Manu à Bogota

Pour ma troisième année d'IEP, je découvre la Colombie...

16 août 2006

Du riz et du poulet colombien

Avant de quitter la résidence je voulais prendre une photo de ce qu'on mange à la résidence... Au début je me plaignais pas, vu que c'est largement aussi bon qu'au RU, mais c'est quand même un peu répétitif de manger tous les midis sans exceptions du riz, et comme viande soit du poulet soit du boeuf (mais ils savent pas le préparer comme nous alors... ;-)). Et puis vu le prix qu'on paye, on pourrait espérer un autre standing... Quoi je fais mon bourge non je fais pas mon bourge ! Je dis pas que je veux du caviar, juste que ça pourrait être plus varié et plus typique. En tout cas la bouffe c'est une des raisons de notre départ (surtout les filles, enfin je dis ça je dis rien...). Le midi où j'ai pris la photo, exceptionnellement, ce n'était pas de la soupe (la soupe c'est varié pis c'est pas mal, y a plein de trucs dedans), mais une bolée de lentilles... et pas de chance non plus, ce jour-là ils ont mis du chou-fleur dans la salade... En fait c'était comme une petite révolution ce jour-là, parce que pour la première fois aussi, on a eu... de la viande hachée. En définitive y a pas grand chose de typique, mais c'est bon : les trucs jaunes dans l'assiette (me demandez aps ce que c'est) et les jus de fruit.


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Quel impressions de début d'année (25 juillet)

Les colombiens sont très accueillant, beaucoup me proposent leur aide très sincèrement et pour quoi que ce soit, mais tout ça c'était pendant l'intégration et les festivités. Je n'ai aucun numéro et de toute façon communiquer en espagnol par téléphone pour l'instant c'est pas envisageable. Et l'avantage d'être étudiant international est aussi un inconvénient : je ne fais plus que croiser (et rarement) ceux avec qui j'ai fait l'intégration : il sont en premier semestre de sciences politique, je suis dans tous les semestres de 4 facs différentes. Donc à voir la suite.
Je passe beaucoup de temps avec ceux avec qui je vis, enfin pas tous, on doit être une vingtaine, mais avec les deux autres étrangers (mexiciane et chilien) on est quasiment tout le temps ensemble (plus une deuxieme mexicaine qui est arrivée hier, et qui va avoir un cours avec moi, et qui est très intéressante surtout quand elle parle de la politique mexicaine), et puis aussi deux colombiennes assez marrantes. C'est avec eux surtout que je sors. A priori ce week end, c'est ensemble qu'on fait la fête.

 

J'ai affaire à la frange aisée de la population colombienne. Ça veut dire aussi occidentalisée. L'Europe est un idéal (les Etats-Unis moyen...), beaucoup ne comprennent pas pourquoi je viens mettre les pieds en Colombie... alors que, ça reste à voir mais, par exemple, c'est limite si la fac où je suis (qui est sans doute la meilleure de colombie) n'est pas meilleure que Sciences-Po Toulouse. Comme en France, y en a qui font politique pour travailler dans une ambassade et d'autres qui sembent atteints par cette « pathologie » (selon le prof de ce matin) qui est de vouloir résoudre des problèmes insolubles. Tous ceux à qui j'ai demandé me déconseillent d'aller porter la lettre de Didier et Gaelle dans le sud de Bogota. Je ne leur ai pas demandé pour ne pas être désobligeant, mais ils n'y ont sans doute jamais mis les pieds (de la même façon qu'on a jamais rien à faire à Belbeille, ou que je n'aurais jamais mis les pieds au Mirail à Toulouse si ce n'avait pas été militant). Je verrai plus tard ce que je peux faire pour connaître le sud ou en tout cas mieux voir la pauvreté sans me mettre en danger (venir en Colombie pour se contenter d'un entourage aisé, occidentalisé, étudiant dans une fac supra classieuse, n'est pas très exotique).
On voit quand même la pauvreté là où je suis. Beaucoup de mendiants, et énormément de gens qui travaillent dans la rue (un tier de la population active colombienne, je crois). Tous les matin au même coin de rue, une femme propose du jus de je ne sais quel fruit. À quelques mètres, un femme étale quelques bijoux sur un parapluie en velours... dans le parc de la 93 (les rues sont des numéros), des hommes font des bulles et on peut leur donner une pièce ou leur acheter de quoi en faire. Dans le bus, un jeune homme maquillé en clown veut des pièces contre son sourire. Dans la rue, il n'y a quasiment que des taxis et des bus (en tout cas dans le nord), mais on voit aussi parfois des espèces de charriotes tirées à bras d'homme qui transportent ce qui s'apparente pour un européen à des déchets. Des gens font leur réserves de journaux le matin et les vendent un peu plus cher dans la rue, aux feux rouges. Les enfants ne sembent pas exploités, mais, s'ils sont là, autant qu'ils fassent l'aumone avec leur mère.
Je croyais voir un pays avec des problèmes politiques liés à l'inégalité plus brulants qu'en France, apparemment non. Ils y sont habitués comme on est habitués à voir des abrutis brûler des voitures pour le fun.
Niveau sécurité, j'entends dire et je suis donc prudent. Mais je n'ai pas vu le moindre truc suspect dans la rue, et il ne m'est rien arrivé. C'est surement moins sur qu'en France, et je n'ai pas envie de tester moi même. En fait je n'entends aucun fait divers, j'entends seulement des colombiens aisés dire que la rue n'est pas sûre du tout. À la fac, on a eu toute une intervention du responsable de la sécurité. Dans la fac, 100 gardes avec chiens, 100 gardes sans chien. Entrée sur présentation d'un document. Mais à l'extérieur, il paraît que c'est la jungle : ne jamais être seul dans la rue, se méfier des gens qui vous parlent, ne pas accepter les prosectus (il y a du poison dessus), alors qu'il y a des gamines miséreuses qui sont payées pour les distribuer. Ces conseils sont adressés aux colombiens, pas seulement aux étrangers. Vous vous en doutez, une telle exagération n'a pour seul effet que de mettre en confiance, en tout cas ce n'est pas possible de respecter leurs conseils (je vais pas me faire accompagner pour aller en cours quand même, c'est à 5 minutes !) aussi je veille à toujours réfléchir avant d'agir. Par exemple je ne me permettrai pas d'aller jusqu'à la fac la nuit (pour un livre par exemple) (la nuit commence à 18h), alors que je sais très bien que presque tout le chemin est à la vue d'un garde payé par l'Etat (qui doit vraiment se faire chier). En fait maman, le pire truc qui pourrait m'arriver, c'est un vol avec violence. Et ça ne m'inquiète pas tellement, parce que à moins qu'il y ait violence importante et gratuite, j'aurais du mal à en vouloir à mes voleurs. Je les comprends mieux que ce clown dans le bus. Et de toute façon, je n'ai jamais rien à faire seul la nuit. Le soir, c'est la vie sociale, c'est donc forcément à plusieurs. Et même en admettant que je n'ai peur de rien, je ne peux pas prendre de risque parce que tous les gens que je connais ne seraient pas d'accord.
Niveau bouffe, c'est bien. C'est pas totalement différent non plus... j'aime tout ! Il y a beaucoup de riz et de poulet. Il y a de la restauration rapide avec des hamburgers, de la pizza, mais il y a aussi des trucs différents (arrepa : espèce de galette avec ce que tu veux dessus, fromage par exemple, enfin façon de parler, c'est pas du paysan breton !) L'autre fois on a fait une creperie, mais ici une creperie c'est un resto chic. Quelques plats sont en français sur les cartes, mais ça ne correspond pas à la réalité. Presque toujours, je mange à la résidence (la bouffe est comprise dans le loyer). C'est un tout petit peu répétitif, mais moins que quand moi je cuisine, donc je ne ma plains pas ! Toujours une soupe, jamais la même, et ce ne sont pas les mêmes soupes qu'en france : il peut y avoir des pâtes dedans, ou haricots rouges, ça peut être une soupe de mais (avec des micro bouts de maïs), la plus répandue est la soupe de poulet (je sais pas comment ça se prépare...), et en fait tu peux mette tout ce que tu veux dans la soupe, ça dépend souvent du plat de résistance, qui lui, est plus répétitif : toujours du riz ou presque, mais préparé différement, avec de la viande (souvent poulet, ou boulettes de viande). Souvent, il y a des tranches de bananes (coupées en longueur) passées à la poelle ! Et c'est super bon ça. Il y a souvent une entrée, mais ça ne les dérange pas de la mettre avec le plat de résistance dans l'assiette. Les entrées ont toujours été bonnes, sauf aujourd'hui : chou-fleur/salade, tiédi par le plat de résistance... En fait le mieux, c'est les jus de fruit : un verre le matin, un verre le midi, un verre le soir. Ce sont des fruits pressés avec de l'eau. Orange, mure, mangue, et d'autres fruits que je ne connais pas (lulo, et d'autres mots trops compliqués pour que je les retienne sans savoir ce que c'est)
météo : toujours la même : en général il pleut pas, mais à tout moment il peut y avoir quelques gouttes. Depuis que je suis là il n'a jamais plu beaucoup (jamais assez pour me mouiller !), mais il a plus souvent. Le matin et le soir il fait un peu froid. Samedi matin, je vais acheter des fringues avec Aldo le chilien et Mariella la deuxieme mexicaine (surtout parce que j'en ai pas assez, mais je vais aussi acheter quelques T-shirts à manches longues...). Et puis la veste à Nico est super !
Voilà !
À plus tout le monde !
Manu.

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