour que je fasse le brouillon de ces pages.

Mon cours du lundi a été annulé ! Mais j'ai énormément de travail. On se lève tôt avec Elisa, pour aller dans une espèce de réserve de la fac où ils vendent ce qui sert pas, nous on veut une table. Ils en ont pas, faut qu'on revienne le mercredi. On petit-déjeune dans une cafet' de la fac, et on parle d'un éventuellement possible voyage au Chili en Janvier, ce serait une mission chrétienne, dans un sens plus social que religieux, à laquelle Malu participe. Après je vais à la résidence pour expliquer au propriétaire que je m'en vais, et donc c'est officiel je dois payer une amende d'un mois de loyer, 270 euros. Après je bosse à l'appart et j'avance bien ça fait plaisir ! Je vais retrouver Togtoh, je lui montre notre nouvel appart (j'avais demandé si Togtoh peut venir de temps en temps dans l'appart comme il venait de temps en temps dans ma chambre, ils avaient dit non sans réfléchir, et puis après y avoir réfléchi si). Et on attend Elisa pour aller manger. Il me parle de Cupidon, qui fût en réalité le premier ange créé par Dieu, et non pas Lucifer, mais, le pauvre, il s'est tappé un corps de bébé. Il m'explique qu'il a l'impression qu'on est des espèces de jumeaux. Elisa vient avec Sammy (qui me sert fort chaleureusement dans ses bras) et un autre, mais il faut encore qu'on attende un peu pour manger, alors je montre pleins de mes photos à Togtoh. Il m'explique que quelques fois dans sa vie il a eu affaire à des fantômes. Quand il était en Equateur il avait demandé aux gens d'un archipel de le laisser tout seul dans une minuscule île déserte, et de revenir une semaine après. Et alors une nuit il avait flippé, il avait entendu des bruits de pas humain et tout... bon après quand ils sont venus le chercher, les indigènes lui ont demandé si il avait pas eu affaire à un fantôme... On va à la résidence, Aldo et Marila m'explique que Mariela, bien que n'ayant pas signé de contrat, doit payer une amende et qu'avant ça elle peut pas sortir ses affaires. Et que Gladys, une employée, a été remerciée parce que, bien qu'absente ce week-end, ce serait elle qui aurait volé l'argent d'une résidente. Aldo résume bien la situation : le proprio c'est « una mierda de persona ». Après on mange dans la résidence, avec nous y a Malu, Sandra, Boris et c'est chouette. Malu m'invite le jeudi pour qu'on ait le temps de mieux parler de Dieu et du Chili. Elle a pas fini ses études et elle a déjà deux entreprises, impressionant. Ensuite je bosse mais je m'endors (ce qu'il y a de malheureux dans notre nouvel appart, c'est que pour l'instant on a rien d'autre que les matelas pour bosser). En allant chercher des photocopies à la fac, je croise quelques personnes que je connais, c'est chouette, mais souvent avec les personnes que je connais presque pas, c'est impressionnant comment j'ai pas de conversation. Je rebosse, et on va manger à la résidence mais avant je poiraute une demi-heure le temps qu'elle téléphone à sa famille. Après manger Aldo vient boire un café à l'appart, c'est rigolo. J'ai fait une super blague, je peux pas la raconter hors contexte, mais ça leur a déclenché un fou rire Elisa a mis du café partout ! Je dois lire encore, mais c'est dur. Je finis de lire mais je fais pas le résumé que je suis sensé rendre vu que je fais pas les quizz.

Enfin c'est qu'un demi-échec, parce que le mardi je me lève à 7h pour avoir le temps de le faire ! Je le finsi presque, c'est-à-dire pas, donc je rends rien, mais en cours ils me passsent un quizz alors je tente et ça se passe bien, 3,7/5 ! du coup je décide de faire les quizz dorénavant. Je lis pour l'après-midi, on mange, avec Elisa on lit encore, mais on s'endort tous les 2 à 14h, et quand on se réveille à 16h15 il est plus temps d'aller à ce cours... Lamentable. Mais bon comme dit Carrefour, je positive et je vais avec Mariela manger une part de gâteau. Je bosse pas mal, et le soir comme prévu je vais payer une bière à Togtoh. Alejo (colombien proprio du bar en face la résidence, que je connais maintenant bien) est là, sa copine nous rejoint, c'est chouette, et alors encore mieux, Elisa revient de la chorale avec Malu et une amie à elle. C'est tellemnt chouette que je paye ma tournée. Malu a beaucoup d'humour, beaucoup de talent et elle n'hésite pas à charrier : bon dis donc Manu je te trouve des amis, je t'apprend à danser, je te fais découvrir Bogota, je te fais des blagues et des calins, tu pourrais peut-être m'apporter quelque chose ?! Euh... je sais pas si c'était pour me tester, mais à un moment elle me demande pourquoi et comment est apparue l'idée de nation, et c'est vrai que j'ai des choses à lui apprendre. Alejo m'a apporté des DVD, c'est super sympa mais je sais pas quand je pourrai les regarder. Les 7 samouraïs et un film de David Lynch. Il adore le cinéma. Puis on mange, puis on se couche, de ce que je me rappelle.

Le mercredi on se pointe à la fac pour la table, mais faut revenir le lundi. On va loin à pieds acheter des duvets, mais le magasin est toujours fermé, alors on poiraute sur internet juste à côté, l'occasion de tenter quelques invitations (pour la crémaillère qu'on fait le vendredi) des quelques mails que j'ai de la fac, et de maria jimena (la colombienne qui a étudié à Sciences-Po Toulouse dans le même amphi). Et comme c'est toujours pas ouvert, on va prendre un café, on se pose sur la terrasse et on reste un bon moment d'abord à discuter et puis elle me fait des câlins dans les cheveux c'est chouette je m'endors presque. À midi on se rend compte que ça  y est le magasin est ouvert, alors on achète chacun un duvet à 30 euros. Après manger, j'arrive à être efficace, et après je vais acheter des ampoules, pour l'instant on a pris celles de la résidence et apparement ça a pas passé très bien, et plus des couvertures que je ramène aussi. Je rebosse, je dors une heure, et je rebosse bien, je finis le travail sur Aristote qui était pour il y a deux semaines. Je lis mes mails c'est chouette Maria Jimena et son copain vont venir. Lisa veut venir aussi, mais on arrivera pas à s'organiser par mail... idem, je ne retrouverai le numéro de Javier, l'espagnol du début de l'année, que le jour même vendredi et du coup avec la communication par téléphone pas possible non plus de s'organiser... On mange, je lis, je dors.

Le jeudi j'ai éthique et politique à 7h, j'ai pas eu le temps de lire le texte de Kant, mais j'arrive quand même à suivre. C'était marrant, à un moment les élèves se sont presque tous passionés dans un débat sur Kant genre à la guerre dois-je refuser de tuer pour être moral ? J'vous raconte pas comment j'ai fermé ma gueule ! À la fin du cours je découvre que les travaux que j'ai fait depuis le début de l'année, et que j'ai pas rendu parce qu'il les demandait pas, bah il est trop tard maintenant (j'avais pas dû comprendre au premier cours). Enfin il va me corriger celui sur Aristote quand même. Après faut absolument que je fasse un travail pour approches politiques, donc faut d'abord que je lise, mais j'aurai seulement le temps de lire même sans manger, parce que Sammy squatte et malgré toute sa bonne volonté, elle est incapable de me laisser travailler. D'autant plus qu'elle est un peu perdue en manipulant mon ordi français. En approches politiques, le travail pas fait c'est pas grave, je fais le quizz et je sais pas combien j'ai mais je crois que j'ai moyennement réussi. Pour la première fois le prof nous donne un « taller », on a plein de trucs à lire et faut répondre à des questions, c'est un gros travail, on a une semaine mais le prof est cool donc aucun problème pour négocier une semaine de plus. Mariela, qui suit cette matière avec moi, est dégoûtée, elle dit en rigolant que c'est juste parce que je suis roux ! Avec elle on va acheter un peu de boisson pour la crémaillère, et j'achète des enceintes, 10 euros. J'avais pris mon énorme sac de voyage, j'avais bien fait, il était super lourd, on se paye le taxi (0,7 euro...). Pas le temps de ranger les courses que Sammy débarque à l'appart. Je l'accompagne à attendre son bus, et y avait un bel arc-en-ciel, un grand moment de poésie. Après je retrouve Malu, elle m'emmène dans un bar avec des coussins partout parterre, c'est chouette. On s'amuse à passer pour un couple vu qu'il y a que des couples. C'est là qu'elle est sortie avec son copain actuel, avec qui elle me raconte que ça se passe mal. Elle me parle de Dieu super bien, j'arrive à comprendre même si elle fait semblant de s'énerver dès qu'il faut qu'elle répète. Elle exagère, elle dit qu'il faut qu'elle trouve 6 synonymes pour que je comprenne un mot. Le truc surtout c'est qu'elle parle vite. J'appréhende un peu mieux la psychologie des croyants pour qui Dieu est amour. On mange une espèce de glace au café et avec des morceaux de « melocoton ». (ça ressemble à la pêche). Je lui montre notre appart, et puis elle s'en va et on va manger. Les autres rentrent à l'appart, moi je reste avec Togtoh. Il a bu et ça commence à m'inquiéter, alors je parle assez franchement. D'habitude c'est impressionnant comme il m'écoute, mais là... bon ce qu'il y a de bien c'est que maintenant il est résigné à rester coincé en Colombie, il veut trouver un boulot dans un resto japonais. Il m'accompagne jusqu'à l'appart parce qu'il est tard. L'appart est tout joyeux, ça y est depuis ce soir on vit à 4 dedans. Traditionnelle longue discussion avec Elisa, et puis on dort.

Le vendredi, lever dans une bonne ambiance, ça y est on est tous les quatre ! On fait le ménage, hier ils avaient fait une « roue » pour répartir les tâches, mais bon finalement on a presque tous fait avec Elisa, parce que balayer puis serpiller

10 m²

et pas faire le reste... un peu comme avec Helena à Toulouse ! Je vais sur internet pour tenter d'expliquer comment ça se passe le soir pour la crémaillière, je lis le blog de Pauline j'avais pris un peu de retard... je mange avec Elisa, puis je l'accompagne dans un quartier pauvre, elle est volontaire. Ce n'est pas dans le sud de Bogota, c'en est encore plus impressionant : vraiment tout près de chez nous, à 15 minutes en bus, sur le flanc de la montagne, y a une fac aussi luxueuse que la mienne avec plein de riches, c'est pour ça qu'il y a un bus qui va jusque là, et collé à cette fac c'est un quartier pauvre. Impressionnant. On se serait crus en Afrique. Les maisons sont en durs, mais elles sont « fait maison », toutes petites et sans étage. Pas d'immeubles évidemment. Les rues sont en terre, la plupart sont des chemins piétonniers de deux mètres de large. On se retrouve dans une espèce de maison avec plein de petites pièces, genre squatt, elle me présente à une responsable qui a l'air très chrétienne, et à quelques gamins par là. On se retrouve attablés avec deux enfants de douze ans et un de quinze, ils ont tous l'air très intelligents. C'est pas seulement du soutien, il s'agit aussi de rigoler avec eux, de leur ouvrir l'esprit, de les motiver un peu quand ils s'égarent trop de leur travail. Un des gosses de douze ans est trop timide quand Elisa lui demande de nous chanter la chanson qu'il apprend en anglais, alors Elisa lui fait promettre qu'il chantera si le français chante... du coup je chante les bottes rouges (Wampas), je connais bien le début maintenant. C'était marrant, le seul moment où ils seront silencieux. Je suis un peu un ovni pour eux. Et ils n'hésitent pas à bien se foutre de la gueule de mon accent les salauds ! Il sont très épanouis et très souriants. Le même gamin doit trouver le bien et le mal de quelques idées générales. L'argent c'est pas bien parce que ça amène de l'ambition, la famille c'est pas bien parce que ça boit de l'alcool. Ensuite ils s'en vont, on aide une fille de quinze qui est très gentille, mais très timide et qui a pas l'air autant épanouie. Elle a plein de questions sur l'histoire de Colombie, d'Argentine, du Chili, les Etats-Unis. J'apprends plein de trucs, et le si peu que je sais je l'avais pas appris à l'école mais dans des documentaires que certains diraient gauchos, mais qui sont objectifs je le sais maintenant (parce que les manuels colombiens, en tout état de cause, ne peuvent pas être gauchistes). Notamment, les raisons de l'occupation par les Etats-Unis de Panama, de Cuba, de la République Dominicaine, de Haïti, du Guatemala, leur participation armée au Vénézuela, le rôle primordial des intérêts économique de la compagnie américaine « United Fruit » dans toutes ces interventions. J'ai pas mal aidé, j'ai réussi à expliquer quelques trucs basiques simplement, mais t'as l'impression de rien faire : fallait faire certaines différences entre démocratie et dictature, mais déjà elle savait pas ce que c'était, alors t'as beau vouloir nuancer, tu sais que c'est pas la peine et tu te retrouve à dire que Bush est gentil et Castro méchant. En partant, dans les « rues » de ce qui ressemble plus à un village, les gens sont très chaleureux. Les enfants qu'on a aidés aussi.

Quand on arrive à notre appart, Boris, Andres et Sammy sont déjà là. Je mange avec eux, on se galère à trouver de la glace pour la soirée, avec Sammy on attend à la fac au cas où, mais faute de communication y a personne (et surtout Lisa a peur de venir à 19h à la bibliothèque même quand je lui dit que je viens avant pour être sûr qu'elle attende pas toute seule) Ensuite on va chercher les Allemands qui habitent dans la résidence, Togtoh, Alejo et Maritza, son frère et un pote à eux. Quand on arrive à l'appart y a déjà une chaude ambiance et pas mal de monde ! À part ceux que je viens de dire, ce sont tous des potes à Elisa de la fac de communication, dont certains sont aussi les miens depuis la semaine à Cali : bon bah Sammy évidemment, Boris, Malu, son copain David, Migue le prof... qui me charrie quand je lui dis bonjour : « j'ai appris pour toi et Sammy, toutes mes félicitations... » La soirée se passe très bien, presque tout le monde danse, enfin Alejo, Maritza, son frère et leur pote ils s'assoient un peu plus loin, c'est pas trop leur truc. Je leur dis qu'on se fera une soirée plus tranquille comme l'autre fois, avec les guitares et les chanteuses. À un moment Malu veut me donner la deuxième leçon de danse, mais je suis pas assez rapide, Togtoh me devance ! Du coup c'est Migue qui s'en charge : dans un creux, il dit bien fort : « je crois que Manu voudrait un peu de salsa pour danser avec Sammy... » Mais quel petit con ! J'élabore une stratégie : « euh je crois que Sammy veut pas trop danser... » Alors il trouve une remplaçante à qui ça pose aucun problème de m'apprendre devant tout le monde. Pas fier le Manu. Mais bon ils sont super sympas et puis après ils m'applaudissent. Et Elisa bien vite trouve un cavalier pour qu'on soit plus tous seuls à danser. Et après quand même il faut que je danse avec Sammy. Et assez longtemps même. Bref tout ça se passe très bien, mais Sammy a des parents très inquiets alors dès que j'ai finis ma clope, avec Aldo on va l'accompagner en taxi jusqu'à chez elle. Migue me prend à part et m'explique qu'en Colombie, ça se fait pas de laisser autant sa copine toute seule... et à propos de différence de culture, lisez un peu comment les Colombiens sont des salauds : Malu a réussi à impulser un cri général « un beso ! un beso ! » et ça dure ça dure, alors y a rien d'autre à faire... après je sais pas ce qu'ils crient, mais il nous appartient d'en faire un deuxième. Je tiens à remercier tout particulièrement ma maman qui m'a fait courageux, et surtout l'alcool, sans qui je n'aurai sans doute pas pu faire face à telle situation. Après ça avec Sammy on est plutôt pressés de s'en aller... alors on s'en va avec Aldo. Une heure après, on rentre à l'appart, tout le monde est parti ! Ça s'est fini super tôt. Enfin il reste Malu et David qui discutent dans une chambre, et Maria Jimena et Mario son copain sont arrivés... c'est trop nul ils arrivent quand y a plus personne ! Et alors là ils m'expliquent que je leur avait pas dit l'heure... pas glorieux glorieux. Surtout que c'est pas ce que Renaud appelle des poteaux, mais plutôt de gentils bourgeois, dont l'une est en thèse et l'autre travaille au Conseil d'Etat. Et j'étais super fatigué et j'avais un peu bu, donc ils ont surtout discuté avec Mariela et Elisa. Quand tout le monde fut parti, j'ai couru dans mon lit.

Samedi je me lève pas très tôt, Elisa, Sammy, Malu et David passent nous prendre à l'appart Aldo, Mariela et moi, après leurs « cours » qui est en fait l'organisation d'un congrès de communication en septembre, la même matière qui nous a amenés à Cali (mais que je suis pas, pour ceux qui suivent pas... bon j'arrête c'est compliqué). Alors on va manger dans le resto du frère de David, c'est pas luxueux mais c'est bon, pour une fois les arrepas sont faites maison. Après Sammy a très envie de nous emmener dans un café Juan Valdez, cette marque sont je vous avais dit tout le raffinement, qui gère toute une chaîne d'énormes cafés organisés comme un MacDo. On se retrouve donc là où Maria Jimena m'avait emmené quelques semaines plus tôt. Je prens une espèce de bouillie de glace pilée et de café, c'est bizarre. C'est chouette, on parle de voyage et on prend le soleil. On rentre à l'appart pour y glander un peu, et à 18h on va au concert de David le copain de Malu. C'est le finale d'une compétition qui s'est étendue sur tous les samedis d'août, dans un petit bar. La musique me plaît pas mal, je suis impatient de voir le groupe sur qui on était tombés samedi dernier sur une place, mais on le verra pas, on accompagne Sammy au bus et on va manger. Après on rentre, mais ne trouvant pas le feu d'Elisa, qui est pourtant dans ma poche, je décide d'aller en acheter un. Mais je trouve personne dans la rue. C'est rassurant, ça veut dire que les pauvres sont pas si pauvres, ils travaillent pas le samedi soir (arf arf arf). Donc je vais a l'Arcangel (l'Archange, le bar gothique d'Alejo), je prends une bière avec Alejo et Maritza, mais Togtoh est pas là. Ils me prêtent un feu qui allumera 2 clopes.

Dimanche Elisa me réveille, putain il est 8 heures ! On est à la bourre parce qu'on va visiter le musée national (c'est le dernier jour d'une expo temporaire sur je sais plus quoi de Terracota, en Chine : il y a 25 ans ils ont trouvé des centaines de statues enterrées, des statues de soldats, de chevaux et de chars, bref toute une armée en position de combat. Un empereur qu'avait un peu pris la grosse tête et qui voulait qu'on se rappelle de lui) avec Sammy et sa petite soeur, donc je me douche super vite et on arrive avant elles. C'était chouette et super intéressant, on a pris notre temps, petit-déjeuné à l'intérieur, on sort à 14h, je me dis qu'il faudra que j'y retourne, c'est un très bon moyen de découvrir la Colombie. Avec Sammy on se promène dans le parc national, où ils vendent des livres d'occasion, et on rejoint les 2 autres. Et elles restent avec nous un bon moment à l'appart. Je lis un peu, mais faut que j'aille retrouver Togtoh, on cause, on va chercher Elisa à la sortie de la messe et on va manger. Moi j'étais fatigué et pas bavard, si bien qu'Elisa et Togtoh ont vachement bien causé, jusqu'à se dire leurs 4 vérités, puisque leur problème était un manque de communication face à leurs différences de cultures. Donc c'est cool. En rentrant, on croise un mec en larmes qui leur explique qu'il sort de l'hopital et qu'il a pas d'argent pour rentrer chez lui. Moi il m'a fait de la peine, mais après Togtoh m'a dit que je devrais faire attention à qui je donne mon argent... du coup je savais plus, Togtoh il a comme qui dirait de l'expérience, et il m'a déjà montré qu'il est doué pour déchiffrer la plus profonde metacommunication. Après à l'appart, on s'entasse tous les 4 dans une chambre pour travailler mais ça marche pas.

Le lundi je me lève et je crois avoir le temps d'aller chercher mes fringues propres avant d'aller en cours, mais non, parce qu'à la résidence faut que j'attende qu'Esperanza arrive, pour qu'elle me dise que le sac c'est Togtoh qu'il l'a (je lui ai payé ma tournée... de linge arf arf arf), et Togtoh il est pas là où je le cherche et j'ai de la chance de le retrouver beaucoup plus loin dans la rue. Il est trop tard pour aller en cours. Donc je mets l'article précédent sur le blog, et je vais bosser. Le midi je me retrouve à manger avec plein de potes à Elisa de la fac de communication. Je bosse un peu, puis Sammy et Boris viennent bosser avec nous, du coup on bosse pas. On va voir Boris jouer au foot, c'est chouette mais il fait froid. Je bosse, et Elisa nous a préparé la première chose cuisinée dans notre nouvel appart : platano (une grosse banane qui se mange salée dans un plat de résistance en Colombie), cuisinée à la façon à la maman à Elisa : fries avec du sucre saupoudré dessus.

Aujourd'hui je me lève plus tard que prévu mais tôt quand même, j'ai le temps de lire un peu avant d'aller en cour à 9h. C'est bien intéressant, quelques élèves doivent présenter vite fait leur gros travail que moi je rends la semaine prochaine, et à un moment le prof il dit l'air de rien, oui alors par exemple quand manuel présentera son travail, ça pourrait être pas mal qu'il donne son avis d'un point de vue français... ou quelque chose dans le genre, moi ça me fait chier un truc de fou, j'ai encore jamais participé en classe, et alors là, si j'ai bien compris, va falloir dire plusieurs phrases d'affilé ! Non franchement ça va me stresser ce truc... en plus j'ai toujours pas lu l'énorme tas de feuilles. Je bosse une heure et demi, et puis on va manger mais alors super vite parce qu'à 13h Sammy a un match de « tejo », un truc marrant, qu'ils appellent sport, dont le prinicipe ressemble à celui de la pétanque ou du palet... le pire c'est qu'il y aura pas match parce que les juges n'arrivent pas ! Àprès je bosse, on va au cours de pensée sociale de l'Eglise avec Elisa, c'est chouette ça parle de Descartes et de Kant, et je veux bosser mais on tombe sur Malu à un concert qu'il y a dans la fac, on reste un peu, et elle vient chez nous pour que je lui grave Amélie Poulain, mais elle reste un bon moment, on est tous dans ma chambre à causer, elle est vraiment rigolote et Aldo aussi, mais au bout d'un moment je suis plus grand chose.

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04 septembre 2006

Une semaine à Cali...

Coucou tout le monde ! J'espère que vous allez tous bien, moi oui ! Vos mails me font très très plaisir merci beaucoup je vous fais plein de bisoux et je vous serre fort dans mes bras (oui ça se passe comme ça en Colombie les gens sont affectueux moi je passe pour le mec froid de base mais bon je m'entraîne, après la sieste colombienne (je m'améliore !), les embrassades colombiennes). Bon et puis les autres si vous voulez des bisoux ben vous avez qu'à m'envoyer des mails ! Je sais maintenant que tout ce que je raconte ne plait pas seulement à ma maman, vous m'en voyez ravi !

Dimanche soir (20 août) les autres ils m'ont fait halluciner ils m'ont dit : bon demain manu on se lève tous à 8h et on va bosser dans le nouvel appart pour pas être distraits (on a l'appart mais on reste dans la résidence pour l'instant). Moi vous me connaissez j'ai dit d'accord ! Mais le lendemain ça a pas marché du tout, je me suis levé à 11h et j'étais pas le dernier... Dans la première chose qu'on fait c'est déjeuner, dans un resto parce que c'est férié donc pas de bouffe à la résidence. Y avait des haricots rouges je l'ai pas dit pour pas vexer les mexicaines mais ils sont pas bons les haricots rouges. Bon après quand même on bosse. Une heure. Affalés tous les 4 sur deux matelas. Tellement affalés que je décide de travailler mon acculturation, je dors un peu. Les filles s'en vont à la communion de la fille de Gladys, qui bosse à la résidence. Après j'essaie de bosser mais je suis pas réveillé (je travaille aussi la phase de réveil qui suit la sieste, mais c'est pas aussi facile) alors je glandouille. Et puis je bosse un peu, je finis un travail et comme récompense j'ai le droit a une sucette quand les filles reviennent. J'ai faim mais les filles elles ont été gavées malgré elles à la communion. Alors avec Aldo on va manger du poulet enrobé de je sais pas quoi, c'est bon. Je fais ma valise super vite et avec Elisa on file dans le nouvel appart, on dort là cette nuit parce que l'appart est vraiment tout près de la fac de communication, où on doit être à 6h30 le lendemain matin. Avec Elisa on parle beaucoup beaucoup avant de dormir.

Parce que vous savez quoi on part à Cali une semaine ! Cali c'est une autre grande ville de Colombie, beaucoup plus à l'ouest, à une dizaine d'heure en bus. Il y fait chaud, c'est la ville mondiale (d'après les Colombiens, en tout cas au moins nationale) de la salsa et plus largement de la rumba, et une des villes colombiennes où les filles sont les plus belles (je sais maman c'est pas un détail intéressant mais les Colombiens me l'ont tellement rabbaché que je me dois de le dire). Bref une semaine de tourisme au soleil ! J'y vais parce que avec Elisa j'avais croisé un de ses profs qui m'avait invité au bout de 10 minutes. Je pays 30 € pour l'hotel de la semaine, la fac paye le bus... (quoi je renie mes idéaux non je fais mon bourge mais ce sont des jésuites qui payent !). Le prof il est jeune farfelu et super sympa. Et super « cariñoso » (affectif voire « calin »). En France je crois qu'il passerait pas pour un hétérosexuel. Bref je vais une semaine a Cali, pour un congrès qui ne me regarde pas, donc surtout pour faire du tourisme et faire la fête. J'ai passé une semaine formidable, j'vous raconte pas ! Bon allez si j'vous raconte.

Alors le lundi j'arrive à me lever, et à 6h30 on est à la fac. À 7h30 on est parti. On est une bonne quinzaine dans un pitit bus, je connais déjà Elisa évidemment, et puis Sandra et Boris.

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Et puis Miguel le prof et Santiago, je sais pas trop s'il est étudiant ou quoi. Alors le voyage a duré 12 heures mais c'est passé super super vite parce que c'était super bien ! Maman tu peux éventuellement passer à la journée du mardi, parce que les Colombiens ils ont abusé de mon innocence ils m'ont fait boire de l'alcool. Non mais c'est vrai à 9h ceux du fond ils m'appellent et faut que je les rejoigne et que je parle et que je boive du whisky ! Bon heureusement, ils sont gentils et les paysages sont jolis alors ça va.

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J'aurais rien contre retourner avec Elisa, Boris et Sandra mais ils m'obligent à rester avec eux (nouveau jouet ou animal de zoo, à vous de juger !) un bon moment. Un peu plus tard on s'arrête et on se prend en photo devant une grosse vache qui rit. Apparemment c'est une chaîne de resto ici.

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Après on repart, je me mets devant mais pas longtemps parce que les autres ils m'ont acheté du whisky ! (maman je te jure quand je leur ai donné de l'argent j'avais pas compris que c'était pour ça). Bon et vous connaissez l'engrenage le premier verre passé, les autres ne peuvent pas te déplaire... donc on dicute on discute, et puis je vais devant et je dors. Et alors là y l'alcool qui monte qui monte qui monte ! Enfin je m'en rends pas compte. Mais si ça monte pas mal. Heureusement qu'on part avec un prof super cool (quand même allez pas croire qu'en Colombie on peut toujours boire et fumer dans un bus), parce que les moments qui suivent, je m'en rappelle plus : c'est Elisa qui m'a raconté (t'inquiètes Maman Elisa s'est engagée à toujours veiller sur moi et tu vas voir elle le fait). Apparemment on s'est arrêté dans un endroit pour manger, tout le monde est descendu sauf moi, ils auraient essayé de me réveiller. Mais ça leur plaît pas donc tout le monde repart. Une heure après, tout le monde resdescend, Elisa me réveille... woufffff.... je me sens très, mais alors très fatigué. Je prends bien mon temps, quand je descends, ils sont déjà tous attablés mais moi je reste dehors et je m'assois. Et puis je marche et là je me rappelle : il faisait un soleil de plomb, on était arrêté comme dans une grande aire genre parking en terre battue et resto pittoresque, sur le bord de l' « autoroute », en fait en plein milieu de la montagne avec une végétation dense tout autour. Brefs bien paumés au fin fond de la Colombie. C'était beau. J'erre un peu, Elisa me racontera que quand je m'approche de la route elle trouve ça dangereux (ouais elle me surveillait par la fenêtre comme si j'étais un gamin...), alors le prof me rejoint et se fout de ma gueule, genre je suis bourré, alors que j'ai juste besoin de me réveiller un peu (sur le moment j'en étais persuadé !)... J'essaie vainement de lui tenir le crachoir. Ridicule. Bon après on mange, je sais plus quoi, mais ça s'est pas trop mal passé. Dans le bus je redors, je fume une clope et ça va beaucoup mieux. Je passe la fin du voyage a causer avec Sammy (beaucoup plus facile à dire que Sandrrrra). Et puis enfin on arrive vers 8h à l'hotel, on choisit nos chambres (enfin tout est relatif c'est 2 chambres pour 15). Avec Samy, Boris, Malu (dites Malou, pour Maria-Lucia) et son copain on va bouffer au Creps (une chaine colombienne qui fait des crèpes dignes des crèpes bretonnes ! D'ailleurs ils en proposent). Après y en a qui restent en bas faire un peu la fête, mais nous on est fatigués on va se coucher.

Le mercredi faut se lever tôt pour aller à un congrès sur la communication. Moi ça me regarde pas je suis censé faire le touriste mais j'écoute presque plus qu'Elisa et Sandra parce qu'elle sont passionnées par une énigme supra chiante que je leur ai posée (comment faire 4 triangles équilatéraux avec 6 allumettes, je leur dirai la réponse dans l'après-midi). Ça parle de la ville et de la communication, aujourd'hui c'est plutôt orienté art, alors on voit des beaux dessins de rue et même un mec qui défend le genre gore avec des dessins dégoûtants qu'il expose illégalement dans la rue pour cause de liberté d'expression. On mange dans un resto en face de la fac, ouvert, il fait super chaud. On mange tous la spécialité locale, une « bandeja paisa ». c'est bon ! Après encore congrès, et après ils nous emmènent dans un énorme centre commercial, c'est carrément une petite ville le truc. Ça me plaît que moyennement... je mange une salade européenne elle a rien de français... et en plus, avant de repartir dans le bus, on était quelques uns à attendre, alors Malu, Elisa et Sammy elle chantait c'était super beau, l'ambiance était survoltée et je sais pas comment c'est venu mais ils voulaient me faire crier « Ouèpppaaaa » avec plein d'énergie et d'enthousiasme, ce que je fais... et après quand tout le monde est dans le bus y a un gars (très sympa par ailleurs) qui annonce que le Français a quelques mots à nous dire, etc. et me laisse la parole alors j'ai rien d'autre à faire que ce qu'ils m'avaient demandé, et je crie « Ouèpppaaa.... ». Bah j'étais ridicule mais c'était drôle quand même. Le soir on reste sur la terasse, à boire et causer. Le prof est avec nous et c'est pas le dernier à picoler. Au bout d'un moment j'essaie de convaincre Elisa que je suis pas bourré, mais bon dix minutes après ils arrivent à me faire essayer d'apprendre à danser... j'y arrive pas du tout, je suis ridicule mais je m'en fous : c'est un signe qui ne trompe pas !

Le jeudi, on va au congrès et y a un exposé sur « Colombia es pasion » (Colombie est passion). D'après ce que j'ai compris c'est un office gouvernemental qui se vante d'avoir pour objectif non seulement de promouvoir l'image de la Colombie mais aussi de lui créer une nouvelle image. Avec un slogan aussi vide de sens que « Avec Carrefour je positive », mais bon apparemment les Colombiens accrochent bien ça leur plaît... et après c'est Chavez le populiste ! Ils sont patriotes les Colombiens, mais surtout pour eux, en tout cas pour la population que je côtoie, y a pas photo le progrès c'est le libéralisme, le dynamisme au travail, la compétition, le style, la mode, l'esthétique et tout ça. Ça se voit vachement dans ce congrès. Après ça parlait du Traité de Libre Commerce, mais alors là je peux pas vous dire, j'ai dormi. Après c'est Juan Valdez, une marque de café promue par comme une association de professionnels du café, et alors là aussi ils peuvent se la peter, avec un logo représentant un vieux cafetier et son âne, ils ont compris tout le raffinement de la publicité. Avant la fin on part se promener dans la fac, elle est super jolie y a des palmiers et des coins de nature super jolis, un petit lac... le grand luxe.

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Puis le bus nous emmène manger dans un resto construit comme une grande hutte, c'est pittoresque et joli ! Et on va faire du tourisme dans un village, Jamundi, où la spécialité est le « chola'o », c'est avec de la glaces et des fruits et c'est super bon. Quand on est arrivé les villageois qui vendaient ça, il se mettent devant le bus tout souriants, puis ils montent dans le bus et ils bablattent et t'invitent très chaleureusement à descendre goûter leur chola'o. En revenant en bus à la fac, super impressionnant : tout le monde est profondément endormi par la chaleur, le réveil est passablement difficile... À la fac au congrès, pour la première fois y a tellement de monde qu'on est debout, il doit y avoir au moins 2000 personnes. C'est parce qu'ils parlaient de Los Reyes. Et alors là, je crois que ça mérite un petit paragraphe d'explication :

Un beau jour, dans toutes les villes de Colombie, on voit apparaître quelques espèces d'affiches qui disent, selon l'endroit : « ce magasin est désormais la propriété de Los Reyes » ; « ce restaurant a été racheté par Los Reyes » ; « Le stade de Bogota a été racheté par Los Reyes » ; « ce centre commercial a été financé par Los Reyes » ; « Ce concert vous est payé par Los Reyes » ; dans les bus, où il est fréquent que des pauvres chantent pour gagner leur vie, des gens chantent et après ils disent : « nous ne vous demandons rien, ces instants vous sont offerts par Los Reyes » ; tout ça pendant plusieurs mois, et de plus en plus, pour finir Los Reyes sont vraiment partout, et on voit même des manifestations avec des gens qui manifestent pour que leur rue soit rachetée par Los Reyes. Les Colombiens sont intrigués, ils savent pas qui c'est Los Reyes, mais dans l'ensemble apparemment ils trouvent ça amusant. Los Reyes sont des inconnus richissimes et généreux. Et puis ensuite on voit de temps en temps dans Bogota une limousine qui passe, la limousine de Los Reyes. Comme quoi ils existent vraiment et ils sont vraiment riches. Et puis à la télé, il y a des interruptions de programme, parce qu'il y a une cruche, toujours à la même heure, qui explique au pays qu'elle est désolée, mais que son bébé chéri et malheureuement éloigné d'elle, aime bien qu'on lui raconte une histoire pour s'endormir. Ou bien une autre cruche qui passe comme une annonce à la Elie Semoun, sans parler, un écrit défile, qui dit qu'elle en a marre d'être la proie de tous les mecs parce que c'est la belle soeur du papa de Los Reyes, et que si quelqu'un veut bien l'aimer pour autre chose que pour ça... et puis enfin ils annoncent que tel jour Los Reyes vont passer à la télé pour s'adresser à la nation. Et alors là la chaine de télé (RCN, qui avait changer son logo depuis plusieurs semaines en « ReyesCN ») bat tous les records d'audience de l'histoire de la télé colombienne, et de très loin. Et finalement c'est quoi Los Reyes ? Une série télé du niveau de Plus belle la vie, qui met en scène une famille pauvre qui a hérité d'une firtune, et qui a donc tout le loisir de développer son bas-goût. Et apparemment les Colombiens ils ont trouvé ça chouette, et même la conférence que j'ai vue au congrès n'avait pas l'air d'être une critique de la chose. Je hais cette globalisation.

Bon après ils ont passé pleins de beaux exemples de pubs, c'était agréable à regarder... on rentre à l'hotel, puis on va manger au Crep's, c'est vraiment super bon. Et avec Boris Elisa et Sammy on va acheter des fruits dans une grande surface, et le temps de la trouver ça nous a fait une promenade très agréable. Quand on rentre, les autres sont déjà sortis mais de toutes façons on voulait bosser. On y arrivera pas trop, on glande surtout et j'aide Sandra et Boris en français. Et puis ils racontent des blagues et j'en comprends quelques unes !

Le vendredi c'est notre dernier jour, on va un peu en congrès le matin, mais bon vite fait, après on va faire un peu de tourisme dans Cali. Le bus nous emmène en haut d'une colline (bon en espagnol ça correspond à quelque chose de beaucoup plus important, entre la montagne et la colline) et y a une pitite église toute mignonne. Enfin pour que la photo soit encore plus jolie je vous ai mis Sammy avec.

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Et on a une super vue sur Cali !

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Après on va acheter des produits artisanaux-souvenirs (le même mot dit les deux choses), dans des p'tits bouibouis, c'est sympa mais j'achète rien. Alors après on va manger et j'vous raconte pas ! Bon allez si j'vous raconte : déjà c'était un super joli resto genre une grande hutte avec un toit en feuilles de palmiers et pas de murs, et alors ils proposaient du « filet mignon » ! donc pour la ennième fois j'ai tenté de bouffer français, mais pour la première fois ça a marché ! C'était succulent. Bon parcontre je suis un peu passé pour un barbare à manger de la viande saignante... dans le bus on dort, et puis on retourne à la fac pour la clôture : c'est un concert tout à fait dans le style Sup de Co déjà décrit précédemment, mais bon c'est pas moche non plus. Et on retourne à l'hôtel. On mange dans un resto rapide qui s'appelle Mario Bross (maman c'est pas un personnage folklorique c'est un personnage de jeu vidéo super connu), c'est un chaîne de resto de Cali. Et pour le dernier soir on a été faire la fête dignement, c'est-à-dire dans un endroit où ils passent de la musique très forte, mais de la salsa ! (bon et un peu de reggae-tone aussi, je sais même pas si ça se dit en France, mais ça regroupe tous les styles de techno pop house pourris que seules les filles de 14 ans achètent, mais qui passent en boîte). C'était vachement bien, Malu a essayé de m'apprendre à danser, il paraît que j'avais le rythme mais pas le swing, mais qu'il faut pas que je m'inquiète parce que c'était juste la première leçon. Moi je m'inquiète quand même parce qu'elle a aussi dit que j'étais un tronc. En bref, ce fût une très chouette soirée. En revenant à l'hôtel, Santiago il fait le salaud il réveille Boris qui était rentré plus tôt, et il lui dit « Boris Boris réveille toi on est tous dans le bus on t'attend pour partir ! ».

alors Samedi c'est le retour, avec beaucoup moins d'ambiance qu'à l'aller, je dors beaucoup, je regarde le paysage... on met que 10h, y a moins de traffic. Sur tout le trajet, j'ai vu 2 militaires sur le bord de la route, à 2 minutes d'intervalle. On n'est pas passés par des régions dangereuses. Des fois pendant des kilomètres, y a des cables qui longent l'autoroute, genre électrique, mais ils sont posés à l'arrache, attaché à un mètre de haut à des plantes sur le flanc rocheux de la montagne. Je sais pas si c'est ça le réseau électrique inter-urbain... Sinon la route c'est vraiment de la folie, 10 heures de montagne non-stop, et alors c'est pas le Massif Central ! Ils ont fait un énorme travail en construisant une « autoroute » là-dedans. Faut pas comparer avec l'autoroute de la vallée de la Maurienne : en Colombie, ils ont pas le choix, faut passer les cols ! Du coup, ils appellent ça autoroute, mais on va rarement à plus de 80, et on dépasse pas 40 pendant des bonnes demi-heures. Des fois avec les virages, qui ne dérangent que moyennement le chauffeur, on peut pas dormir, mais c'est pas grave parce que c'est super beau. On arrive vers 19 heures je crois, et Malu est motivée pour faire quelque chose le soir. Sammy pas, mais elle vient avec nous à la résidence pour appeler un taxi (quand on est tous seul en taxi, le mieux c'est de téléphoner plutôt que de héler dans la rue. Ceux que tu appelles, ils te donnent un code par téléphone et tu le donne au chauffeur du taxi). Je les laisse quelques minutes pour aller voir Togtoh quand même ça fait une semaine... on pose ses affaires chez Malu, on découvre que Mariela a très très peur des chiens c'est rigolo ;-) ! Malu est colombienne alors elle connaît, elle nous emmène quelque part. D'abord manger des « empanadas » (pas les mêmes que les argentines qu'on avait mangées à Toulouse Pauline, et d'ailleurs pas aussi bonnes) Sur une place on tombe sur un concert, et on s'y arrête jusqu'à la fin, parce que c'est vraiment chouette. Ça a rien de folklorique mais c'est très talentueux, la chanteuse chante super bien, les bassistes pourraient se faire chier tellement ça leur est facile. Ils reprennent « I love Rock&Roll », ils en font un medley avec « We will rock you », et d'autres classiques dans le genre, et quelques compositions. Puis on va dans un bar super sympa avec des canap's et tout, calme donc j'entends et je comprends, au moins en début de soirée. Malu est très marrante et bien intéressante. Elle parle de Cali, que la mentalité et très différente et c'est pas flatteur pour eux, et moi du peu que j'ai vu je suis d'accord avec elle. Tout est basé sur l'apparence c'est impressionnant. La moitié des poitrines sont refaites (bon dans la fac, parce que dans les quartiers pauvres ils ont pas les moyens), alors certes les filles de Cali sont super mais alors super belles, mais quand même ça m'a énervé. Dans la fac, y a pleins de revue pour faire genre y a un bouillon de culture, mais c'est trop nul ce qu'ils font, parce exemple en communication, l'esthétique de leur revue est bien soignée, les photos sont super jolies (ça s'apparente presque à de la prostitution de la part des étudiantes), mais alors les textes sont mal écrit, genre dans le même registre que ce que j'écrit moi ici. Et les thèmes volent pas très haut, j'ai aperçu « les dix commandements du parfait infidèle », avec un chapeau qui explique que bien sûr il ne s'agit pas de vanter ou de défendre l'infidélité, mais que dans tous les cas mieux vaut être préparé... le premier commandement, c'est qu'il faut absolument que ta copine soit pas au courant du truc, mais ton amante si. Bref Malu elle parle bien. Après le volume monte, donc je décroche. De toute façon je suis putain de putain de fatigué (maman excuse moi, c'est que dès que j'essaie de dire un gros mot en espagnol ils partent dans un fou rire pas possible parce qu'avec mon accent ça passe pas). Tellement fatigué qu'en rentrant j'ai beau avoir envie, je peux pas lire les mails que j'ai reçu cette semaine.

Ainsi s'achève ma semaine à Cali...

Notre premier repas à l'appart !

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Posté par manuchiron à 08:49 - .Bon allez j'vous raconte... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 août 2006

Coucou tout le monde ! J'espère que vous allez bien, moi oui ! Encore une fois j'ai 10 jours à raconter, je sais pas trop comment ça va se passer, j'espère qu'il y aura pas trop de détails inintéressants... Enfin il en faut aussi sinon vous allez croire que ma vie est paradisiaque... et puis je veux conserver mes souvenirs (quoi je suis gateux ? Non pas encore ! Mais j'espère bien l'être un jour...).

Jeudi matin, j'étais trop content j'avais étique et politique à 7h du mat' ! Alors je me lève et tout, dans la bonne humeur (en réalité, dans le même brouillard qu'en France), j'y vais, j'attends avec les autres, et à 7h30 on s'en va (ici, en gros, la demi-heure mesure la limite tolérable pour le retard d'un prof, le quart d'heure celui de l'élève...). Bon je reste optimiste je me dis chouette j'ai plus de temps pour faire le travail à rendre pour l'après-midi. Et ben heureusement, parce que sans manger (rendez-vous compte : 5 heures de travail non stop !), j'ai tout juste le temps de le faire. Aldo (le chilien) est gentil il me corrige bien consciencieusement. Après je tchatte un peu, mais surtout : je fais la sieste ! C'était trop bien j'vous raconte pas (ben non je me rappelle jamais mes rêves) ! Je commence à devenir colombien ! Le soir je me renseigne pour savoir où je fais mon blog, je commence même sur over-blog mais y a un truc qui m'a fait changer d'avis je sais plus quoi.

Vendredi 11 août, ma maman a la bonté de me réveiller en m'appelant, ça tombe bien, j'avais pas réussi à le faire tout seul, et j'avais pas demandé non plus à Elisa de me réveiller. Comme ça je suis pas (trop) en retard pour aller au DAS payer l'amende. J'y vais en bus et le bus c'est chouette : ils sont tout biscornus, avec l'état de la route et la conduite des colombiens, ça fait un peu montagnes russes, ils sont colorés, et puis surtout le top ce matin c'est la radio avec de la musique latino-américaine, j'arrive même à comprendre qu'à chaque chanson le chanteur il parle de toi mon amour que je pourrai jamais me défaire de toi de toute la vie s'il-te-plait aime-moi... Donc tout ça me réveille, je me dis mais manu rends-toi compte, t'es en Amérique latine ! Au DAS je commence à être habitué, une heure d'attente finalement c'est pas grand chose... et puis l'amende me met pas de mauvaise humeur je suis déjà résigné. Et puis j'ai beau avoir la haine contre le système monétaire (ouais je suis un rebelle), c'est quand même bien agréable de payer une amende d'un demi SMIC en payant 60 euros... je rentre à midi c'est vachement bien quand tu rentres du DAS. Dans le bus, pas de radio, mais encore mieux (enfin plus pittoresque, pas forcément plus souhaitable), y a deux jeunes (les premières personnes bien sapées que je vois travailler dans la rue), un qui chante et un qui joue de la harpe, et c'est bien chouette. Après manger on visite un apart (avec le chilien et les deux mexicaines, on va vivre ensemble), il est grand, il a l'air super bien. Enfin quand on va voir une pote à Elisa employée à la fac de com', elle nous dit que c'est cher (c'est 2 smics colombiens, 270 euros, pour 4 !). Bon et puis y a pas de vue sur l'extérieur. Cette pote Catalina elle nous parle aussi de la Colombie (on veut économiser pour pouvoir voyager) et ça a l'air bien chouette ! Après je bosse un peu, et puis Togtoh arrive et alors cette fois-ci, il est franchement déprimé. Vous me direz ça fait 5 mois qu'il est en galère, ça peut se comprendre. Mais malgré tout encore une fois, on cause bien. Je rejoins les autres chez Aldo, il me font un speach genre mon papa et ma maman sur le thème « fais attention c'est très gentil ce que tu fais mais Togtoh il est sûrement méchant » (je caricature pour ne pas m'étaler...), mais bon très gentiment ça m'a fait plaisir. Et puis ensuite on a passé une bonne soirée, on a bien causé et après j'ai fait un cours de français aux mexicaines (elles ont quelques notions) : après une bonne heure de travail, j'ai réussi à leur faire chanter (je le mets en détail je pense que ça peut faire rigoler au moins Maud) : « Je viens d'avoir cinq ans.../ Aujourd'hui je suis grand.../ Mais, j'me pose des questions/ Depuis la récréation.../ Les grands ils discutaient... » Bon je la fais pas en entier, ceux qui la connaissent la connaissent, et les autres pas (oui j'eus étudié la logique étant jeune). Bref c'était assez rigolo... Et en fin de soirée j'avais même assez de lucidité pour continuer un peu le blog.

Samedi 12, je me lève tôt et avec Togtoh on va acheter des chaussures : avec ses claquettes il pouvait pas fuir les méchants dans la rue (une des raisons de sa pitite déprime). On a d'abord été dans une grande surface pas loin, plein de trucs, pleins de fringues, mais pas l'ombre d'une chaussure alors je me suis dit c'est l'occasion manu tu fais pas ta tapette on prend un bus et on va visiter le centre ! Dans le bus c'était marrant, je peux pas me rappeler tout ce qu'on raconte mais je me rappelle c'était marrant. Et alors le must, c'était dans les magasins avec un mongol : il demande si ils ont pas des modèles genre avec des pointes plus larges, et alors le jeune homme un peu désorienté il essaie de sortir son truc appris à l'école, et alors Togtoh avec un grand sourire et dans un espagnol très approximatif : « Toi pas regarder ton commerce, toi regarder mon confort ! Bon allez nous partir ! » et à l'endroit où on a finalement acheté, les vendeuses ont tenu 30 secondes mais après elles ont fait que de se marrer. C'était chouette. On rentre, et avec Mariela on file faire du tourisme : on va prendre des photos à la Plaza Bolivar, et visiter la Candelaria tout près. On tombe sur une bouquinerie de livres anciens, on stotche pas mal de temps et puis j'achète un pavé que je lirai sans doute jamais, mais au moins dans le cas peu probable où j'arrive pas à dormir, bah je pourrai. On marche beaucoup beaucoup pour trouver un resto sympa, au bout d'une heure on se rappelle qu'on a un guide, alors on en trouve un mais il est fermé, donc on mange dans un resto rapide. C'est du colombien, mais standardisé (je veux dire c'est pas du kebab, c soupe-poulet-platano !). Ensuite on va visiter un autre apart que les autres avaient déjà vu, il est plus petit mais moins cher, et avec une belle vue. C'est donc celui-là qu'on préfère. À 16h, je me dis que quand même faut que je me bouge et que je m'adapte à la culture colombienne : je fais ma deuxième sieste depuis mon arrivée. Quand je me réveille Elisa est énervée, ça s'est pas bien passé avec Togtoh : toujours déprimé, il lui demande de l'argent, et alors y a un truc dans leurs manières respectives qui fait que ça passe pas trop, Elisa a un peu peur de lui... (Togtoh insiste, il veut absolument parler aux gens avec une distance de 10cm !) Aldo a pour ordre de m'accompagner quand je vais lui parler ! Après manger on cherche un bar, mais faute de mieux, on se contente de la chambre d'Aldo. Bon on est encore restés entre étrangers qu'ont pas envie de découvrir le pays, mais ce fut une bonne soirée. Soirée Tequila (mexicaine, via Mariela) et déconnade. J'arrive à raconter une blague ! Vous me direz c'est facile, non mais ce que je veux dire c'est qu'ils ont compris ! Bon allez j'vous la raconte : C'est un neurone qui arrive dans le cerveau d'un mec, et alors merde, y a personne ! Il appelle : « Ohe, y a quelqu'un ? » Mais seulement l'écho de sa voix. Alors il s'assoie et pleurniche (oui il paraît que quand un neurone de mec est tout seul il se permet ce genre de chose). Et puis au bout d'un moment, y a un autre neurone qu'arrive, tout essouflé : « Bah qu'est-ce que tu fous là, on est tous en bas ! » (fin de la blague, ne vous forcez pas, je ne vous vois pas) Et ben même pas besoin de leur dire que c'était fini, ils ont vachement rigolé ! Plus tard avec Elisa on reparle de Togtoh, et on tombe d'accord : c'est juste un gros quiproquo. Et puis d'autres choses, on apprend à se connaître et ça marche plutôt bien.

Dimanche 13 (c'est l'anniversaire à mon papa !), je fais le mec sérieux, je me lève et je vais petit déjeuner avec un truc à lire. Je lis pas trop (deux choses à la fois le matin en plus...), et puis je me retrouve avec un plat de boeuf, parce que y a plus de tamal (ça y est je sais comment s'appelle cette bouillie avec du riz de l'oeuf et du poulet, dans des grandes feuilles vertes) qui réclame toute mon attention. Je suis en retard, je rejoins les autres au rendez-vous pour l'appart le plus grand, les proprios sont super sympas et pas trop exigeants niveau paperasse. On prend note. Et puis j'accompagne les filles manger, c'était chouette ambiance dimanche décontracté dans un endroit sympa avec une gentille serveuse (elle garde mon avion en papier, alors qu'il volait même pas !). On cause pas mal, on se demande si on se reverra, qui visite qui en premier ces prochaines années... J'appelle mon papa, c'est son anniversaire... Je bosse, et puis Togtoh vient, on cause une bonne demi-heure, il a plus que jamais envie de rentrer dans son pays. Moi je lui dis qu'il faut absolument qu'il écrive il a plein d'expériences (comme ça il sait quoi faire à part boire du lait de chamelle). Je rebosse, et je continue un peu le blog quand je suis trop fatigué (bon il se peut que la fatigue soit psychologique...). Une dure semaine s'annonce c'est fou le retard que j'ai.

Et pour pas faire les choses à moitié, le lunid je veux me lever à 7h mais finalement non, rien le temps de faire avant d'être en cours à 9h. Anthropoligie culturelle, le prof est vraiment pas très productif mais il est gentil, et puis il nous montre une video qui explique les origines de l'humanité, à savoir exactement le contenu du texte en anglais que j'avais lu pour une autre matière. Et puis avec les lectures on apprend des choses (enfin je vais apprendre des choses, quand j'aurai lu). On a rendez-vous pour le petit appart, et alors là la fille elle est conne conne conne (ou coconne pour ceux qui préfèrent), pas moyen, on est nombreux, étudiants, étrangers... Après manger, on va retirer des sous et dans la rue on tombe sur un vieux qui vendait des espèces d'affichettes avec des vieilles photos de Bogota, joli, mais alors le vieux il faisait vraiment de la peine. Trop de mal à rendre la monnaie. Vraiment vieux quoi. Mais toujours au boulot ! La-dessus Elisa elle dit qu'il pourrait se faire voler super facilement, moi je me dis quand même y a un truc qu'est clair quand dans un pays où un tiers de la population active travaille seul dans la rue, c'est que les pauvres s'attaquent pas aux pauvres... Après je bosse, je dors un peu (j'vous jure y a des fois je veux lire mais faut que j'dorme). Je rebosse, Je vois Togtoh, je comprends enfin que maintenant il peut dormir dans le bar en face les jours où ils ouvrent (le bar du mec qui m'a accompagné acheter l'adaptateur pour les prises). Je rebosse, et en revenant de m'acheter un truc à bouffer, je m'arrête causer avec Togtoh et d'autres : un gars qu'à fait la route en Amérique Latine et qui est à même de comprendre la situation de Togtoh, une fille sympa, physiothérapeuthe.

Mardi, je me lève qu'à 7h30, donc pas le temps de finir les lectures pour approches politiques et du coup j'y vais pas et je bosse. J'aurai pas le temps non plus de lire la moitié d'un texte pour pensée sociale de l'Eglise, bien intéressant ma foi (arf arf arf), mais le quizz a pas lieu, y en a qui se sont plantés de texte... Et le cours est intéressant, on a un jésuite qui nous explique que la culpabilisation de Pablo Escobar par les Américains s'inscrit dans une tradition occidentale qui remonte aux grecs, et qui consiste à ne même pas avoir l'idée de renoncer à la violence, et à trouver un faux bouc émissaire (tout ça inconsciemment bien sûr, Bush est pas méchant non plus...) : le mythe d'Iphigenie. Après je rebosse et puis je finis le blog, si bien que le lendemain il est à disposition.

Bon mercredi, c'est pire que tout c'est même pas trois lignes, je bosse (et je fais des pauses). Aristote, j'ai du l'imprimer en francais aussi, et en politique, j'ai quand même lu les deux textes. Plus qu'à écrire.

Jeudi, je sèche éthique et politique à 7h (mon réveil a pas sonné, en tout cas je me rappelle pas l'avoir éteint). Je tente de finir un travail pour approches politique, je finis presque, j'imprime tel quel, mais je serai autorisé à l'envoyer fini par mail. Donc après je me relaxe, je tchate, je lis le mail de Pauline... Et puis depuis le temps que je lui en parle, je paye une bière à Togtoh (admirez un peu la stratégie : avec cette BA, je prends une bière et je fais une pause !). Et donc quand j'y vais, c'est cool, je cause pas mal avec un deuxième patron du bar, Diego, plus vieux, qui connaît bien Togtoh (il l'héberge...), qu'a fait la route : il est arrivé il y a un mois de faire toute l'Amérique latine en trois mois, et qui me donnera plein d'infos dès que j'aurai acheté une carte de l'Amérique latine. Et puis avec un autre gars, un jeune, économiste, j'apprendrai plus tard que c'est le troisième et dernier patron du bar, le seul qui n'héberge pas encore Togtoh quand c'est son tour de tenir le bar, vu qu'ils en ont pas encore parlé. Et alors avec ces deux patrons, on cause pas mal de politique colombienne, je fais l'européen pro-farc et pro Esobar et ils démontent mes préjugés et c'est cool. C'est vraiment compliqué la Colombie. À la fin ils ont admis, qu'éventuellement une solution serait la légalisation, mais que c'est pas possible, parce qu'il y a deux forces plus importantes que le peuple : la corruption et la capacité à corrompre des narcos, et les ricains (sur 100 euros de trafic, 70 circulent aux usa, donc on peut considérer qu'ils ont quelques investissement en Colombie). Ensuite (avec deux bières dans le sang, woouff... il est plus habitué le manu), j'accompagne Mariela à acheter un livre, et on s'arrête manger une (enfin moi 2) part de gâteau... (ah bah oui je vous ai pas dit, on a trouvé un petit bouiboui où ils vendent des parts de gateaux pas industriels, j'vous raconte pas ! Le tiramisu est moins bon que celui à ma maman, mais le reste... oui j'ai déjà presque tout goûté).

Le vendredi je fais la grasse sans le vouloir, je suis à la bourre ma maman voulais des papiers pour m'inscrire a l'école et tout... mais bon elle a l'air de passer un bon week end, alors elle est pas énervée (de toute façon elle s'énerve jamais ma maman). C'est pô une grande journée, je bosse mais alors pas productif... tu sais Flavien la flemme, la pure... elle m'a pris d'un coup, rien à faire. Pour égayer un peu tout ça, je vais payer une bière à Togtoh, alors il est content lui aussi, et puis très vite y a Alej(andr)o, le premier patron du bar, qui nous rejoint pour prendre une bière c'est cool, on discute pas mal même si c'est pas facile (le bar c'est genre heavy-metal... mais c'est pas leurs goûts, juste pour le commerce...), et puis ça s'agglutine, y a sa copine, une copine, un copain, un frère, et alors ça cause ça cause, et puis ça se marre, au bout de deux bières je vais dire aux autres (mexicaines et chilien) quand même, que je suis là, et au bout de trois faut que je les rejoigne, on a dit qu'on faisait un truc ce soir. Mais ils se sont démotivés, et j'arrive à convaincre Elisa d'aller chez un des proprios du bar écouter de la musique plus douce. L'appart est aussi propre qu'en France, style moderne et blanc. C'est trop bien, on va pas loin, mais on fait connaissance avec des colombiens et c'est chouette. Spuer soirée ! Le mec chez qui on est il est économiste (et proprio du bar), il nous explique après quelques verres de whisky, et à fond dedans le gars, ce que raconte son bouquin de Cicéron, sa copine Andrea, avocate, chante mais alors super bien, en même temps qu'elle joue de la guitare avec Alejo, et que la copine d'Alejo chante aussi. Et alors là on a eu le droit a quelques chansons latino et ce fut grandiose. Surtout Andrea qui chante deux mètres devant toi, à fond dedans, non vraiment, moi qui suis toujours en train de tirer sur ma clope quand je bois, et ben la elle se consumait toute seule. Et tout pendant ce temps-là, y a Togtoh qui place mes jambes et qui vérifie que mes muscles sont bien détendus... Et après Togtoh chante une chanson mongole, ils sont tous à l'enregistrer avec leur portable ! Ah et puis Elisa (la mexicaine) elle aussi elle a chanté et elle chante super bien ! Cette fois-ci l'alcool ne m'a pas aidé, mon chant les a déçu ! Pas que je chante mal (quoi je chante mal ?!) mais je connais rien... Et puis Togtoh aussi il nous fait boire des tonnes d'eau sucrée pour pas qu'on soit bourrés et malades le lendemain. À 1h30 on est rentré, moi je tenais plus (la c'est pour de vrai maman c'était bien plus la fatigue que l'alcool). Mais alors même en rentrant tôt, soirée excellente.

Le samedi midi, on mange... Et après la mission c'est acheter des matelas. Y a une copine à Elisa qui nous accompagne, en fait on va loin dans Bogota, juste dans sa rue où ils vendent plein de matelas. On y va en bus ça dure longtemps, et je me rends compte que tous les quartiers de Bogota sont pas aussi beaux que le soit disant quartier sale où on habite. C'était pas les quartiers pauvres du sud, mais la périphérie toute énorme et bétonné avec des passerelles toutes moches de 100m de long pour traverser les grandes avenues... ça coûte 12 euros le matelas (soit, plus ou moins, 10 fois moins qu'en France, alors qu'en moyenne tout coûte 2 à 3 fois moins cher... et après ils disent que le socialisme ça fausse la vérité des prix... bon j'arrête). Enfin avant de les acheter on va dans une grande surface (ah oui d'ailleurs j'ai vu un Carrefour sur la route ! Arf arf arf) pour acheter tout plein de trucs pour remplir un apart vide de trucs utiles. C'était rigolo, et puis la copine à Elisa est sympa et rigolote on s'est super bien entendus. On a acheté les matelas à 2 mètres de chez elle, donc elle nous a payé un coup. Puis avec deux taxis, on arrive à tout emmener dans le nouvel appart. Eux ils font le ménage, mais moi j'avais dis à Togtoh que je repassais (le voir, pas le linge), alors je leur ai posé la question qui tue (Togtoh peut-il venir me voir ici une fois le temps comme dans ma chambre avant ? Réponse : non) et je suis parti. Je lui ai payé une bière et encore une fois on a bien causé et on s'est bien marré. Et puis on a envoyé un mail aux Etats-Unis pour avoir des nouvelles, parce mardi je m'en vais à Cali jusqu'au Samedi. Après en mangeant dans la résidence, on fais connaissance avec deux Allemands nouvellement arrivés, et on leur dit qu'il faudra passer à l'occasion. Vu qu'ils viennent d'arriver, je crois qu'il y a pas photo, les Allemands apprennent mieux les langues que les Français. Après manger les autres m'expliquent qu'ils en ont parlé, et qu'ils ont aucune raison de refuser que Togtoh vienne. Et le soir un pote à Elisa nous emmène dans un bar sympa, tout sombre genre taverne de flibustiers, avec de la musique sympa (mais pas typique), éclairés par des lampes à pétrole, avec des menus en forme de papillon (ça fait pas très flibustiers ça...) et puis des jeux. C'était bien sympa, mais la musique était un peu forte donc j'ai pas pu parler beaucoup beaucoup.

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Voilà Elisa, Mariela, Aldo, et Boris un Colombien.

Ce matin dimanche, on est sorti petit-déjeuner avec les Allemands et c'était chouette. Après même pas le temps de lire qu'Alejo (du bar) vient me chercher : on va chez lui pour que je partage ma musique française. Et comme il nous invite (avec Togtoh) à manger, on va d'abord faire les courses. Je l'aide à faire la cuisine pour tous les cinq avec sa copine et son frère, ça dure bien longtemps, parce qu'il a voulu nous faire de la bonne bouffe typique de la côte nord colombienne : riz à la noix de coco (c'est super bon et vous pouvez le faire : cuire le riz avec lu lait de coco, obtenu en mixant la moitié de l'eau de cuisson, bouillante, avec les morceaux d'une noix de coco), poulet avec du coca et panela (sucrerie bien dense), et platano, des grosses bananes vertes qu'on coupe puis qu'on écrase pour faire des pitites galettes, et qu'on fait frire dans l'huile. Et puis j'ai préparé du jus de maracuyas ! (ça ressemble à un citron sauf qu'à l'intéreur c'est comme un tas d'yeux de poissons tous gélatineux...) Et ben tout ça c'était vachement bon ! Et pendant ce temps-là on écoutait d'abord musique française, puis musique latino-américaine, il m'a passé quelques classiques rock argentin et colombien. C'était chouette avec lui et sa copine surtout (Togtoh regardait un film !), ça a duré une grosse après-midi.

Voilà voilà... en attendant de vos nouvelles !
Manu.

Posté par manuchiron à 10:29 - .Bon allez j'vous raconte... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2006

Mercredi 9 août

Coucou tout le monde !

J'espère que tout le monde va bien, moi oui... voilà la suite de mon début d'année :

Donc samedi après-midi, comme prévu, j'ai travaillé ! Samedi soir, on est restés dans la chambre d'Aldo : on se rend compte que tous les 4 notre truc c'est pas forcément la « rumbia » ou les soirée ambiance Erasmus. Quoique pour l'instant, nos « rumbia » se sont limitées à des sorties dans des bars ou des boites où la musique était pas forcément top (la même qu'en France...). C'est peut-être pour ça aussi. Enfin bref on a bien causé dans sa chambre, et on a bien rigolé. Ils étaient deux à dire que j'étais un gamin (je suis le plus jeune) et Elisa a dit que j'étais adulte alors moi j'ai dit que peut-être j'étais un petit adulte, alors ça les a fait marrer et Mariela m'a trouvé un surnom : kitipoun (je sais pas comment ça s'écrit), il paraît que c'est un personnage de dessin animé. Ça m'a un peu atteint dans ma virilité mais ça va, je tiens le coup. Et tout pendant ce temps on cherchait des apparts sur internet. On en noté pas mal, mais c'est parce qu'ils voulaient noter aussi tous les apparts avec deux chambres... genre 2 chambres et 60 m², si y a pas mieux ça leur va ! À voir... niveau quartier j'aurais bien aimé me rapprocher de la Candelaria mais je crois que ça va pas être possible. Et puis on risque de payer une super amende pour partir comme ça, on sait pas encore comment ça va s'arranger...

le dimanche je me réveille pas très tôt, à 11h je sors de la douche y a le mongol qui est là, on va appeler en Mongolie mais on n'arrive toujours pas à avoir sa soeur. C'est dimanche, alors y a pas de bouffe là où on habite, du coup on va prendre le petit-déj' dans un café. Enfin petit dèj façon de parler, je me suis retrouvé (souvent je dis ouais ouais ça c'est bien, même si je comprend pas) avec un oeuf brouillé et une espèce d'énorme bouillie dans des feuilles de je sais pas quoi (platanos je crois, des espèces de bananes énormes sauf que c'est du salé), la bouillie c'était de l'oeuf, du poulet et je sais pas quoi. Mais c'était très bon ! Après on va faire des courses, j'achète un peu de bouffe (et même des bananes et des yaourts maman !), une serviette, une agrapheuse... (je suppose que vous voulez pas toute la liste !) C'était marrant de faire les courses tous les 4, et puis ça risque de se répéter si on habite ensemble et s'il faut qu'on achète notre bouffe et tout... L'aprem' je bosse, je chat' avec Jérémie, il me raconte ses fêtes de village, ils ont une tradition dans la continuité des conscrits, sauf que faute d'effectif, ils ont dû élargir à 4 années successives, histoire d'être une quinzaine (et dire qu'après y en a qui disent que j'habite dans le trou du cul du monde...). On avait prévu de regarder un documentaire sur le Che, je croyais qu'il était en espagnol mais il est en français... j'ai regardé c'est tout simple de faire les sous-titres faut juste du temps... je vais essayer de le faire en même temps que je chat' (enfin je sais pas encore si je vais me motiver, faut aussi que je vois si je peux le mettre sur internet, histoire que ça serve à quelque chose). Et du coup on regarde Carnets de voyage, parce que je l'ai en espagnol.

Lundi je me lève pas super tôt, je me mets vaguement à bosser, mais je reçois un mail de pauline... donc on va manger (on a payé cher : 3 €) et après, je mets l'après-midi à lui répondre. Et après j'ai un peu de mal à me mettre à bosser... donc cette journée ne fait que trois lignes, sauf pour Pauline.

Mardi, je me lève pas donc je rate le cours de Société et communication... de toutes façons j'avais toujours pas fini de lire la méga lecture, j'avais même pas trop avancé. Je sais c'est pas sérieux maman mais je suis pas venu ici pour passer mes journées à bosser... et puis c'est le début, et puis j'avais prévu de supprimer cette matière si c'était possible. Et puis quand je dis que je me lève pas, c'est pas vrai, parce qu'à 9h je suis en cours : approches politiques avec le prof super. Quand j'arrive les autres ont quizz, et l'assistante du prof (hallucinante la fille : elle est genre en quatrième année, elle est en multiculturalisme avec moi, et dans ce cours elle assiste le prof : elle corrige à l'arrache nos quizz sur l'épistémologie selon Popper... que bueno !) m'explique que je fais pas le quizz, mais que si je pouvais faire deux ou trois paragraphes sur ce que je voulais, là tout de suite... elle avait pas trop compris ! Heureusement le prof lui a expliqué que je fais le travail à tête reposée chez moi. Ensuite, cours un peu dur à suivre, j'avais pu lire que la moitié des textes. À la fin, ils rendent le seul quizz que j'ai fait, ils m'ont mis 5 (note maximale ; ici, c'est correct à partir de 3,5 d'après ce que j'ai compris) alors que j'avais pas répondu à tout... À 11h avec Elisa on doit retrouver une avocate qui bosse à la fac et qu'elle connaît, pour voir quels sont nos droits en ce qui concerne le contrat qu'on a signé pour le logement.mais elle est pas encore là, alors on va inscrire Elisa dans une matière de théologie... je vois un Français ! Un jésuite, la cinquantaine, nouvellement arrivé et à qui on faisait visiter la fac. Comme je suis timide, j'ai pas osé le déranger... (bon et puis j'avais rien à lui dire à ce jésuite aussi !) Ensuite on va dans ma fac pour parler à la directrive (pour m'enlever des matières), mais elle est toujours pas là. On retourne voir l'avocate, on l'attend encore un peu avec une autre employé qu'Elisa connaît (y a l'air d'avoir une super ambiance en communication !), elles parlent de la beauté des mecs dans les différentes régions de Colombie (et apparemment, elles seraient pas gâtées) et comme je suis un peu exclu, elle se met à me conseiller les filles de Medellin et de Cali. Après l'avocate nous explique que y pas moyen pour le contrat, va falloir négocier... quoique le contrat, même signé, n'a pas encore été approuvé par un notaire, donc peut-être qu'on va pouvoir faire valoir que le premier mois était un mois d'essai (mais bon on a signé quand même, comme quoi on voulait bien...). On se donne rendez-vous le lendemain. On croise plein de gens qu'Elisa connaît, ils sont marrants, ils disent à Elisa qu'eux non plus ils vont pas au cours du samedi (ils ont un espèce de cours qui consiste à organiser, d'ici septembre, une rencontre de toutes les facs de communication d'Amérique latine, et même un peu d'Europe, qui fait notamment qu'ils vont aller passer une semaine à Cali, payée par la fac, parce qu'il y a une antennt de la fac là-bas...), donc on va prévenir le prof, il est super jeune et super cool, t'as l'impression d'être avec un étudiant ! D'ailleurs y en a d'autres étudiants, et tout le monde veut savoir ce que je fais là...y en a même un qui parle un peu français ! Au bout d'un moment le prof m'explique qu'il y a carrément moyen que j'aille à Cali avec eux, payé par la fac et tout, même sans venir aux cours... ils me passent un espèce de badge... à la fin quand même il m'explique le thème de la rencontre interfac (citoyenneté de l'incertitude... wooouuf !). Et puis on va manger avec ce prof dans un endroit sympa, je mange des raviolis avec viande et champignons, c'était vachement bon (et moins de 2 € !) et puis après il nous montre où il habite, tout près de chez nous, et nous dit qu'en cas de problème et pour n'importe quoi... après avec Elisa on va voir la responsable des étudiants étrangers pour savoir si elle peut pas gérer pour que deux allemands qui vont bientôt arriver nous remplacent là où on habite (ça nous éviterait l'amende), mais pas moyen. Je révise un peu un texte du chef des jésuites pour le quizz en pensée sociale de l'Eglise à 16h, et je crois que ça s'est bien passé, je me suis pas bloqué sur l'expression et je crois que c'était compréhensible. Elisa est venue avec moi, ce cours l'intéresse. Le cours je dis pas, mais quand même le prof a presque réussi à m'endormir. La semaine prochaine il veut qu'on fasse un débat, peut-être que ce sera plus vivant... le soir je bosse, un peu, puis après manger (enfin après que j'ai mangé, parce que j'étais en retard, on a envoyé un mail avec Togtoh) petite réunion chez Aldo pour l'appart, et puis avec Elisa on reste fumer une clope, et on a vachement bien causé, d'abord de politique et puis de nous. Enfin vachement bien tout est relatif, parce qu'en espagnol...

Ce matin mercredi, je me suis levé à 7h pour pouvoir arriver au DAS pas trop tard (pour payer l'amende et avoir l'équivalent de la carte de séjour) après avoir vu la directrice pour supprimer des matières. Je la vois, et y a moyen pas de problème ! C'est cool... enfin faut que je vois ça à 10h avec quelqu'un d'autre. De toute façon j'ai pas pu retirer d'argent donc ça sert à rien que j'aille au DAS. En attendant, j'appelle le crédit mutuel et je leur explique assez sèchement que c'est pas sérieux leurs conneries alors que je suis en colombie et que j'ai une amende à payer au ministère des affaires étrangères (t'inquiète pas maman c'était pas verrier)... non mais c'est vrai, y a un truc automatique qui a modifié toutes mes autorisations de prélèvements ! J'en profite pour laisser un message à mon papa et à ma maman... et, il est grand temps, je vais faire plastifier des copies de mes carte d'identité, passeport et visa. Maintenat je me promènerai plus du tout avec les originaux. Après je vais supprimer mes matières dans la fac de sciences politique (le mec classieux et tou, ce qui ne l'empêche pas de me demander ce que je pense des colombiennes, comme tous les autres ! Enfin il admet que les françaises sont pas mal aussi) et le dire à la responsable des étudiants étrangers. Du coup, je n'ai plus que 4 matières ! Et j'ai plus cours le mercredi après-midi... j'ai enlevé société et communication (intéressant mais trop de lecture, je le suivrai sans doute au prochain semestre), multiculturalisme et diversité (pareil), et puis politique extérieure des EEUU avait été annulé. Je sais pas comment science-po va le prendre, mais ils m'ont jamais dit de prendre 7 matières, et je vais pas ça par flemme je suis capable d'argumenter. Et puis franchement, ils se prennent trois semaines de vacances (jusqu'à fin août) et y a pas moyen de joindre qui que ce soit. Avant de manger, on envoie un ou deux mails avec Togtoh, et on le prend en photo pour que l'ambassade mongolienne des EEUU puisse lui envoyer un document (ils ont enfin répondu aujourd'hui). Togoth ça avance, il est toujours à la dèche mais il a de plus en plus de papiers. Après manger je bosse un peu mais faut qu'on voit l'avocate à 15h. Elle avait oublié, on la croise mais elle reste pas, on reste avec des camarades à Elisa assez marrants, y en a un ou deux qui parlent un (tout petit) peu français. Puis on va boire un café sur une terrasse extérieure, et alors là j'ai halluciné le nombre de mendiants qui nous ont fait l'aumône. D'abord un gamin, pas plus de 6 ans, bien commerçant le gamin (on lui dit non, il nous dit oh allez si... plusieurs fois), plus un mec maquillé qui vent son sourire, un vagabond un vrai, qui nous explique qu'il sait jouer 18 instruments, et nous fait une petite démonstration de dans, nous explique qu'il est pas connu parce qu'il veut pas, et qu'il est bien plus libre et indépendant que Simon Bolivar. Et puis un mec un tout petit peu présentable, qui nous explique qu'il est ingénieur forestier (document à l'appui), qu'il a perdu femme et enfants et qu'il est dans la merde. Il est le troisième de l'après-midi qui me convainc. Et là, je crois pas en avoir cité la moitié. Malgré ces interruptions, avec Elisa on a pas mal parlé de politique, de pauvreté, du pourquoi et du comment et c'était intéressant. Bien que des fois je me sente un peu con avec mes idées farfelues, et que je sois sans doute un peu trop à fond dedans pour elle. Mais bon, on restait des putain de bourges en train de refaire le monde autour d'un café. Et puis maintenant je vous écris, et je vais me mettre à bosser j'ai un truc à rendre pour demain... et je viens de me rendre compte que je vais pas avoir le temps de lire un livre d'Aristote pour demain. Maintenant que j'ai moins de travail, faut absolument que je me motive et que je fasse tout...

Vos mails m'ont fait bien plaisir, j'essaierai de vous répondre bientôt. Et puis de faire le blog avec les photos aussi. À bientôt !
Manu.

Posté par manuchiron à 22:39 - .Bon allez j'vous raconte... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vendredi 4 août

Coucou tout le monde !

C'est marrant, j'avais dit que je vous écrirais plus souvent et des mails moins longs, mais finalement non, ça a pas marché : ça fait plus d'une semaine et du coup j'ai encore plein de choses à raconter. J'essaierai encore de mettre un peu de détails, parce que ça fait plaisir au moins à ma maman et à moi.

 

Mardi soir j'avais raconté ma vie jusqu'à mardi soir.

 

J'avais promis à Elisa (la mexicaine) de l'accompagner au ministère le mercredi matin pour son visa. Elle savait ce qu'elle faisait, elle se serait vachement fait chier pendant trois heures. Quoique je lui ai pas été d'un énorme secours : j'ai piqué du nez pendant une demi-heure dans le bus (une prouesse quand on connait la conduite colombienne : ici les bus se faufilent entre les voitures), je me suis réveillé un peu pour marcher, et puis dans le salle d'attente je me suis rendormi. Au bout d'une heure je me suis dit quand meme manu t pas cool t sensé faire passer le temps. Alors je suis descendu boire un café et fumer une clope pour me réveillr. Dans l'ascenseur y a un original qui me parle, je comprend rien, mais on persiste et je comprend que c'est un mongol qui arrive pas à se faire comprendre par les autorités colombiennes par ce qu'il parle très mal espagnol (on parle anglais), et qu'il a plus de passeport parce qu'on lui a tout volé. Il est un peu dans la merde quoi. Il est arrivé cette nuit à Bogota et la nuit il se les gèles (bogota est la seule ville en colombie où il fait froid du soir au matin). Je lui passe de l'argent pour qu'il se paye un pull et mon adresse pour qu'on envoie des mails pour l'aider. Je retourne avec elisa et je parle, je suis réveillé maintenant. Je pourrai pas l'attendre jusqu'à la fin, faut que je rentre manger parce qu'après j'ai cours. Je me retrouve pour la première fois loin de chez moi et tout seul, à devoir retrouver mon chemin. Mais c'est super facile a bogota y a que des rues parallèles, qui sont perpendicualires aux avenues. Et tout est numéroté. Donc chaque adresse est une paire de numéros. Au début je trouvais ça tout moche les numéros mais en fait c'est tellement pratique que non.

 

Pendant la digestion, multiculutralisme et diversité. Je prends aucune note, comme tout le monde parce que le prof lit le programme qu'il nous a donné et s'égare dans des exemples plus anecdotiques qu'autre chose, mais intéressants. Je sens que ça va surtout parler des communautés indigènes de colombie, et de la communauté afro, beaucoup moins reconnue que les indigènes. Et aussi de la France parce que le prof adore le modèle français du multiculutralisme (tu parles !) et a étudié à la Sorbonne.

 

Après, société et communication, le cours que j'avais raté la veille. C'est intéressant mais on gratte. Et le prof est un peu bizarre : faut tous qu'on se colle au mur pour qu'on se voit tous (en fait pour qu'il nous voit tous) et du coup on peut pas parler (de toute façon vous me direz, j'ai du mal à chuchoter en espagnol...). À la fin comme d'habitude je comprend pas où est-ce qu'on peut trouver les photocopies, alors mon voisin m'explique en sortant de la classe que ça va bien se passer. Avec une autre colombienne

 

ils m'emmènent boire un café (y a plein de cafets' dans la fac) et on discute. Ils s'appellent William et Lisa, ils se connaissent pas beaucoup non plus, ils s'expliquent qui lui a l'air gnan-gnan et elle délurée. Lisa explique que ce qu'elle aime c'est l'art et que si elle fait sciences politiques c'est parce que c'est le seul moyen de changer les choses : en ce moment avec le conflit colombien, les artistes on pas leur place. Mais elle a l'air très gentille quand même. Tous les deux on attend william devant la bibliothèque, elle m'explique qu'en société et communication il faut faire un résumé du cours chaque semaine, suivi d'une mise en relation avec la lecture. Trop cool ! Puis on va faires les photocopies du livre. Quand je rentre vers 19h, le Mongol est déjà là (j'avais compris qu'on avait dit vendredi) et je me dis ou la la celui-là il est tellement désespéré que ça va potentiellement être chiant de l'aider (je veux dire s'il se pointe tous les jours...). On envoie un mail à je ne sais quelle administration colombienne et on cause un peu. Il a 39 ans (mais il en fait dix de moins). Mais c'est super dur de comprendre son anglais (il le parle mieux que moi mais avec un accent très... mongol). Il me demande s'il peut mettre son duvet là où on mange mais moi je peux pas dire oui... Après Elisa, qui a causé avec lui en attendant, m'explique qu'il est venu de cartagène (côte nord du pays, une quinzaine d'heures en voiture je crois) en stop, qu'il s'est fait prendre par des mafiosos bien armés qui lui ont expliqué qu'ils venaient à bogota pour tuer quelqu'un. Par prudence il a fait style qu'il comprenait rien. J'aurais sans doute fait pareil ! (mais qu'est-ce que je raconte de toute façon je ferai jamais de stop maman). On croyait tous qu'il était parti, mais le gardien de la résidence nous montre que non, il est devant en train de pleurer, et il me dit qu'il y a moyen de dormir pour 15 000 pesos (5 €) dans la « 48 con 13 », donc de coup ça me fait tout bizarre je fais une deuxième BA dans la même journée je l'emmène là-bas.

 

Jeudi, cours à 7h, étique et politique. Il fait froid en l'attendant mais une fois qu'il est là, ça a l'air intéressant. Il nous fait une petite intro (c'est quoi l'étique ?) et il nous dit qu'on va lire platon, aristote (ça me fait plaisir de lire des classiques je me serais jamais motivé tout seul), kant...

après je lis, on a plein de trucs à lire.

l'après-midi approches politiques, je me rappelle plus trop mais c'était forcément bien parce que Andres Casas, le prof, il est trop bien et le cours aussi. En sortant il pleut comme une vache qui pisse (ah je sens le français revivre en moi ! Merci papa !), alors j'attends sous un arbre. Ce n'est pas le moment le plus héroïque de ma vie. Je me motive pour rentrer mais je m'arrête à michemin, c'est l'occasion où jamais d'appeler à la métairie... et de leur raccrocher plusieurs fois au nez avant de me rappeler comment ça marche... et après je travaille. Ou je chat' je sais plus.

 

un peu plus tard, je vais au cours de politique extérieure des etats-unis, on est trois pélosses à attendre (alvaro, celui de cali : je me rappelle son nom maintenant, et karen que je connaissais de vue)... au bout d'une demi-heure, on conclut qu'on était les seuls à pas savoir qu'il n'y avait pas cours.

c'est fou comme les journées de travail sont plus rapides à raconter !

 

Vendredi

 

le matin y a une réunion pour tous les étudiants « intercambio » (qui viennent d'une autre fac). On y va tous les 4, on arrive en retard parce qu'on nous avait donné 9h au lieu de 8h30, et en arrivant faut qu'on se présente... le temps que je comprenne ça y est c'est mon tour ! Merde... j'arrive à sortir un « soy manuel chiron, un estudiante francés, estudio en el instituto de estudios diplomaticos en toulouse ». Des fois on parle mieux quand on n'est pas réveillé (ou qu'on a bu, également, mais là c que j'étais pas réveillé). La majorité des étudiants présents sont des colombiens qui étudient d'habitude dans la fac d'une autre ville. On a une conférence du sous-directeur, qui nous refait toute l'histoire de la fac (avec elisa, présent à l'intégration, on l'avait déjà eue), et après, y a un prof à qui j'avais serré la main à l'intégration quand la directrice avait voulu me présenter à tout le monde, qui a fait une conférence supra intéressante sur le conflit armé en colombie. C'est son domaine, il fait que ça, il te raconte pas n'importe quoi, et il a l'air vraiment neutre. Il t'explique par exemple que les farc (forces armées pour la révolution colombienne, groupes communistes dans la lignée du che, sauf que le che avait un petit espoir de réussir quelque chose) font environ 10 fois moins, en proportion, d'actes contraires à la dignité humaine, que les paramilitaires, forces armées de « bonnes gens » qui en ont marre de voir l'Etat impuissant, et qui se défendent eux memes. Ou que autant si on peut dire qu'il y a des paras qui sont riches (genre mafiosos pourris), on peut pas dire ca des farc : il est catégorique, tout l'argent récolté par les farc est utilisé pour la lutte (les armes surtout) et que rien n'est détourné. Passionnant. À la pause je demande, et j'apprend que je suis le seul français présent. Et meme le seul européen. Mais ca veut pas dire qu'il y en a pas dans la fac, tout le monde n'est pas là. Des colombiens me parlent, alors je discute avec eux avec plaisir... et puis le prof de théorie du conflit armé, qui a fait l'intervention, me donne le mail de maria jimena, une colombienne qui a étudié un an en france et qui voudrais bien me rencontrer ! Après la pause il nous explique tout ce qu'on aura à faire la semaine prochaine comme démarches administratives : pour l'instant on a juste choisi nos matières.

 

Je bosses toute l'après-midi, mais en faisant énormément de pauses... le soir on va au « velvet », recommandé par une colombienne, avec aldo (le chilien), elisa et mariela (mexicaines) et liseth (colombienne). Mais on rentre pas... on sait pas trop pourquoi. Trop moches ? Mal fringués ?! Du coup comme la semaine d'avant, soirée au « bar 13 » (oui ici aussi les noms des bars se rapportent aux noms des rues...), un peu moins fun que la semaine dernière mais bien quand même... j'ai redansé (un tout petit peu)

 

samedi matin, on achètes des fringues avec aldo et mariela, y a besoin. L'aprem je veut bosser mais en fait non, je chatte surtout. C'est qu'il suffit d'être à 9000 km pour que les gens aient des choses importantes et super intéressantes à dire ! Et puis je regarde un documentaire : Echelon : le pouvoir secret. C de la folie y a des ordinateurs super puissants, surtout américains, qui fouillent en permanence dans tous les mails, coups de fils, fax du monde entier. Il peuvent pas tout regarder parce que ce serait trop cher, mais ils ont accès à tout. Par exemple si un de ces ordi tombe sur ce mail il risque fort de le répertorier vu que j'ai écrit « echelon le pouvoir secret ». Il suffit que je rajoute attaque, bombe, silence et ça y est c sur je suis répertorié ! C ti po bo ?! Et puis Togtoh, le Mongol, revient. Y a pas eu de réponses pour lui, donc on écrit à l'ambassade mongolienne aux usa (ah oui g oublié : y a pas d'ambassade mongolienne en colombie), et à un des ses amis pour qu'il lui envoie de l'argent sur mon compte. Je lui apprend à regarder ses mails, il a reçu un mail d'une amie chinoise rencontrée en équateur (en fait il a vécu 6 ans aux etats-unis, il est reparti en mongolie, après il a fait la russie, cuba, l'équateur, le pérou, encore l'équateur, puis la colombie), et il est bien intéressant elle raconte plein de choses sur la mongolie, je le mettrai sur mon blog (il a pas de secrets togtoh ! Je me rends de plus en plus compte qu'il est vraiment différent, je sais pas si tous les mongoliens sont comme ça, à mon avis il est original meme pour les mongols... par exemple dieu lui a demandé il y a quelques années de mieux se connaître, c'est pour ça qu'il voyage, et puis moi je suis un ange !). puis il s'en va, et nous on mange, et on se dit qu'on va bosser mais en fait aldo propose un café alors on va boire un café. Et puis comme y a pas encore de café dans le nouveau bar près de chez nous on achète une bouteille d'arguadiente (liqueur locale anisée mais meilleure que le pastis). Et ben c vachement bien l'agguardiente ! On a vachement rigolé, et après on a beaucoup parlé de la croyance encore une fois (deux athés contre deux croyantes, mais moi je parlais quasiment pas... enfin g quand meme reussi a suivre toute la conversation !).

 

Dimanche on veut aller au Monserrate, le château qui surplombe bogota, mais à 9h quand on frappe a ma porte, il est trop tard, les autres partent et moi je me réveille. Donc je bosse... (et fais des pauses) l'après-midi ils m'expliquent qu'en fait c'était fermé, et qu'au musée national, qu'on voulait visiter aussi parce qu'il paraît qu'il y a une super exposition temporaire sur la chine, il y avait une queue tellement énorme qu'il aurait fallu attendre des heures. Donc g bien fait de dormir ! Le reste de la journée je lis et fais des pauses.

 

Lundi matin anthropologie culturelle, moyennement intéressant, c'est le matin et le prof est gentil mais pas non plus captivant, et puis on en est toujours à la définition de l'anthropologie. Après à 11h faut que je m'inscrive, Diana, une fille que j'avais connu à l'intégration me prend en charge, elle n'a rien à faire jusqu'à 14h. Donc on fait le queue, on cause, elle parle à la dame et je comprend pas tout, je la suis dans un autre bureau, ensuite encore dans le premier et c'est bon, première étape accomplie. On va manger avec un ami à elle dans un resto très sympa (enfin resto rapide mais t'as un plateau avec tout un repas, et c'est vachement bon) : ça me coûte moins de 2 €. je retourne bosser chez moi (vous avez vu je bosse vachement hein ?) mais finalement je chat' avec anne-laure... Et puis faut que je retourne à la fac pour faire une photo pour qu'ils fassent ma carte étudiant, y a une longue file mais c pas chiant, parce que je suis avec Elise, et on retrouve Mariela l'autre mexicaine, Alvaro le colombien de Cali, et on cause avec d'autres colombiens. Moi je cause surtout avec un gars passionné de concours de jeux video, gentil quand meme, et puis j'etais content j'ai réussi à pas mal parler. Après je rebosse... enfin je chat' aussi, et puis je suis un peu cerné, elisa veut de la musique sur son ipod, mariela aussi, je leur fais une petite sélection de musique française... je revois le mongol aussi, mais je peux plus dire ce quon a fait exactement, on se voit quasiment tous les jours, soit pour des mails, mais a chaque fois c'est vite réglé et comme il est pas pressé et que moi je trouve ça super intéressant (et marrant) ce qu'il raconte, et ben on cause. Personne n'a répondu à nos mails, il m'explique que son frère est le chef de je ne sais quel parti lié je ne sais de quelle façon au communisme, et qu'éventuellement ça peut être lié... je crois que son frère est pas apprécié et qu'il est plutot du genre à avoir fait plein de trucs pendant l'ère soviétique, parce que maintenant il vit en australie. Le soir j'arrive pas à dormir donc je lis jusque tard (ah bah oui je vous ai pas dit ! J'ai acheté harry potter en espagnol ! Je l'ai déjà lu mais c'est pas grave !). J'arrive pas à dormir parce que g un putain de truc à la gorge (genre tu fais que de tousser mais ça sert à rien), ça m'énerve tellement que je prend un upfen et un truc anti vomissement juste parce que ça fond dans la bouche... ça a pas marché.

 

Mardi matin (à 7h...), société et communication : le prof qui veut qu'on se mette tous en rond et qui fait son speech, ne fait pas que ça : chaque mardi, il demandera à quelques personnes de lire leur compte rendu des deux derniers cours et de la lecture. À la fin je lui explique mon cas (pas eu le temps de lire meme la moitié des 80 pages, et donc pas de compte-rendu non plus), il me dit gentillement que le fait que je ne parle pas encore espagnol sera pris en compte, mais ne s'attarde pas.

 

À 9h, approches politiques, y a un quizz sur la lecture (j'avais assez bien compris). Mais en fait le quizz c'est pas des cases à cocher betement, tas trois minutes pour faire deux phrases qui répondent à deux questions super abstraites en relation avec la lecture. Le genre de truc ou chaque mot est important, alors que g pas de volcabulaire et pas de grammaire. Donc g raté !

 

De 11h à 16h, je me dépeche pour lire le discours du chef de la compagnie de jésus (les jésuites, ce sont eux qui ont créé la fac et qui la gèrent encore aujourd'hui) prononcé lors de l'ouverture de la fac de théologie à l'intérieur de la fac. J'ai bien le temps de lire, de me renseigner sur internet sur ce que je connais mal et tout... mais je quizz n'aura pas lieu (en pensée sociale de l'église) parce qu'il y a des nouveaux ! De toutes façons en fait ce sera comme en approches politiques, sera sera pas du par coeur mais de l'analyse sur le tas. Mais le cours est intéressant. Plus tard avec Elisa on ira chercher la « calidad », un centre de photocopie que le prof m'a mal indiqué sur le mail, et on trouve pas (mais on était pas loin en fait). Moi ça m'arrange, j'ai tout fait pour pouvoir lire le texte et finalement je pouvais pas... on a aussi acheté du sirop pour la « tousse » ;-), et puis j'ai eu une conversation avec pauline et nico c'était super marrant parce nico racontait n'importe quoi ! (bon ok j'exagère nico il y avait beaucoup de talent dans tes vannes). Pauline ça a l'air de bien se passer, nico aussi, il me fait fait envie en me racontant son festival... Nico vient en décembre, Pauline peut aussi, la soeur d'Elisa aussi, peut-être Aldo et Mariela, et d'autres ? Je sais pas trop si je pouvais voir cartagene, medellin, ou la bolivie, ou les deux... Après j'ai commencé à lire un article de l'economist (en anglais) pour « approches politiques ». c'est passionnant ! C'est pleins de chercheurs qui essaient de comprendre pourquoi l'homme a-t-il pu à ce point devenir supérieur aux autres animaux, pourquoi on parle, etc. par exemple on voit mieux les couleurs parce que les fruits changent de couleur quand ils sont à maturité, et puis comme les arbres fruitiers peuvent nourrir pleins de monde mais qu'il en faut pleins de différents pour pouvoir manger toute l'année, et bien ça développe notre mémoire pour se rappeler où ils sont, et puis ca nous oblige a vivre en groupe pour défendre le territoire. Et quand on est en groupe, on apprend à parler pour pouvoir dominer l'autre (la force c'est plus possible, sinon y a plus de groupe). Au cas où si y a que moi que ça intéresse, je m'arrête là...

 

mercredi matin je me rendors et je me lève qu'à dix heures, ca fait chier... je vois que j'ai reçu un super long mail de fabrice mais faut trop pas que je le lise maintenant... je me retiens. je me mets le plus vite possible à lire un des dialogues de Platon, bien intéressant ma foi. Je le finis avant les cours que j'ai de 14h à 16h : Multiculturalisme, le prof est toujours aussi fan de la France, je dois souvent acquiescer même quand je comprend pas exactement... mais le cours a toujours pas commencé, le prof s'égare un peu dans tous les sens. Cela ne l'empêche pas d'être intéressant... En société et communication, je revois Lisa que j'avais rencontré le mercredi d'avant, après le cours elle veut prendre des photos ou je sais pas quoi (je vous l'ai dit c'est une artiste), mais je peux pas l'accompagner, j'ai donné rendez-vous à Togtoh à 17h. Mais il arrive pas, donc en attendant, je me mets à répondre aux questions qu'on a sur le texte de Platon. 3H plus tard on descend manger, et Togtoh est là : en fait ça faisait 3 heures qu'il attendait, mais ils lui ont dit que j'étais pas là, ils ont dû se tromper avec les consignes d'Elisa (elle veut pas trop revoir togtoh, il est adorable mais il lui fait un peu trop d'avances, le choc des cultures...). Donc je mange pas tout de suite, on cause pas mal, je sais plus exactement de quoi mais c'était bien intéressant. Il devait passer un coup de fil à sa soeur pour avoir le numéro de son frère en australie, mais c'est trop tard. On remet ça à lundi 9 heures (pour pas réveiller les mongols...). Au bout d'une demi heure faut quand meme que j'admette que je suis grave à la bourre, et il s'en va. Je mange vite fait et Elisa vient corriger ma langue pour les réponses que j'ai déjà rédigé (j'ai fait moins de fautes que je pensais c'est cool, mais je peux pas savoir ce que vaut mon style, elle aurait peut-etre aussi pu choisir de refaire toutes mes phrases...). Le reste ne sera pas corrigé. Je finis tard...

 

jeudi, 7 heures, étique et politique, en fait il récupère pas le travail qu'on a fait. On parle du texte, il explique bien, c'est intéressant. L'après-midi j'ai un quizz en approches politiques et j'ai pas encore fini ce texte en anglais, mais faut que je fasse des trucs pour mon inscription. Ah non, en fait faut d'abord que je saches si je peux annuler des cours. Mais la directrice n'est pas là. Même sans manger, j'aurai pas le temps de finir le texte, et j'arrive en retard au quizz parce que je me suis planté dans l'ascenseur (c super compliqué ! Et puis vous moquez pas déjà je les ai trouvés !). le cours c'est un intervenant qui est censé nous parler de l'évolution du cerveau, mais finalement il parle juste de l'opposition entre la théorie de l'évolution (les bactéries sont nos ancêtres) et la théorie du destin (beaucoup de petits américains apprennent à l'école que dieu nous a créés ils y a moins de 5000 ans). À la fin je parle avec Andres Casas le prof et super nouvelle : je ferai pas de quizz, il veut bien que je choisisse un sujet en rapport avec la lecture et que je disserte dessus ! En sortant par hasard je croise quelques personnes que j'ai connues à l'intégration, mais il faut que j'aille faire une prise de sang : il faut que j'aille au DAS comme tous les étrangers en début de séjour, et il faut des photos sur fond bleu, 40 €, et une attestation de groupe sanguin. À l'hopital (qui est dans la fac), c'est une étudiante qui me fait la prise de sang... pas très rassurant, d'autant plus que Mariela (une des deux mexicaines) a eu mal et que ça s'infecte... mais ça s'est bien passé. Après, je lis le mail de Fabrice, bien interessant ma foi... à 16h j'ai cours de politique extérieure des états-unis, mais encore une fois personne ne vient, donc je retourne voir si la directrice est disponible. Toujours pas, mais on m'explique que la matière a été annulée et qu'il faut en choisir une autre. Je suis un peu dégouté elle aurait été trop bien cette matière ! Je choisis rien du tout, j'attends de pouvoir parler avec la directrice. Je cause avec un suisse ! Le deuxième européen que je rencontre en colombie... il parle allemand, et espagnol. Il a rejoint sa copine colombienne il y a quelques mois, et il vient voir si y a pas moyen qu'il étudie dans ma fac à partir de janvier. Je l'accompagne au bureau de la responsable des étudiants étrangers, vu qu'il connait pas. Je lui passe mon mail, comme ça il pourra m'écrire si il veut. Je rentre mais j'ai la flemme de bosser, et puis de toute façon y a successivement jérémie (de sciences-po) puis pauline qui ont chacun de bons arguments pour me tenir le crachoir sur msn. Jérémie surtout... il revenait de soirée il était tout gai ! Et puis Pauline ben moins gaie, elle aurait mieux fait de fumer un pet ou deux ça l'aurait décontractée... (oh maman si on peut plus rigoler). Et je dois la laisser comme ça, parce que j'ai rendez-vous avec une colombienne, celle que le prof du conflit armé m'a donné son mail, celle qui a étudié en France... on s'est donné rendez-vous dans un bar, un peu l'industrie ce bar mais bon je suis pas venu pour l'endroit. Dans les mails elle avait l'air super rigolote (genre : bon ben pour se retrouver, j'aurai une rose rouge dans la main !), mais je trouve une demoiselle plutot timide. Bon c'est vrai qu'on se connaît pas donc normal, conversation « polie » au début. Elle a étudié à sciences-po toulouse, y a deux ans ! Certains des cours qu'elle a suivis étaient de première année, donc on était dans le même amphi ! Truc de fou non ? On est tombé d'accord sur le fait que ce n'était qu'à moitié étonnant qu'on ne se soit pas vu, étant donné le célèbre esprit d'accueil et d'ouverture des français. On fait connaissance petit à petit, je lui dit ce que j'étudie à la javeriana... elle fait sciences politiques aussi, mais cette année elle est surtout en stage, dans une dépendance de la présidence qui travaille sur les inégalités de sexe. Elle veut faire sa thèse la-dessus. Elle connaît Andres Casas, le meilleur prof que j'ai (le tout jeune, tout dynamique et passionant, en approches politiques), et ira chez lui faire la fete le lendemain. Et elle connaît aussi un peu Javier (l'espagnol que j'ai connu à l'intégration) : sa copine la soeur d'une amie à elle (ou un truc comme ça). Après son copain nous rejoint, il est super sympa, on cause bien tous les trois. Il y a des moments ou j'arrive mieux à parler que d'autres, et là j'y arrivais bien. Il est avocat, il bosse dans l'équivalent colombien du conseil d'etat. On se reverra sans doute dans les prochaines semaines. Quand je rentre chez moi vers 21h30, les autres (Aldo, Mariela et Elisa) sont partis me chercher à pied... voilà qui me met mal à l'aise... et je ne peux pas savoir s'ils étaient vraiment inquiets ou c'était histoire de se ballader... c'était plutot histoire de se ballader, ils étaient pas énervés du tout. Comme d'habitude après manger, on reste causer dans la salle commune (ce moment correspond à un mot précis en espagnol mais je me rappelle plus). Mais ils m'entrainent dans ma chambre après, parce qu'ils veulent causer en toute discrétion : ils m'expliquent qu'ils veulent qu'on prennent un appart tous les 4 ! y aurait plein d'avantages : on mangerait ce qu'on veut, autant qu'on veut, on rentrerait à l'heure qu'on veut, et surtout : on paierait beaucoup beaucoup moins cher. On se rendait pas compte parce qu'on était tous étrangers, mais des colombiens ont parlé à Elisa : ont paye 340 euros, et y a largement moyen de payer 2 fois moins cher, même en rajoutant la bouffe l'électricité, internet, qui sont compris dans notre loyer actuel. Il peut aussi y avoir des inconvénients, notamment la distance, à voir. Mais de toutes façons ça me tente bien. Le hic, c'est qu'on a signé un contrat avec la résidence... d'après la javeriana, on avait un mois d'essai si on voulait, mais bon on a signé maintenant... Elisa va voir tout ça avec une avocate qu'elle connaît. Quand meme ce serait super cool qu'on ait un appartement tous les 4 (Aldo le chilien, elisa et marielle les mexicaines) ! Après je voulais vous écrire mais finalement, j'ai regardé l'armée des 12 singes sur un conseil d'anne-laure.

 

Vendredi, je dois aller au DAS, mais je peux pas y aller à 8h avec les mexicaines parce que faut d'abord que je fasse les photos et aller à la banque. Aldo m'accompagne à 9 heures à la banque pour payer 40 € pour le DAS. La fille devant nous a le même petit papier bleu, elle en conclut qu'on va au DAS nous aussi. Elle est italienne, et un peintre lui a payé le voyage pour qu'elle vienne l'aider à traduire et tout ça ! On décide qu'on va au DAS ensemble, mais j'ai pas encore pris les photos, alors elle m'accompagne. Aldo retourne travailler. Elle habite dans la Candelaria, un vieux quartier pittoresque, celui des étrangers et des artistes (pour les toulousais : ça ressemblerait à l'Arnaud Bernard bogotain !) Ça a lair super vivant, et pas cher. On peut manger pour moins d'1€, contre environ 2€ là où j'habite. Mais sa maison et vieille et crasseuse, et son colloc y est pour quelque chose. Elle ne mange plus chez elle, la cuisine est trop sale... je lui dis qu'on la préviendra si jamais on trouve un appart dans ce coin là (moi ça me plairait vachement, mais c'est pas ce qu'on avait prévu jusque là...). Elle a étudié en France à Paris, elle a fait le tour du Mexique, de Los Angeles au Guatemala (13000 km de bus). À l'origine elle est venue vivre en colombie avec son copain français, mais ça fait des mois que c'est fini maintenant. Elle travaille pour ce peintre, mais aussi pour l'équivalent italien de l'alliance française, comme prof d'italien, et à la fac des Andes, une autre fac de bogota, à partir de mardi (lundi c'est férié !). Donc il lui faut absolument qu'au DAS ça s'arrange aujourd'hui. (nb : tous les étrangers doivent se présenter au DAS dans les 15 jours qui suivent leur arrivée ou l'obtention du visa). D'ailleurs elle s'était déjà bien galérée pour avoir son visa de travailleur : vous savez pas ce qu'ils lui ont dit au ministère ? Et ben, pour avoir votre visa travailleur, madame, faut aller dans un consulat colombien, et donc, il faut sortir du pays ! Elle a été obligé d'aller au Vénzuela rien que pour ce visa... et elle y est restée une semaine parce qu'ils avaient plus important que son visa : savoir de quel côté de la frontière étaient mortes une dizaine de personnes. On arrive au DAS à 11h30, et y a plein de monde... elise et marielle sont là depuis 9h... au bout d'un quart d'heure, on nous donne un formulaire, au bout d'un quart d'heure, on arrive à la rendre rempli, et puis il faut attendre. Camilla, l'italienne s'en va : avant 15 heures, il faut qu'elle réussisse à obtenir de sa fac le contrat de travail qui est toujours pas fait, et qu'elle ouvre un compte dans une banque. Au bout de trois quarts d'heure on m'appelle pour faire une autre photo, et plein d'enregistrements de mes empreintes digitales : tu pose tes doigts sur une plaque en verre et ça s'affiche, c'est impressionnant la technologie ! Pendant l'attente je psychote, depuis la veille j'ai conscience que je suis en retard (les 15 jours sont passés), et une dame a dit que l'amende variait de la moitié d'un salaire minimum, à 5 salaires minimum. Deux heures plus tard, je revois un péruvien de Lima qui s'étonne que je ne sois pas sorti déjeuner : ah bon tu savais pas qu'il fallait deux bonnes heures ?!  Enfin on m'appelle, faut que j'aille dans un batiment à côté. J'y vais mais le garde me dit qu'on peut pas emmener son sac là-bas. Avec son beau sourire d'abruti (je n'exagère pas), je vois tout à fait possible qu'ils soient quelques-uns corrompus à vider les sacs des touristes. Donc j'essaie quand même je fais mon rebelle, mais il avait raison il veut pas le monsieur de l'autre batiment... donc je vide mon sac et m'emmene là où il m'a dit, dans un centre de photocopies. Dans le batiment, je suis perdu en sortant de l'ascenseur, alors celle qui est restée dans l'ascenseur me dit : « las multas, a derecha ! » (les amendes, à droite). Ah bah je comprends tout de suite le sourire niais des deux abrutis militaires. Donc je suis la pour l'amende... 60 € d'amendes, c'est le minimum (un demi SMIC colombien), parce que 7 jours de retard c'est pas beaucoup. Enfin je paierai que le mercredi suivant, pour l'instant je dois juste faire une belle déclaration. Quand je repars à 14h30, sans ma « celula de extranjeria » (genre carte de séjour), mais avec une amende de 60 €, l'italienne n'est toujours pas revenue... je mange, et je commence à ècrire. À 19h les filles vont à un cours de danse à la fac, aldo y aurait bien été aussi (il danse bien aldo) mais il a du boulot avec un copain. Moi je reste ici vous écrire, parce que bon j'aimerais bien savoir danser mais de là à avoir le courage d'apprendre... on verra plus tard ! De toutes façons elles n'ont même pas dansé, il faut d'abord remplir un méga formulaire et qu'ils soient sûr qu'on est en bonne santé et qu'on peut danser sans risque et tout, et ça prend une semaine... elles reviennent avec une péruvienne, jimena, qui a l'air super gentille, c'est une copine à Mariela. Je mange vite fait et les laisse pour continuer à écrire. Après on va dans le bar où avait pris de l'aguardiente samedi, mais on prend des bières et, moyennent partage avec les proprios, la bouteille de tequila qu'a amené Mariela du mexique. Et ben elle brule vachement moins que ce qu'on trouve en France, et elle a beaucoup plus de goût ! On a beaucoup parlé encore une fois, Didier m'avait dit que refaire le monde autour d'un v... d'un café n'était pas la spécialité des colombiens, et ben pas grave, les étrangers si. J'arrive à faire de plus en plus d'humour en espagnol ! On a bien rigolé. La première fois que j'ai bu, il y a deux semaines, j'avais dit que que dalle j'étais pas bourré j'étais « cansado » (fatigué) et depuis ca les a marqué ils font que de se moquer de moi. On était tous bien émechés. On se voyait déjà à six dans notre appart (deux mexicaines, un chilien, une péruvienne, une italienne et moi), mais le plus problable, si jamais on prend un appart, c'est qu'on soit cinq avec la péruvienne.

 

Voilà ! Ce matin, je me suis fait réveiller par Elisa à 9h (réveil difficile...) parce que Togtoh le mongol était en bas à m'attendre... donc une petite douche, et on va appeler sa soeur en mongolie. Mais elle était pas là, on reessaiera plus tard, mercredi sans doute. Et là on est samedi, 12h30, et je crois que j'ai fini ! Je vais me mette à travailler, hier avec le DAS j'ai pas pu, et j'ai plein de trucs à lire. J'attends de vos nouvelles à tous...

 

Bisoux !

 

Manu.

 

Posté par manuchiron à 22:38 - .Bon allez j'vous raconte... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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